Au lieu de six (pic comportait cliaipu- lance française
1. Le 4 juillel. un samedi, (Charles \'I1I a\"ait rejoint son a\ ant-g-arde à Terenzo. L'ne lettre tie l'iero \'ettori au duc dL'i'bin, éci'ite à Florence le 14 juillet 1 195, et imp. dans Desjaixlins (.\é(iocialions, cit., I, 624 ss.) porte •(|ue les chefs de l'armée française, étant encore dans la nionta};-ne, furent avi-rtis des |)réparatifs et tlu noud)re des Italiens, et décidèrent en consé- •«pu-nce de faire venii- les f.'-ens d'ai-mes des ^'ill•lli et de rappeler le corps en\iiyé à Gènes. Mais les vivres faisant défaut, il fallul descendre dans la plaine. Là, les Français se mirent aussitôt à faire •< grida e romorc e fesla a loro modo ». Sanudo prétend que, coiume le roi hésitait encore sur le parti à prendre, il fut avisé " par (piei(ju'un le duc de Ferrare peut-être) <|ui était ennemi de la Seijrneui-ie ■>. (pie les \'énitiens le laisseraient passer
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cinquiesme jour de juillet, l'an mil quatre cens quatre vingt et quinze, par ung dymanehe. Audit logis y a voit /^ grand quantité de farines et de vins, et de vivres pour les clievaulx. Le peuple nous faisoit partout bonne chère (aussi nul homme de bien ne leur faisoit mal), et apportoient des vivres, comme pain, petit et bien noir, et le vendoient cher, et au vin les trois pars d eaue, et quelque poy de fruict. et firent plaisir à Varmée. J'en feiz achapter: mais je leur feiz faire l'essaya' devant moy, car on avoit grand suspection qu ilz eussent laissé là ces vivres pour enqDoisonner Tost. et n'y toucha l'on point de prime face. Et se tuèrent deux Suysses à force de boire, et prindrent fri)it et moururent en une cave, qui mist les gens encores en plus grand suspection ; mais avant qu'il fust mynuyt, les clievaulx commencèrent les premiers, et puis les gens : et se tint ion bien aise. Et. en ce pas. fault parler à l'honneur des italiens, car nous n'avons point trouvé qu ilz ayent usé de nulles poisons: et, s ilz l'eussent voulu faire, à grand peyne s en feust on sceu garder en ce voyage.
Nous arrivasmes. comme avez oy. ungdimenche à mydi. et maint homme de bien mangea ung morceau de pain Ui oii le Roy descendit et beut ; et croy que gueres autres vivres n'y avoit pour celle heure, veu qu on n'ousoit encores manger de ceulx du lieu. Incontinent après le disner, vindrent courir aulcuns Estradiotz jusques dedans lost et firent une grand alarme, et noz gens ne le[s congnoissoient point encores. Et toute l'armée saillit aux champs, en merveilleusement bon ordre et en trois batailles, avangarde, bataille, et arriergarde; et n'y avoit point ung git '' de boule d'une bataille à l'autre, et bien
f) et y avoit ms. — </, achapter que je laissay Saur. : achapter et fis l'cssay Leng. : et [fairej l'essay Dup. — h ung jrect édil.
sans ialtaquei'. Larniée française comptait une dizaine de mille combattants ;Delaborde. Expédition, p. 634 : fi. 500 chevaux et 5.500 fantassins, disent les Vénitiens, qui ajoutent que le convoi était énorme " et tout encombré de leurs rapines » Sen. Secr., XXXV. 126^.
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iiiséement se fussent secouruz l une lautre. Ce ne fut riens, et on se retira au loo^is : et tost en vint une aultre ou deux, devant qu il fust nuvt '. Nous avions des tantes et pavillons en petit nombre et s'estendoit nostre logis en a])prouchant du leur ' : par quoy ne failloit que vin^-t Stradiotz pour nous faire une alarme, et ilz ne bou}j^oient du bout de nostre logis, car il y avoit du boys, et venoient à couvert. Et estions en une valée. entre deux petitz coustaulx, et en ladite vallée couroit une rivière- que 1 On passoit à gué J, sinon quant elle croissoit. en ce pais là c|ui est ais é ement et toust et aussi ne dure gueres '•' : et les ;q)pellent torrents.
