LE 13 VENDÉMIAIRE ET LES PREMIÈRES RELATIONS DE BARRAS AVEC BONAPARTE
Le 13 Vendémiaire, qui fait également partie du volume qu'on va lire, a obtenu, comme le 9 Thermidor, l'honneur d'abondants développements ^ Barras, ai-je besoin de le dire? s'applique consciencieusement à y démontrer que le « vainqueur de Thermidor » s'est, dans cette nouvelle crise, montré égal à lui-même, et que la liberté, menacée derechef, doit un second triomphe à l'activité, à la résolution, au sang-froid, aux talents militaires dont il a fait preuve. Homme de guerre énergique et habile, magnanime autant que vaillant, tel s'est manifesté le général en chef de l'armée de l'intérieur. C'est Barras lui-même qui l'affirme. Douteriez-vous de la parole d'un gentilhomme?
Si nous ne trouvions ici qu'un nouveau trait de cette fatuité qu'on a déjà eu l'occasion de signaler, nous pourrions nous contenter de sourire et passer. Ce qui complique et aggrave son cas, c'est que, de ces mêmes éloges qu'il se décerne avec libéralité, il refuse la plus petite part à un autre, qui peut-être y avait plus de droits que lui-même. Que Barras dans cette circonstance ait tout fait, ainsi qu'il le prétend, soit! Ne lui cherchons pas chicane sur ce point. Mais que, à côté du rôle éclatant que le chef s'attribue dans la journée du 13 Vendémiaire, le rôle du lieutenant ait été terne, effacé, nul, comme l'affirment expressément les Mémoires, voilà qui surprend un peu, quand on sait que ce lieutenant s'appelait Napoléon Bonaparte.
Et c'est ici le lieu d'aborder la question du degré de créance qu'il convient d'accorder aux témoignages ou — pour écarter ce mot qui éveille fort mal à propos en l'espèce une idée de justice — aux médisances de Barras contre Napoléon.
Les premières relations de Bonaparte et de Barras datent do l'époque du siège de Toulon. Pressé, apparemment, d'entrer en