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CHAPITRE III

Mœurs républicaines. — Ordre mis dans les dépenses d'intérieur. — Miranda mis en liberté. — Son caractère, ses talents. — .Ces intrigues. — Retraite de l'armée de Condé. — Divisions dans le camp ennemi. — Scherer. — ■ Camus ministre des finances. — Précipitation du Directoire . — Camus refuse le ministère. — Envoi de commissaires aux colonies. — Armistice consenti par Picliegru.

— Anniversaire de la mort de Louis XVI. — Cynisme de Bonaparte à cette occasion. — Sympathie de Mme Beauharnais. — Les prédictions astrologiques. — Travaux considérables entrepris par le Directoire. — Un parti se montre à découvert. — Le baromètre en calembours . — Préparatifs de la paix. — Levée du trentième cheval. — Proposition de défection repoussée par le Directoire. — On veut enlever au Directoire la radiation des émigrés. — Les planches aux assignats. — Enormes valeurs en papier. — Dénonciation de Siméon. — Il est bien avec tout le monde. — Les caméléons. — Nouvel ambassadeur de Toscane. — Le comte Corsini. — Message important sur les colonies. — Quartiers d'hiver de l'armée de Sambre-et-Meuse . — Froids rigoureux. — Suspension d'armes en Italie. — Avidité des Anglais. — Prise de Trinquemalé. — Troubles fomentés par l'étranger. — Letourneur président. — Présent fait du drapeau tricolore à la république de Genève. — Toast républicain. — Embarras financiers de l'Autriche. — Royalistes du Poitou. — Habileté du général Hoche. — Démission d'Aubert-Dubayct. — Son ambassade . — Son amabilité. — Civilisation des Turcs. ■ — Pétiet. — Circulaire aux commissaires près les armées. — Ramcl ministre des finances. — La distribution des subsistances dans Paris supprimée. — Garnison française à Savone.

— Proclamation aux départements de l'Ouest. — Le curé Bernier.

— Stoffet, Sapinaud, Charette, Du Jary.

C'est avec des antécédents pareils à ceux que je viens de citer pour mon compte ; c'est, j'ose dire, avec des mœurs de

simplicité républicaine, que nous arrivions tous au gouvernement. Une résolution de courage avait présidé à l'installation du Directoire : la pensée de l'ordre présida aussi à son organisation et à ses dépenses. Le Directoire, considérant qu'il importait de faire coordonner tous les services du palais directorial avec les fonds décrétés pour ces différents objets, prit un arrêté qui, divisant d'abord les dépenses communes et les dépenses personnelles, en détermina toutes les applications et toutes les conditions, ne laissa aucun gaspillage possible, et mit tout à jour aux yeux des ennemis comme des amis. Pour ne plus donner le prétexte d'aucune distraction du mobilier de la République, nous prîmes encore les mesures les plus sévères : nous en chargeâmes les ministres sous leur responsabilité; pour que les abus qui avaient régné jusqu'alors trouvassent enfin leur terme, nous ne permîmes de garder pour les services publics que vingt-cinq voitures et cinquante paires de harnais.

Le Directoire, dans son système de modération, avait mis en liberté le général Miranda, arrêté par suite des événements de Vendémiaire. Ce général péruvien, le plus intrigant des Européens, était doué de beaucoup de .facultés; il avait une mémoire inconcevable, s'exprimait dans toutes les langues, parlait très bien de la guerre, mais ne savait pas la faire, ainsi qu'il l'avait prouvé en 1793, dans la Belgique. Sauvé des intrigues où il avait été grandement compromis, par la générosité du Directoire, il en recommençait de nouvelles avec les étrangers et les députés du nouveau Tiers. Miranda étant étranger, le Directoire, pour n'être pas obligé à de nouvelles rigueurs, lui ordonna de quitter Paris dans les vingtquatre heures, et sans délai le territoire de la République.

L'armée de Condé a battu en retraite ; les Autriclnens et les Piémontais se reproclient mutuellement leur défaite.

Sctierer, qui commande l'armée d'Italie, donne une très longue liste des lieutenants, sous-oi'flciers et soldats qui se sont honora-

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