CHAPITRE XV
Un coup d'œil sur la politique extérieure. — La cocarde tricolore en Prusse. — Détresse de l'Autriche. — Pelet de la Lozère. — Sa proposition relative à la paix. — Où il fait son apprentissage politique. — Nouveaux succès de Bonaparte. — Déroute de Wurmscr.
— Mesures relatives à la guerre avec l'Autriche. — Marmont. —r Audience publique qui lui est accordée par le Directoire. — Le baron de Mandesloke. — Prussiens Italiens d' Allemagne . — Refus humiliant essuyé par le Prétendant de la part du roi de Prusse. — En quoi les rois ne ressemblent pas aux loups. — Conduite différente de l'électeur de Saxe. — Suspension d'armes avantageuse avec l'Electeur palatin. — Mort du général Marceau. — Son beau caractère. — Regrets qui V accompagnent . — Récriminations réciproques de Moreau et de Jourdan. — Opinion antilégale du ministre Merlin. — Opinion manifestée par Carnot sur Kellermann.
— Ses contradictions. — Désespoir de Carnot au sujet de la retraite de Jourdan. — Mon opinion. — Mesures que je propose. — Elles sont adoptées. — M. Rœderer. — Ses vues politiques. — Ses brochures et ses articles de journaux. — Système de Carnot. — Comment il entend « union et oubli ». — Le général Willot. — Etat du département de l'Allier. — Discussion de Rewbell et de Carnot au sujet des fonctionnaires publics. — Sortie de Carnot sur la licence de la presse. — Etienne Martin. — Conduite bizarre de Carnot à son égard. - — Un recours en grâce. — Discussion au sujet du traité de Naples. — Letourneur et Carnot veulent destituer Lacroix. — Encore M. Doulcet. — Belmonti, ministre napolitain. — Révélations des condamnés dans l'affaire du camp de Grenelle. — Cail* leux et le moine Filleux. — Discussion sur la demande en grâce.
— Lettre du général Willot. — Ses dénonciations contre les anarchistes. — Partage d'opinions au Directoire sur les troubles du Midi. — Lxpulsion de nos deux agents à l'Ile de France. — L&
Journal de Paris. — MM. de la Platière, Rœderer et Corancez, — Le poète Despaze et ses Cinq Hommes. — Devrait-on encourager ces messieurs ?
J'ai besoin de quitter de nouveau ces scènes pénibles de notre intérieur, et de regarder un moment les progrès de notre établissement politique au dehors, décidé et soutenu par la marche triomphante de nos armées.
Le roi de Prusse a autorisé les Français à porter la cocarde tricolore dans ses États. L'Autriche, dont les armées viennent d'être successivement exterminées, ne sait comment parer à son désastre. Elle met tout en réquisition, hommes, chevaux, denrées; elle convoque l'arrière-ban de ses milices, et n'hésite plus à faire l'aveu de toutes ses inquiétudes pour la Bohême comme pour ses Etats.
Pelet de la Lozère propose au Conseil des Cinq-Cents d'inviter le Directoire h accélérer la paix générale. Il semblait que le moyen le plus sûr d'arriver à ce but, c'était de soutenir le beau mouvement de nos armées, car il n'y a que des triomphes bien déterminés et consolidés qui puissent assurer la paix d'une République nouvelle à l'égard d'anciens monarques qui combattent les principes mêmes de son existence. « Les rois nous ont jeté le gant, a dit un célèbre révolutionnaire, nous avons dû le ramasser. » M. Pelet, à qui sa qualité de conventionnel semblerait devoir donner les mêmes intérêts qu'à nous, ne paraît pas encore éclairé des vraies lumières de la diplomatie : son apprentissage en ce genre est sans doute difîéré jusqu'au jour où le républicain Pelet entrera au service d'un gouvernement impérial.... Le Directoire, qui devrait faire peu d'attention à de pareilles agressions, ne peut méconnaître cependant qu'on veut le détourner de sa noble mission : il fallait désavouer officiellement le bruit méchamment répandu qu'il avait renvoyé un plénipotentiaire anglais.