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CHAPITRE III

tion. M. Siméon est destiné à subir par la suite et à vaincre bien d'autres tribulations; c'est un de ces hommes nés pour traverser les révolutions, les contre-révolutions, la République, l'Empire, les Restaurations, et rester toujours debout dans les places sous tous les régimes. Dextérité, habileté, unies même à quelque décence, voilà M. Siméon. Cette dernière qualité est au moins quelque chose de plus que n'en ont offert tant de caméléons qui ont apparu sur la scène de la Révolution.

J'ai parlé du renvoi que le Directoire avait ordonné de l'ambassadeur Carletti, dont la fatuité politique avait oublié les convenances dues au gouvernement de la République. Le Directoire avait laissé connaître à la Cour de Toscane qu'il recevrait volontiers un autre ambassadeur. Le grand-duc s'est conformé à nos désirs : il nous a envoyé M. le comte don Neri Corsini. Ce ministre, dans une séance publique, a présenté son diplôme. Sa réception a été faite avec solennité et bienveillance par trois membres du Directoire.

Un message propose aux Conseils l'aliénation des biens et terres appartenant à l'État dans toutes nos colonies; il représente l'avantage qu'en retireraient l'agriculture et notre commerce d'exportation et d'importation, indépendamment des fonds qui seraient affectés aux dépenses de ces colonies.

Le Directoire s'occupe avec le ministre de la guerre des rapports qu'il lui avait demandés sur l'armée de Sambre-et-Meuse : il a arrêté que les quartiers d'hiver seraient étendus et placés de manière à protéger les Provinces-Unies et la Zélande, que les Anglais menacent.

Des dépêches d'Italie nous informent que l'âpreté de la saison nécessite une suspension des hostilités. Le Directoire l'approuve. Elle est convenue verbalement avec l'armée des alliés.

L'avidité des Anglais pour s'emparer du commerce du monde vient encore de se déceler dans la prise de Trinquemalé, île de Ceylan, le plus beau port de l'Asie et la position militaire la plus importante.

Des rapports journaliers constatent que parmi certains agitateurs se trouvent des étrangers payés pour égarer les citoyens et amener des troubles. Le Directoire adopte des mesures de police que les, circonstances nécessitent et que les lois permettent contre les étrangers.

Les trois mois de présidence de Rewbell sont écoulés : il est remplacé par Letourneur.

Le Directoire a fait présent à la république de Genève d'un drapeau tricolore; son chargé d'affaires l'a remis au syndic. Une réunion de Français et de Genevois s'en est suivie; on a porté le toast « à l'alliance perpétuelle des Républiques »; et toutes divisions sont terminées de ce côté.

19 Pluviôse an IV.

17 Pluviôse an IV.

L'Autriche, à son tour, est fort embarrassée dans ses finances : elle a demandé et obtenu de la diète de l'Empire, des secours pour continuer la guerre.

Les chefs royalistes du Poitou font circuler un manifeste aux armées royales pour ranimer leur fanatisme qui commence à s'assoupir.

Le général Hoche a fait une proclamation aussi prudente c{uc ferme. Elle est soutenue des dispositions militaires qui sont l'heureux auxiliaire de toute sagesse. Quelques combats peu importants, mais toujours à l'avantage des républicains, ont lieu dans les pays occupés par l'armée de l'Ouest.

Les habitants de ces contrées se louent beaucoup de Hoche, se rallient même à lui ; et tout fait espérer que l'habile général éteindra bientôt l'incendie alimenté par les étrangers et les émigrés.

Le Directoire exécutif accepte la démission du ministre de la guerre, Aubert-Dubayet, et le nomme ambassadeur à Constantinople. Ce général était l'un des militaires les mieux élevés de la Révolution. Je n'entends pas par là que, né dans la caste nobiliaire, il eût reçu une éducation meilleure que d'autres nés roturiers; mais il avait dans le cœur une bienveillance naturelle, une politesse franche, sans servitude et sans détours. Son esprit était fort délié et très aimable. Quelque chose de hardi, de chevaleresque et de courtois; un langage facile, abondant, enthousiaste, tel qu'il convient pour électriser des soldats, et pour parler aux hommes dans les révolutions. En même temps et par le principe de vanité qui l'animait et le tenait toujours en mouvement, Aubert-Dubayet était peu propre au travail du cabinet. Il se jugea, et fit fort bien de préférer au ministère l'ambassade de Constantinople : elle offrait carrière à son imagination. Lui aussi croyait qu'il était possible d'opérer quelque amélioration chez les Turcs, et d'implanter la civilisation en Orient. Aubert-Dubayet fut remplacé par Pétiet, commissaire ordonnateur, ancien administrateur, homme sage et laborieux, d'un caractère doux, égal, honnête pour les militaires : du reste également propre à administrer pour la

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