BARRAS AVANT LA REVOLUTION
Les quatre premiers chapitres sont consacrés au récit des deux voyages et des campagnes que Barras fît aux Indes en qualité de sous-lieutement au régiment de Pondichéry, de 1776 à 1783. Ces chapitres, qui contiennent d'assez amusantes anecdotes, telles que le récit d'un naufrage aux Maldives, sont le résumé d'une relation beaucoup plus développée, que le jeune officier avait composée sous la forme d'un journal de voyage et dont le manuscrit autographe, retrouvé parmi les papiers de M. de Saint-Albin, a paru assez intéressant pour qu'on ait cru devoir en donner quelques pages en appendice. Les détails abondants et précis fournis par ce journal sur l'énergique défense de M. de Bellecombe dans Pondichéry, du 5 juillet au 18 octobre 1778, constituent une contribution non sans importance à l'histoire de nos luttes contre les Anglais dans l'Inde ^. L'incurie du gouvernement, l'héroïsme des
1. Voir chap. xiii. Le général Brunet a dénoncé au Comité de Salut public riUégalitc de certains actes de Barras dans le Midi. Barras menacé se sauve en accusant à son tour le malheureux général de trahison, et Brunet est guillotiné. Mais le même homme qui fait sans hésiter tomber la tête d'un ennemi pour sauver la sienne, redevient humain dès que la peur ne l'oblige plus à être impitoyable. Voir chap. xviii comment il s'interpose en faveur de Hoche, de Chainpionnet, de Kellcrmann et fait rayer leurs noms portés sur une liste de proscription.
2. Lors de l'épuration de la société des Jacobins, au commencement de 03, Barras fut jugé digne de continuer à figurer sur la liste de ses membres (voir Mémob^es, t. I, chap. xi).