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protection contre son mari, qui lui faisait subir, disait - elle, les traitemens les plus durs; elle déclara qu’il lui était désormais impossible de supporter des outrages et une tyrannie qui redoubleraient probablement de violence dès que l'impératrice serait partie.
11 fallait que ses plaintes eussent été accompagnées de circonstances et de détails bien graves, car le même soir, après cet entretien, Catherine écrivit une lettre sévère au prince de\V urtemberg, en lui ordonnant de quitter son service, de s éloigner de ses États et de partir pour l'Allemagne.
La princesse resta à l’Ermitage, où sa majesté lui fît préparer un appartement Le grand-duc et la grande-duchesse se montrèrent profondément affligés de la méfiance injuste que leur avait montrée, dans une circonstance si importante, la duchesse de Wurtemberg, leur sœur.
Le mois de décembre s’était écoulé; je ne rece-
vais aucune nouvelle. Les Anglais et leurs partisans, qui désiraient que ma négociation échouât, triomphaient; mais enfin, le 6 janvier 1787, uo courrier de M. de Vergennes arrive; je rédige sur-le-champ les articles dont ce ministre proposait le changement ou r addition; le 7 je demande une conférence; le 8 elle a lien.
Je Iis aux plénipotentiaires une note destinée à leur prouver la justice et la modération des propositions nouvelles que j'étais chargé de leur présenter* Leurs objections furent légères et courtes* Ils semblaient avoir reçu l’ordre secret de terminer* Cependant ils insistaient pour obtenir que leurs fers fussent traités plus favorablement que ceux des autres nations, condition sans laquelle, à leur avis, nous devions perdre la forte diminution de droits qu’ils nous avaient accordée sur nos vins et sur nos savons.
M. de Vcrgennes m’avait précédemment autorisé à céder sur ce point important, mais seulement à la dernière extrémité. Or, voyant que les plénipotentiaires se montraient pressés de conclure, je résolus de profiter de ces dispositions; et, au lieu de faire connaître l'autorisation que j’avais reçue, je persistai à refuser toute faveur exclusive pour les fers russes, au détriment des fers des autres nations, ce qui nuirait trop gravement aux fers de la Suède, notre alliée; je pris même sur moi de déclarer que cette difficulté suffirait pour m'empêcher de signer.
- Cétte hardiesse me réussit; les plénipotentiaires, ne voulant pas rompre, se contentèrent de la stipulation qui traitait leurs fers connue ceux de la
nation la plus favorisée. En faveur de cette égalité, ils confirmèrent la diminution des droits sur nos vins et sur nos savons , telle que nous l'avions obtenue.
Ainsi, nous trouvant tous animés du même désir de conclure, après deux heures de conférence, nous nous accordâmes sur tous les points, Le g T on rédigea les actes; enfin le jeudi 11 janvier 1787, nous étant réunis, nous signâmes le traité, que j’envoyai le 1 4 par un courrier à IL de Vergennes,
Le 17 janvier je me rendis à Czarskozelo , d’où je partis avec l'impératrice le î 8 > pour la Crimée: heureux d’avoir contribué à former un lien avantageux et solide entre le roi et une souveraine qui, professant üne vive amitié pour lui, me comblait de bontés.
H était difficile de commencer un plus curieux et plus grand voyage sous de meilleurs auspices, et de voir ainsi régner un plus parfait accord en Ire mes devoirs et ma reconnaissance.