Rodolphe de Gonzague
2. Gyô avait rétrogradé vers Teienzo Terrare, dans la lettre déjà cili'e de Gilliert Pointct. Cf. La Pilorgerie, oui', cité, p. 321 s.V
3. Sanudo [Spedizione, p. 452) nomme l'un de ces chàteau.x « Bordan » et dit qu'il appartenait aux Rossi, et l'autre Terenzo. Il explique <|ue (Charles \'III pouvait encore, à ce moment, ou bien retoiu-ner sur ses j)as. ou se diriger sur Torlone par des sentiers de montagne 1res difficiles, ou encore pousser au nord-est vers Reggio et le Ferrarais. Il prit le i)arli de passer coûte que coûte par la voie la plus accessible à son artillerie.
260 MÉMOIRES DE PIlILIl'l'i: DK COMMYNES [1 iîJ'ij
cncores du nombre de noz gens, car il con<j^noiss()it tout myeulx que nous niesmes, car il avoit esté des nostres toute la saison. L'Aimant fit la compaignée forte, et dist trois cens hommes d'armes et quinze cens Suysses. l^it ledit conte luv respondit qu'il menloit et que en toute l'armée n'y avoit que trois mil Suysses, par quoy n'en eussent point envoyé la moictié là; et fut envoyé prisonnier au pavillon du marquis de Mante. Et parlèrent en(re eulx de assaillir ledit mareschal : et creut ledit marquis le nombre que avoit dit l'Aiment ^ disant qu'ilz n'avoient point de gens de pied si bons comme noz Almans, et aussi ({ue tous leurs gens nestoient point arrivez et que on leur faisoit grand tort de combatre sans eulx, et s'il y avoit quelque rebeut^ la Seigneurie s'en pourroit courroucer, el qu'il les vailloit myeulx attendre en la plaine, et que par ailleurs ne pouvoient ilz passer que en leurs présences ^. Et estoient les deux providateurs de son advis, contre 1 oppinion desquelz ilz n'eussent osé combatre. Auti'es disoient que, rompant ceste avangarde, le Roy estoit pris : toutesfoiz aiséement tout s'accorda d'attendre la compaignée en la plaine, et leur sembloit bien que riens n'en pouvoil eschapper. Et ay sceu cecy par eulx mesmes que je nomme, et en avons eu divise ensemble, ledit mareschal de Gyé et moy avecques eulx depuis, nous trouvans ensemble. VA ainsi se retirèrent en leur ost, estans asseurez que le lendemain'' le Roy seroit passé la montaigne et logé en ce village appelle Fourenove. Et ce jiendant arriva tout le resltde leurs gens : et si ne povoyons passer que en leur présence'^, tant estoit le lieu contrainct.
Au descendre de la montaigne, on vit le plain païs de Lombardie, qui est des beaulx et bons du monde et des plus habitez ''. Et combien qu'il se die plain, si est il mal
b) que devant eulx édit. — c) le lendemain ou environ édit. — rf' que devant eulx édit. — e habondans édit.
1. Peut-être y mit-il quelque complaisance. Sanudo estime l'avant-gardc française à 2.000 hommes, dont 500 chevau-légrers (Spedizione, p. 449),
I I i95] LIVRE VIII. CHAPITIŒ IX 201
aisé à chevaucher, car il est tout fossoié comme est Fhindres, ou encores plus; mais il est bien meilheur et plus fertile, tant en bons fromens que en bons vins et fruictz , et ne séjournent' jamais leurs terres. Et nous faisoit grand bien à le veoir, pour la jurant fain et pevne que on avoit enduré en chemin depuis le partement de Lucques ; mais l'artillerie donna uno^ merveilleux travail à la descendre, tant y estoit le chemin dr(>it et mal aisé. Kt <lu hault on veoit l'ost des ennemys, où il y avoit grant nombre "^ de tentes et pavillons, et sembloit bien estre grant, et aussi estoit il ; et tindrent Veniciens ce qu'ilz aA oient mandé au Roy par moy, où ilz disoient que eulx et le duc de Millan mettroient (juarante mil hommes en ung' •champ ; car s'ilz n'y estoient, il n'en failloit gueres, et i^stoient bien trente cinq mil, prenant paie"^; mais de cinq, les quatre estoient de Saint Marc, l'it y avoit bien deux mil six cens hommes d'armes bardés, aient chascun ung arbalestier à cheval, ou aultre homme en habillement avecques t'ulx, faisant le nombre de quatre chevaulx pour homme d armes ■'. Hz avoient, que en Estradiotz, que en chevaulx le^-iers, cinq mille, le reste en gens de pied, et logez en lieu fort bien reparé et bien garny d'artillerie.
j Chap. IX] Le Roy descendit envyron mydi de la montaigne et se logea audit villaige de Fouinove ^ ; et fut le
(' malaisé. Il y a\oil au camp des cnncm\s grant noinbi'e éclil.