Au mois iloctobre I i
.3. Le 20 octobre I It'ô. le comte François Sforza qui, en (jualité d'olafie. était retenu auprès du Hoi. écrit de Turin à Ludovic le More qu'un de ses serviteurs, étant à (^liieri. avait entendu certains ennemis du duc de Milan IMolérer contre lui d'injurieuses p.n.rolcs. en l'accusant d'avoir trompé le Hoi et de lui avoir l'ail jeter .'^OO.OOO francs aux Suisses. Ce n'étaient, il est vrai. (]ue propos de courtisans, et le Hoi demeurait fermement atlaclié à ses enf;a{,'einents Ivei'vyn. Lellrea el A'é(/oc..II. 233 .
i. Uobbio. entre ^erceil et Morlara.
0. Il est certain qu'il avait été très sérieusement question d'une entrevue puisque, le 10 octobre. (Charles W\\. en écrivant au More afin de lui annoncer qu il venait de ratilier le traité de |)aix. le pria d'amener avec lui le suilendemain. à Palestro. le marquis de .Manloue. (pi'il désirait voir en même temps (jue lui communication de M. l'élicier .
6. C.liarles \III quitta Trino le l.-i octobre el ^iv^mx Turin par Crescenlino. l)u IN au 20 il séjourna à Cliieii. puis il rentra à Turin et en repartit le 22 pour rentrei- en France {Séjours, cités, p. 'ai .
1. (^omm.vnes était encore avec (Charles \'III à Cliieri le 20 octobie. et. ce .jour-là. il annonça à un ser^iteul•chl comle François Sfor/.a (|ue sf>us trois jours il allait partir pour Milan. 11 lui dit aussi en pailiculier qiu- le Hoi avait résolu de l'envoyer à \'enisc. mais qu'à son avis " celait sur le conseil de ses rivaux < Lettre citée de F. Sfor/.a au duc de Milan, dans Kervyn. I. élites el .\('(fnr.. IL 233 .
'.V.\'2 .m1':m(HI«i;s uk l'iiii.ii'i'i; de (;m.\i\inm;s ■1495i
appresl. vl puis les g'arda (k- partir, mais'' on envoya deux contre nous, en lieu de tenir promesse.
Chap. XIX. Ma charité estoit, à Venise, scavoir s ilz vouloient ' accepter ceste paix et passer trois articles : le premier, rendre Monopoli, (pi il/ avoient |)rins sur n<tus; l'autre, de retirer le marquis de Manto t't aultres quilz avoient au royaume de Napples au •' service du roy Ferrande ' ; la tierce, quilz declairassent que le roy don Feirande n'estoit de la ligue quilz avoient faicte de nouveau, où estoient nommez seullement le Pape, roy des Romains, roy d'Espaig-ne et duc de Millan. Kt quant jarrivay au dit lieu ''. me recueillirent honnourahlement. mais non [)oint tant quilz avoient faict au premier couj) - : aussi nous estions en inimitié declairée. et la première foiz nous estions en paix. Je leur diz ma charge : le prince me respondit que feusse ' le très bien venu et cjue brief me t'eroit responce et qu il se conseilleroit avecques son sénat '. Par trois jours
h) mais au iunlraiii' il édil. — / viiulclinieul Pilit. — j <lu ëilil. — A' aiid. lieu de \'enise édil. — / Je dis ma cliar^o au duc de \eiiisee( il me diet c[iie Je fusse édil.
1. Confusion singulière de la part de Couiinynes, qui aurait dû se souvenir que l'expédition du marquis de Mantoue dans le royaume de Naples neut lieu qu'au printem|)S suivant, en 1 190. Cette eri-eur a paru si extraordinaire au docte auteur des Reriiin Gallicaruni comineniarii . François Beaucaire. qu'il s'est demandé s'il n'y a^ait pas quelque raison de mettre en doute l'authenticité des deux derniers livres des Mémoires éd. de Lyon. 1625. in-fol., p. lb>S. Cf. l'Introduction à la présente édition .
2. C'est le 4 novembre, dans la soirée, que l'ambassadeur arriva à Venise. Le 27 octobre, il avait été reçu à Milan par le More, puis il s'était embartjué sur le Pô. A son arrivée, le Sénat vénitien envoya quelques patriciens à sa rencontre. D'autres, qui avaient été désii^nés, prétextèrent l'heure tardive pour n'y point aller Sanudo. Spedizione , p. 651. et lettre de Taddeo Vimercati à Ludovic, en date deA'enise, 5 novembre, dans Kcrvyn. l.eltres et Négoc. III, 00 . Commynes. dont la suite était de dix peisonnes. fut logé cette fois à San Moïse, près de la place Saint-Marc, dans la maison de Matteo Baro/.i (Sanudo. /. c.)
