‹ Mémoires;Chapitre 166 sur 222 · EXPULSION NECESSAIRE · texte numérisé non relu

EXPULSION NECESSAIRE

à un contrôleur des recettes et dépenses et au payeur de l'armée.

C'était un acte de grande vigueur, mais un chef responsable de la tranquillité, si difficile à maintenir chez un peuple tel que les Napolitains, pouvait-il répondre autrement que par une exécution immédiate et sommaire, à une affiche qui niait toute autorité en dehors de la commission administrative et qui, attribuant à celle-ci le droit exclusif d'exercer la proscription et la dépossession des familles en territoire conquis, remettait en question et semblait déclarer nuls ceux des payements de contribution déjà faits et qui n'avaient pas été reçus directement par les commissaires? On conçoit le cri universel qui s'était élevé de toutes parts contre de telles prétentions, et, pour l'apaiser, le général en chef n'avait eu qu'une ressource, rassurer le peuple en chassant les commissaires.

Par malheur, l'arrêté d'expulsion, pris contre les membres de la commission civile, avait omis deux mesures importantes, d'abord de prescrire une enquête sur les opérations de cette commission, ensuite et surtout de donner l'ordre que les chevaux fussent changés à la poste de Rome, afin que les voitures, remmenant le commissaire, le contrôleur et le caissier n'eussent pas même à s'arrêter dans cette ville, où le général Macdonald séjournait, sans autre motif plausible que dattendre le résultat de l'intrigue concertée; sitôt leur arrivée, il les reçut, les retint, malgré les ordres du général en chef, et c'est à Rome que les dernières machinations s'ourdirent. Faypoult se mit sous la protection du consul; il triomphait; enfin était consommé l'acte arbitraire qu'il avait provoqué pour mettre en tort le général Championnet vis-à-vis du Directoire.

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