LES SOLDATS DE MASSENA
çait sur elles par la soudaineté de ses résolutions aussi sûres qu'instantanées, et par la rapidité foudroyante avec laquelle il en commandait l'exécution. Du plus haut officier jusqu'au moindre soldat, il n'était pas un de nous qui ne s'enorgueillît d'appartenir à la division Masséna, et comment, sans cet orgueil de son rôle, cette division aurait-elle réalisé tant de prodiges?
En résumant cette série d'opérations, non certes avec les détails dont elles étaient susceptibles, mais au moins avec les circonstances indispensables, je me suis abstenu de mentionner les rôles personnels, aussi bien pour les autres que pour moi. C'est que, dans l'ensemble d'héroïsme dont la division fit preuve, on ne put distinguer, en fait de supériorité, que celle de la totalité des troupes et celle de leur chef. Le général Masséna était partout, ordonnait en personne jusqu'aux moindres mouvements et ne laissait le plus souvent rien à faire, même à ses généraux de brigade; quant aux officiers d'état-major, en des combats qui, à l'exception de ceux de ïarvis, se livraient sur des espace^ très resserrés, ils n'avaient aucun rôle personnel à espérer. 11 ne leur restait donc, comme chance d'être mentionnés, que l'honneur d'une balle ou d'un boulet; la mort se montra envers eux très avare; ils parurent invulnérables, ce qui modestement faisait dire à Burthe : Audaces fortunajuvat.