CHAPITRE m
difficiles : nous les avons surmontées par un travail continuel. Nous avons proposé au corps législatif, non seulement beaucoup de lois nouvelles, mais encore la régularisation de celles qui existent. Tout souffrait : les finances, les armées, l'intérieur étaient dans un état déplorable; les hôpitaux manquaient même des objets les plus nécessaires au traitement des malades. Notre dévoùment à la patrie nous a fourni les moyens d'arrêter les malheurs qui la menaçaient. Nous avons comprimé les partis, les privilégiés, complété l'organisation des institutions républicaines; et, par un phénomène véritable, au-dessus de tous les calculs, comme de toutes les espérances, nous sommes revenus sans trouble et comme naturellement des assignats et des mandats au numéraire.
La précipitation commandée par l'urgence des circonstances a pu donner lieu à quelques critiques sur divers messages, mais nos intentions sont pures : nous ne sommes guidés que par l'intérêt public et par l'espérance de parvenir promptement à le satisfaire. Tous les membres sont d'accord; aucune division ne s'est encore montrée parmi eux. Cependant un parti ennemi de la liberté va souffler la discorde : c'est ce parti, toujours battu, mais toujours actif, qui, sous de fallacieuses protestations, veut séduire des hommes considérés, dans le civil comme dans le militaire.
Parmi les mauvais lazzi qui ont pour objet de soutenir les attaques sérieuses préméditées contre le Directoire, on nous rapporte celui-ci, qui est sans doiite fort peu digne de l'histoire, mais' il rappelle cette légèreté des mœurs françaises, qui a paru longtemps le fond de la nation sous la monarchie, mais qui avait fait place à quelque gravité depuis l'établissement de la République.
Voici, selon les expressions du rédacteur de la Gazette française, un calembour qui circule avec rapidité, et qui fait fortune en ce moment ;