‹ Mémoires;Chapitre 158 sur 222 · II · texte numérisé non relu

II

nue, le général en chef assista à l'installation qui se fit au son des musiques militaires, au bruit de la mousqueterie et du canon; un discours plein de véhémence et de noblesse, prononcé par lui, termina cette cérémonie. Immédiatement après, un Te Deum fut chanté par le cardinal archevêque de Naples, dans l'église de Saint-Janvier, où cette grande journée se termina par le miracle de ce saint, facétie à laquelle je ne m'arrête pas, attendu qu'une circonstance beaucoup plus grave m'offrira l'occasion d'y revenir. Je me bornerai donc à ajouter que, la veille, ce qui aux yeux du peuple fut du plus grand effet, le général en chef parcourut la ville à cheval, mit pied à terre au seuil de cette église et, pour lever les derniers scrupules du cardinal, alla, ainsi que j'avais débuté à le faire, prier au tombeau de saint Janvier, roi de la populace, et qui, malgré sa prétendue puissance, a toujours été et, comme ses camarades en canonisation, sera toujours aux ordres du pouvoir.

Enfin, dès le lendemain et par mandement, l'archevêque annonça au peuple que le miracle avait eu lieu extraordinairement et que le ciel était favorable aux Français, événement que, dans un style que je m'abstiens de qualifier, le général Bonnamy, en sa qualité de chef d'étatmajor de l'armée, annonça en ces termes au ministre de la guerre : « Nous adorons saint Janvier; nous vivons aussi bien que possible avec les lazaroni; nous faisons des miracles avec l'aide du respectable cardinal, qui s'est décidé à opérer : il hésitait ; il disait qu'il fallait des prières extraordinaires, une foi à toute épreuve; le général en chef a prié comme un diable; il a cru à tout ce qu'il fallait croire, et le sang de saint Janvier a coulé. Au même moment le Vésuve a vomi des flammes, et un Te Deum a été chanté pour remercier le ciel de l'entrée des Français à Naples. »

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