‹ Mémoires;Chapitre 11 sur 177 · Pazzi · texte numérisé non relu

Pazzi

4. Sixte IV (François de la Kovere , élu pape le 9 août 1471, mort le 13 août I4si.

5. Depuis longtemps un conflit latent e.xistait entre le pape Sixte IV et les Médicis. La cause en fut d'abf)rd l'opposition que ces derniers soulevèrent contre Jérôme Riario, le neveu favori i\u pain-, quand, à l'occasion, de son union avec Catherine Sforza, Sixte IV voulut lui constituer une

Medicis ' et toute sa séquelle. Toutesfoiz, quant à luy, ilz failliront, mais tuèrent son frère Julian de Medicis - en la forant esj^lise de Florence, et un*^ appelle Frenquet NoUy •', qui se mist devant ledit Julian, et estoit serviteur de la maison de Medicis. Ledit Laurens fut fort blessé et se retira au revestiaire de l'église, dont les portes sont de cuyvre, que son père avoit faict faire '*. Ung serviteur qu'il avoit faict délivrer de prison deux jours devant, le sex'vit bien à ce besoing- et receupt plusieurs playez pour luy. Et fut faict ce cas à l'heure que on chantoit la grant messe ; et avoient leurs sig-nes pour tuer ce qui estoit ordonné à l'heure que le presbtre, qui chantoit la grant messe, diroit le Sancfus. Il en advint aultrement que ceulx qui l'avoient entreprins ne pensoient ; car,cuidant avoir toutgaigné. aulcuns d'entre eulx montèrent au palays -^ pour cuyder tuer les seigneurs qui estoient là, qui se refont '^ de troys moys en troys

d] qui se reprindenl AB M, éd. Dup. Cit. : qui changent éd. J5'24 ; qui se renon\ellenL D.

principauté dans les Roniag-nes. L'Italie était à cette époque partagée en deux camps ojJiiDsés : au nord. Milan, ^'enise et Florence, appuyés par Louis XI : au midi, le pape et le roi de Najiles. Ferdinand I ' Perret, Relations, cit., II, 122).

1. Laui-ent. fils de Pierre de Medicis et de Lucrèce Tornabuoni. II épousa 1" Philiiijiine de Sa\oie, 2" Clarice Orsini, et mourut le 7 avril 1402 (^'oy. Reumont, Lorenzo de' Medici il Magnifico, Leipzig, liSS.S).

2. On trou\era dans Munlz [La Renai-isance l'ii France et en Italie, p. 378) une gra^■ure représentant .lulien de Medicis. d'aijios un portrait attribué à Botticelli.

3 Franccschino Nori.

4. François Pazzi. qui faisait la banque à Hcime, lia partie avec Jérôme Riario jiour renverser les Medicis. Ils s'assurèrent, sinon la complicité du l^apctlu moins son consentement à l'attentat " ])ur che non cie intervengha morti' " 'Perret. Relation.'^, cit., II, 124 s.i. Le 26 a\'ril 1478, comme le cardinal Raphaël Riario entendait la messe en compagnie des Medicis, à Santa Reparata (aujourd'hui l'église cathédi-ale de Florence), au moment de l'éléxalion. Francesco Pazzi et Bernardo Pandiiii se jetèrent sur Julien de Medicis et le tuèrent. Attaqué par Antoine de \'(iUei"ra, Laurent le Mag'niti(|ue, blessé au cou, put se dégager a%e"c l'aide d'André et de Laui-ent Ca\alcanti , et réussit à se jeter clans la sacristie dont Ange Politien ferma vivement la porte. Cette pièce, le « revestiaire » de Cnmmynes, c.\iste encore. (Vest l'ancienne sacristie, située entre l'aile méridionale du transept et la tribune Cf. Ange Politien, De Pacliana conjiiratione histor/a, .SI De coinmenlariiini, lîâle, 1553, in-f.)

5. Le Palazzo vecchio, résidence du goni'alcini^'r et des huit prieurs, construit en 1298.

niovs, et sont quelque neuf, qui ont toute Tadministration de la cité. Mais les entrepreneurs dessusdits se trouvèrent mal suyvitz ; et en montant les degrés dudit palays quek'un leur ferma ung huys après, et quant ilz se trouvèrent en luiult, ilz ne se trouvèrent que quatre ou cinq, tous espouventez. et ne sca voient que dire. Et ce voyant, les seigneurs qui estoient en hault et les serviteurs qui estoient avecques eulx (lesquelz par les fenestres veoient l'esmeute de la ville et avoient ja ouv messire Jacques de Passi et aultres, en my la place devant ledit palays, lesquelz criovent : Libcrta ! Lihcrfa! et Peuple! Peuple''! qui estoient niotz pour cuyder esmouvoir le peuple à leur part, ce que ledit peuple ne voulut faire, mais se tenoit coy /", pour quoy s'en fouyt de ladite place ledit de Passis et ses compaignons, comme estonnez de leur entreprinse), voyant ces choses, ce magistre ou gouverneur-^^ de ville, dont j'ay parlé, qui estoit en ce palays, prindrent en ceste propre instance ces quatre ou cinq '' qui y estoient montez, dont j'ay parlé, mal acompaignez et mal suyviz, en intention de tueries gouverneurs, pour pouvoir commander de par la cité, lesquelz ilz firent incontinent pendre et estrangler aux croisées dudit palays ; entre lesquelz fut pendu l'arcevesque de Pize '.

Lesdits gouverneurs, voyans toute la ville declairée pour eulx et pour la part des Medicis, escripvirent incontinent aux passaiges' que l'on print tout homme que l'on trouveroit fuyant et que on leur amenast. Ledit messire Jacques de Passi fut prins sur la propre heure, et ung envoyé-/ de par le pape Sixte ~. qui avoit charge de gen-

e) popolo, popolo édit. — f cny est omis ailleurx. — g) ma^ristcr A ; ce maisire B : ces maistrcs ou gouverneurs ; ces nia^islralz ou gouverneurs D. — h CCS cinq ou six A, édil. — i) aux passa^iers édit. — j addition postérieure sur vn blanc : et un;,' aultre de par le pape édit. D.

1. Franvois Salviali. archevêque do Pise, avec quatre de ses complices. Cf. le récit de M.-linel. II. i:8 s.

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