‹ Mémoires;Chapitre 32 sur 302 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

république ou la monarchie; mais si, en présence d'une monarchie renversée mais non effacée, le caractère est une garantie indispensable dans les chefs d'un gouvernement nouveau et républicain qui succède, on ne peut pas dire qu'il soit de la même nécessité s'il y a au moins probité dans les agents subalternes qui reçoivent le mouvement, si les chefs qui le leur impriment savent les surveiller et les maintenir dans leur devoir.

Dans une circulaire envoyée aux commissaires près les armées, le Directoire détermina d'une manière précise leurs fonctions ; il leur défend de donner aucun ordre émané d'eux. Il écrit aussi aux commissaires civils et judiciaires, pour leur commander une plus grande surveillance sur les hommes qui cherchaient à corrompre l'esprit public, sur les prêtres et les émigrés, et de requérir enfin la plus prompte exécution des lois.

N'ayant point remplacé Faypoult et Camus, le Directoire sent la nécessité d'avoir un homme habile au ministère des finances : il choisit le député Ramel, dont les connaissances financières, l'inté- ^* Pluviôse

, . . , an IV.

grité et le patriotisme sont également reconnus.

La distribution à Paris des subsistances et autres objets d'un usage journalier, faite en nature aux employés et aux citoyens peu fortunés, coûte à l'État plus de soixante-seize millions par an; dans la pénurie où se trouve le Trésor, le Directoire supprime cette distribution au l^"" ventôse prochain : il recommande les rentiers et les véritables indigents aux conseils législatifs.

Le Directoire s'est occupé de mettre les armées du Haut et Bas- Rhin en état de prendre l'offensive; plus de vingt mille hommes rassemblés par les agents militaires, dans l'intérieur, sont en marche pour compléter les cadres de cette armée. Deux ponts ont été établis sur la Moselle; si la cinquième campagne s'ouvre, la France n'aura point encore présenté un aussi grand ensemble de , forces.

Le Directoire à ordonné à son ministre à Gênes de négocier avec le gouvernement pour obtenir qu'une garnison française soit établie à Savone. Des bataillons et les approvisionnements ont été dirigés vers l'armée d'Italie; elle sera en mesure de poursuivre ses succès.

Nous envoyons une proclamation aux départements de l'Ouest; elle est paternelle, mais sévère; elle invite les habitants de ces contrées à ne plus écouter les conseils perfides du curé Dernier,

4i MÉMOIRES DE BARRAS.

des Stofflet, des Sapinand, des Charette et des du Jarry : ce sont les ennemis de la patrie qui veulent rallumer le flambeau de la o-uerre civile. « Ces hommes, avides de pillage, sont des émigrés, des prêtres ou des nobles; ils vous ont déjà trompés plusieurs lois, ils vous trompent encore : c'est l'étranger qui veut partager la France, qui veut. la ruiner, la détruire; il invoque la guerre et tous les fléaux qui peuvent vous remettre sous le joug pesant des privilégiés. »

Page 1