3. Cette audience eut lieu le 5 novembre. En souhaitant la bienvenue à l'ambassadeui'. le vieux Barbarigo lui dit. a\ec quelque ironie : " Monsignor. vous avez maigri. •> Et d'Argenton de répondre sur le même Ion : Il Sérénissime prince, ce sont- les fatigues de la gueri-e. .T'y ai pei-du ce que la bonne chère que ^'otre Seigneuiie me faisait faire. m'a\ait df)nné d'embonpoint. <> Il exposa ensuite (|ue son maître, qui aimait fort la Seigneurie, désirait conclure avec elle une bonne paix et souhaitait surtout que les Vénitiens ne prétassent aucune assistance à Ferdinand d'Aragon, sa i-ésolution étant de repasser les monts pour reconquérir son royaurnede Xaples.
1 iîl'ij i.iviii-, VIII. cil Ai'iiKi: MX .'{33
liri'ut processions j^enerales et grans ausmosnes et sermons publieques, priant Nostre Seigneur qu il leur donnast grâce (le prendre bon conseil ; et me fut dit que souvent le font en cas semblables. Kt. ;i la vérité, si me semble la plus reverente cité que j ave jamais veu aux choses ecclesia.stic({ues.et qui ont leurs eji;-lises myeulx parées et accoustrées; et en cela les tiens assez esg-aulx aux Romains, et croy que la j^randeur de leur Seiiii'neurie vient de l;i, qui est dig'ne de au^'menter plus tost que de appetisser.
Pour conclusion de mon alfaire, je attendis quinze jours avant cpie avoir responce. qui fut de refux de toutes mes demandes, disant n'avoir nulle ji^uerre avecques le Kov, et (pie ce (|u'ilz avoient faict, c'estoit pour aider à leur alié le duc de Millan, ([ue le Roy vouloit destruire '. El firent j)arler à part avec([ues moy le duc, qui me olî'rit bon appoinctenient. (pii lut (]ue le roy Ferrande feroit hommaige
L'aiiibassiicleur smimil (^•iifin à l'api)i-<)l)aU(jn du Sénat los aclicles tlojà Ciniclus avec le duc de Milan (Saniido. Spedizione. p. (ibli. Quant aux dispositions du trouverncuieut vénitien, on en Juj^era par ce passaj^e d'une lettre <|u'il adressa à ce iiionient à son ambassadeur à Home : « Ce (jue sera notir ré[)f>i)se à la re((ucte ijui nous a été adressée au nom du roi de France aiin que nous cessions d'assister le roi Ferdinand, se peut inférer du décret l'endu par le Sénat qui ordonne l'envoi dans le royaume de Xaples de stradiots et de subsides ■>. Le 10 novenibi-e. l'oi'ateui- vénitien à Milan était informé du fâcheux elTet qu'avait iiroduità Venise la nouvelle que Ludovic faisait armer des vaisseaux à Génc>i dans le but d'aider les Français à reconquérir Naples. .yjoutons cpie dés le .') décembre, on était mieux l'enseijrné à Venise sur les véiitables desseins du More et qu'aux reproches succédait l'envoi de téiuoij;natrcs de satisfaction .S'en. Serr.. W.W. lO.'i. I!»", 203. 210).
1. C'est le IS novembre (ju»; Comm\nes fut con\ié à entendre la réponse du Sénat. Si on en crovail Sanudo Siiedizione. p. (kî6j. cette i'ép(mse aiu-ait été crjurte mais 1res ni-lte. La Seijjneurie. ayant i-ésolu de délivrer l'Italie entiéie du Jouj;' de l'éti'anjrer. ne pouvail pas ue point assisler le roi Ferdinand. Et l'annaliste se borne à ajouter ces mots : •■ Er^o non fonno d'accordo. >< Moins ti-anchant flans sa forme est le texte de la réponse faite à d'.Vrfrenton. telle que le doj.'-e la communi(jua aux ambassadeurs de la lifrue et telle (pie \'imei'cati la rapporta le I!» novembre au du<' de Milan. Le " prince ". après (picl(]U(;s complimenls à rorat(uu' du Roi T. (]., s'excusa de ne pouvoir répondre aux dcniandes (|u'il avait présentées, sous le prétexte (pie le>< auti'es membres de la lif,'ue. (jui en avaient été avisés, n'avaient pas encore envoyé b^ur a\is. .Vu reste la Seif.'neui-ie n'entendait pas avoir rompu avec le Hoi. et si elle avait assisté ses confédérés et avait l'intention de les assister encore, c'est (pie le Hoi ne cessait de faire tmt au l'apc. chef <le la lifruf. La Sei^rneuric ne pouvait <pi exhoiler S. M. à tout faire afin d'enlexer aux Infidèles l'occasion d CriNaliir la ("hrétienlé. et <"lle lui ollrait >;fs bons ollices |)our cria .\r-ch. de N'cnise. Sen. Serr.. \XW .
