DE ÏARVIS A SAI\T-VEIT
Le 25 et le 26, la division s'avança sur Vil[ach,oùelle entra le 27, après avoir empêché l'ennemi de couper le pont sur la Gail. Le 29, elle marcha sur Klagenfurt, chassant les débris de l'armée autrichienne. A un mille de Klagenfurt, nous trouvâmes l'ennemi réuni; il occupait, sur sa droite et par un corps d'infanterie, une montagne assez élevée; sa gauche consistait en une masse dinfanterie, formée sur trois lignes, et à son centre se trouvaient quatre pièces de canon et deux obusiers soutenus par deux régiments de cavalerie.
Le combat commença contre le centre et la droite de l'ennemi. Les trois bataillons de la 25" de ligne et un bataillon de grenadiers furent chargés d'enlever la montagne, notre artillerie de réduire au silence celle de l'ennemi. Nos efforts cependant étaient inutiles; la position, forte par elle-même, était défendue avec opiniâtreté. Alors le général Masséna, voulant en finir, réunit le 24" de chasseurs à cheval au dO' de chasseurs et au 3' de dragons, et leur ordonna de forcer le centre de l'ennemi. Secondés par le feu redoublé de nos pièces, tirant aussi longtemps qu'elles le purent, et par notre infanterie de gauche, marchant à la baïonnette, ces régiments, chargeant à fond, rompirent le centre de l'ennemi, qui dès lors battit en retraite et môme traversa Klagenfurt sans s'y arrêter, mais ne se débanda pas, ne nous laissa aucun prisonnier et sauva toutes ses pièces. Poursuivi par notre cavalerie et par la 18« de ligne, l'ennemi voulut faire volte-face à une demi-lieue au delà de la ville; mais, chargé de nouveau et enfoncé une seconde fois, il nous abandonna deux cent quarante prisonniers, dont quatre officiers. Nous trouvâmes six cents malades et blessés à Klagenfurt, où la division séjourna le 30. Le 31, elle occupa Saint-Veit. L'ennemi continuait sa retraite en évitant le combat; le 1" avril,
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il voulut, sans y réussir, nous empêcher de nous étabHr au bord de la Gurk; il avait son camp en avant de Meckeldorf et brûla le pont qui nous séparait de lui; mais, le 2 à la pointe du jour, notre avant-garde parvint à passer la Gurk à gué, et marcha sur Meckeldorf que l'ennemi avait évacué pendant la nuit; elle s'y arrêta en attendant que le pont i'ùt rétabli et que l'arlilierie et le reste de la division pussent passer.
A dix heures du malin, toute la division était en marche sur Friesacb. A un quart de lieue de cette ville, notre avant-garde rencontra l'arrière-garde de l'ennemi qui. avec du canon, couvrait la marche du corps de bataille et cherchait à l(Miir dans trois positions adossées l'une à l'autre. Son but était de gagner le temps nécessaire à la destruction des magasins que cette ville renfermait; mais, battue [tartout aussitôt (ju'atlaquée, cette arrière-garde ne put empêcher qu'à midi nous ne fussions maîtres de la jtlace, et, pendant que notre avantgarde continuait la i>oursuile de Jcnnemi. nous pûmes éteindre le feu qui dévorait les magasins dont nous sauvâmes une partie.
En arrière d'Kinœd se trouve une position favorable pour la défense. Une forte brigade autrichienne Toccupait avec ordre d'y courir la chance d'un nouveau combat. Le but était de ralentir notre marche; ce but ne fut pas plus rempli que les autres ne l'avaient été, car la 18", sans répondre au feu dirigé contre elle, escalada la position au pas de course, fonra à la baïonnette et sema la déroute, pendant que le 10' de chasseurs, tournant la position, fit quelques centaines de prisonniers. Nos troupes s'exaltaient à mesure que, dans leur victorieuse poursuite, elles repoussaient l'ennemi en gagnant des étapes sur la route de Vienne. La 18" et le 10"= ne s'étaient donc pas arrêtés à leur succès, ils recondui-