Toute ladite vallée estoit gravier et pierres grosses et mal aisée pour chevuulx, et estoit ladite vallée d envyron ung quart de lieue de large: et en 1 ung des coustaulx \ qui estoit à main droicte, estoient logez noz ennemys. et estions ff»rcez de passer viz à viz deulx, la rivière entre deulx, et povoit avoir demye lieue jusques à leur ost^. l^lt y avoit bien ung aultre chemin à monter le coustau à gauche ', car nous estions ' logez de leur costé ; mais il eust semblé que (m se fust recuUé. Environ deux jours devant, on m avoit parlé que je allasse parler ii eulx car la craincte
/ La fin de la phrase, depuis les mots et losl. est omise dans les èdil. — j que l'on passoil l>ien à pied édil. — A" et aussi elle ne dure jçueres et 1 appellc-t-on tinrent. .S.iur el Leng.. qui ont adopté cette leçon ont cru rfue le mot torrent était là par erreur pour Taro. — l) Sauv. et Leng coudraient car nous n'estion* p:i>. I^est une erreur, les Français étant encore, à ce moment. Uxjjés sur la rive droite du 'l'aro.
1. Sur la rive droite du Taro. Après avnir franchi le col de la Cisa. le cliemin se dii'i}ie au ni>rd, puis descend sur Terenzn. tlans le val de la S|)or- /anaquil suit jusqu'au conlluent <le ce torrent avec IcTaro. |)rts de FornoMi. J.à, la vallée s élargit, et, à (iiarola. la r<iute de Parme débouche dans la plaine, (v. la carte anne.\ée à ce volume el celle de l'IOlat-Major italien, toi. 73, Parma).
2. Le Taro, loi-rent qui pi-enrl sa source dans 1 Apennin, coule du sudi«uest au nord-est. et se jette dans le Fô.
•'5. Les collines à l'est d < Jppiano.
4. De Forno-.o à (îiarola. où l'arniée de la lifrue était campée, on ojnqite lie 8 à 9 kilomètres, et de (iiarola à Parme, environ 13.
3. Le chemin qui conduit, par Hcuyodi \n\ Tan», vei's le Plaisantin, peutèlre.
2(»i mi-:moiui:s uk imiii.ippi-: dk com.my.nks î 149o'
commençoit à venir aux plus saig-es), et que avecques niov menasse c|uelqu"un pour bien noinbreret congnoistrede leur all'aire. (À>la n entreprenois je point voulentiers (et aussi (|ue sans saulconduit je n y pouvoys aller i; mais respondiz avoir pris bonne intellit^cmce avecques les providateurs à mon parlement de \'enise et au soir cpie arrvvay à Padoue. (pie je creoye ({uil/. parleri)ient bien à moy en my eliemin (les deux ostz, et aussi, si je me oflroys daller vers eulx. je leur donneroye trop cueur. et (jue on le m'avoit dit trop tard '.
Ce dimanche dont je ])arle, escrip viitz aux deux providateurs (1 ung' s appelloit messire Lucque Pisan, l'autre messire Marquiot Trevisan -), et leur prioie que à seureté 1 ung- vint parler à moy, et que ainsi mavoit il esté offert au partir de Padoue, comme a esté dit devant. Hz me tirent responce quilz l'eussent faict voluntiers, se n'eust esté la guerre encommencée contre le duc de Millan : mais que. non obstant, que lung des deux (ou tous deux, selon qu ilz adviseroient), se trouveroit en quelque lieu eu my chemin \ Et euz ceste responce le dimanche au
1. Déjà, et par deux fois, Charles \'III avait en\oyé un trompette au camp italien, pour demander qu'on le laissât passer <• como amico >• et (ju'on lui f'i)ui-nîl des vivres contre de Tarirent. A ce moment, le roi devait èlri" enc<ire dans la monlajrne. car. dès le 3 juilk-t. le marquis de Mantoue. (|ui ])rit sans driule cette démarche pour une reculade, se hàla d'en instruire sa femme par une lettre datée « ex castris victricihus sanctissime et sei-enissime Li^e in valle Tare prope Glarolam ». Sa confiance était inqicr- (urbable : " L ennemi serait trois fois plus nombreux, écrit-il. qu'il ne saur.iit avancer sans péril, et quant à l'autre roule qui lui est encore ouverte, elle est trop dilllcile » Luzio et Hcnier, Francesco Gniiza[in alla hatlafilia (li Fnrnovo. dans ouv. cit.. p. 205 s.).