‹ Mémoires;Chapitre 95 sur 222 · OUVERTURE DES HOSTILITES · texte numérisé non relu

OUVERTURE DES HOSTILITES

les Abruzzes, forte de 12,000hommes et de trente canons, faisait son apparition; quelques troupes, qui la précédaient, engagèrent aussitôt un combat en avant de la Porte Majeure. C'était attaquer pour attaquer, sans intérêt et sans but; ils payèrent donc cet excès d'ardeur par la perte d'un bon nombre des leurs; mais, pendant que ce premier parti de Napolitains se livrait à cette inutile échaufïourée, le gros de l'ennemi déployait ses 3.000 hommes d'avant-garde et prenait position. Quant à notre garnison d'Ascoli, à nos postes et détachements, qui d'avance avaient évacué sur Ancone leurs bagages et leurs malades, ils ouvrirent les ordres et instructions qui, ainsi que je l'ai dit, leur avaient été remis sur mon initiative, et, suivant les prescriptions qu'ils y trouvèrent, ne devant pas, à quelques centaines qu'ils étaient, s'exposer dans une résistance chimérique contre une division tout entière, ils se retirèrent par la route d'Ancône et vinrent bivouaquer sur le Monte Alto.

Ascoli abandonné, le chevalier Micheroux se trouvait maître de la première place sur le territoire romain; on eût pu penser qu'il allait l'utiliser comme forte base d'opérations, pour soutenir sa marche en avant; mais il y laissa simplement une défense de 1,000 hommes, puis, divisant ses forces en deux corps et suivant, à la tête du premier, la route de la Marine, il se dirigea avec vingtquatre pièces de canon et en masse sur Porto di Fermo, tandis que le second corps, avec six pièces de montagne, longea les hauteurs qui flanquent le littoral et marcha en trois colonnes de front sur la ville de Fermo; mais c'est aussi sur cette ville que notre garnison d'Ascoli, quittant son bivouac de Monte Alto, avait ordre de se replier et de se joindre à sa légion.

En même temps que ce mouvement et d'autres, prévus par nos instructions cachetées, concentraient des forces

262 MEMOIRES DU GENERAL RAROX THIERAULT.

sur Fermo et en faisaient un premier point de résis- 3

tance, le général Rusca, conformément aux prescrip- j

lions qui pour sa part lui avaient été remises, partait '

de Macerata et venait rassembler à Porto di Fermo une ]

demi-brigade légère et trois escadrons de dragons avec ?

trois pièces d'artillerie légère. Les deux points visés par ;

les deux corps du cbevalier 3Iicheroux, la ville de Fermo '

et son port, se trouvaient donc, par la seule prévision J

de nos ordres, protégés autant que cela pouvait être J

possible avec l'insuffisance numérique de nos troupes. ;

Quant au général G... et à moi, nous avions pupasser j

aisément à Terni, n'ayant éprouvé d'autre résistance j que celle des postillons que nous fîmes galoper, soit en

doublant les guides, soit à coups de canne. Heureuse- «

ment arrivés à Spoleto, nous expédiâmes au comman- j

dant de Perugia l'ordre de ne conserver que le nombre •

d'hommes indispensables à la défense de la citadelle et, 1

sous l'escorte du reste, de nous faire suivre sans retard 1

par la totalité de nos équipages, qui nous rejoignirent *

en doublant les journées. Enfin, le 26, nous fûmes rendus \

à Porto di Fermo, où, renforcés dans la soirée même par '1

l'arrivée de la 47° et de la 73° de ligne, nous pûmes j

arrêter définitivement l'organisation de la division. Le 1

quartier général restait à Porto di Fermo avec une par- ]

tie des troupes, formant une brigade sous les ordres du j

général Rusca, tandis qu'une seconde brigade était éta- j

blie à Fermo; celle-ci devait être commandée par le \

général Monnier, et, en attendant l'arrivée de ce gêné- ,;

rai, elle l'était par le chef de brigade Méjean. "

Le27 au soir, un calme profond régnait dans notre can- )

tonnement de Porto di Fermo, lorsqu'à dix heures une j

fusillade s'engagea entre nos postes de la Marine et des j soldats napolitains, que des barques venaient de jeter à

terre. La générale battit, et, pendant le peu d'instants .

Page 1