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au Roy du loytiuluie'" . du consentemont du Pape, et (|u"il paieroLt cinquante mil ducatz 1 an de cens, et quelque somme content (|uil/. presteroient. Ht entendoient. inoiennant ce prest. avoir entre leurs nmins les places quilz ont en Fouille, comme Brandis . Ottiante. Tranne,et autres. Aussi baille oit ledit don Ferrando ou laisseroit au Roy quelque place en ce quartier de Rouille pour seureté ; et vouloient dire Tarante, que le Roy tenoit encores. et en eust baillé une ou deux davantai^e : et fondoient " de les bailler de ce cousté pour ce que cestoit le plus loinj^ de nous et en lieu pour servir contre le Turc, dont le Roy avoit fort parlé quant il entra en ^ talie. disant que à ceste fin faisoit ceste entreprinse et pour en estre plus près : qui fut une très meschante mention ". car cestoit mensong-e et à Dieu ne peult Ion celer les pensées. Oultre me ofTrit le dit duc de Venise que si le Roy vouloit entreprendre contre ledit Turc, (ju'il auroit asses places en ce que je dis, et que toute 1 Ytalie y contribueroit, et que le roy des Romains feroit la g^uerre de son cousté aussi, et que le Roy et eulx tiendroient toute lYtalie et que nul n'y contrediroit à ce qu ilz en ordonneroient, et que. pour leur part, serviroient le Roy avecques cent g'allées à leurs despens. et cinq mil chevaulx par terre '.
Je prins cong^ié dudit duc et Seig'ueurie. disant que en leroye le rapport '. Revins'' k Millau et trouvay le duc de
m du riiyaunu- de Naplcs édil. — n' el sUllrnienl édit. — o invention ëdit. — p le l'appm-t au Roy. .Te revins édil.
1. Tout eeci parait très précis, mais ne peut être e')ntrolé. naturellement. Tout ce qu'un peut dire, c'est t|ue de pareilles propositions, si elles furent véritablement faites, n'otit pu avoir ijunn objet, leurrer le ^'ouvernemenl français. Et puis les Vénitiens n"avaienl-ils pas annoncé à Ludovic qu'ils ne manquei'aiont pas <• di havere considcratione cuni circunispectione. e circa el parlicolare de M g''" de Argrentone?» iKervyn. Lettres et yérjoc. cit.. III. OS s.
2. Comniynes quitta Venise après avoir exprimé avec beaucoup de politesse son reg'ret d'avoir échoué dans sa mission. 11 lui fut remis vintrt-cpiati'e brasses de velours cramoisi " in sejrno era accepto a questa terra ".et on le pourvut de deux numtures pour faii'e la route jusqu'à Milan Sanudo. Spedizione. p. 656 .
149oJ [jviii: VIII, ciiAi'iiRK xix '.VM\
Milliin à \ ig-esve ', où estoit ung- niuislrc criiostel du Hov. appelle Hifj^auU -. ambassadeur'/. Ledit duc vint au devant de nioy, t'aii^nanl chasser, car ilz sont ainsi lionnourables aux ambassadeurs. Il me fist loger en son chasteau et très ^rant honneur. Je luv supplia y de pouvoir parler à luv à part : il dist qui! le t'eroit, mais il monstroit sione de ne le cherehei- point. Kl le voulois presser de ces naves qui nous avoil promises par ce traicté de Verseil. qui estoient en estât de partir (et encores tenoit ledit chasteau de Xapples), et il faignoit de les bailler. Et estoient à (îrennes, pour le Uoy, Peron de Basche son maistre dhostel, et Estienne de Neves, ([ui soubdainement m'escripvirent dés ce tjuilz sceurent ma venue là, se doulaiil dv la tromperie du duc de Millau, qui laij^noit de leur bailler les naves et au contraire en avoit «'nvoyé deux contre nous. L'un jour respondoit le g'ouverneur de (iennes ((u il ne soullViMoil point ([ue lesdites naves fussent armi'es de Françoys et que en chascune n en montei'oit '■ que vinj^t cinq, et mainte aultie excuse de ceste sorte, dissimulant et attendant les nouvelles (jue ledit chasteau de Xapples fust rendu, oîi ledit duc sçavoit bien qui n y avoit vivres que pour ung moys ou envyron ; et Tarinée (jui se faisoit en Prouvence nestoit point souflisante pour taire ledit secours sans lesdites deu.x naves, car les ennemys avoient devant ledit chasteau grosse armée de mer, tant il'eulx que de Venissiens et' roy dEspaig'ne-^.
Trois jours f'uz avec(jues ledit duc. L'ung- jour se mist en conseil, se courrouçant que ne trouv(ne bon la responce
(/, ni}i:aut Dorelh's, anibassadciii' pour le Hoy édll. - ;• inonslrcro ins. : n en nicltroit êdil. — s et du édil.