ialéas de San Séverine, ^entlre du More
[1495J LIVIU-: viii, chapitre xix 337
et joindre avecques nostre armée, et tjue eneores vouKiit faire ce service au Hov que de luy saidver son cliasteau de Napples, et que, en ce Taisant, il lui saulvi;roit le ro\ aulme-^ (et disoit vray, s il leust faict; ; et que, quant elles seroient parties, il le m escriproit de sa main, atin que par moy le Boy en sceust les nouvelles le premier et cju'il veist tpie je luy avois taict ce service, et que le courrier me joindroit avant que je t'eusse à Lyon. Et en ceste bonne espérance me partiz et me miz à passer les nions, et ne oyoie venir poste derrière moy que je ne cuydasse que ce fust celuy qui me devoit apporter les lettres dessusdites, combien que j'en t'aisoie ({uelque double, con^noissant l'homme. Et vins jusfjues à Chambery ', et trouvayw mons'' de Savoye -', qui me lisl bonne chère et me retint ung jour; et puis vins à Lyon, sans ce que mon courrier vinst. Du tout feiz mon rapport au Koy, qui lors y estoit \ entendant à faire bonne chère et joustes-; et de nulle aultre chose ne luy challoit. Ceulx qui avoient esté courroucez de la paix de Verseil, furent fort joyeulx de la tromperie que nous avoit faict le duc de Millau, et en acreut ■' leur auctorité ; et me lavèrent bien la teste (comme on a accoustumé faire es cours des princes en cas semblables!, si en estois je assez marry '' '. Je comptay au Hoy et monstray par escript l'oifre
x) le i'<j\aiilinc de Naplcs éilil. — i/j où je trouvay édil. — :) et jouxter édil. — a crcut édil. — A» i semblable cas. Bien estove iré et inarrv êdit.
I. ( >ii |)nuiiiiil iToiit' que (loiniiiN lies |)assa les Alpes au M<inl-Cenis et }ca{j:na C.liauih.'rN- par la vallée de l'Ai-e : mais ce passafi:e ne parail pas avflirété très pratiqué à cette époque .lacq. Si^ruot. Totale et vr.iye description de lotis les juissaiges. Paris. 151.')^ Il est donc aussi probable qu'il suivit au retour la route ilu Mnut (ienèvre et qu'arrivé à (îrcnoble. il remonta la \allée de risér-e juscpi'à (>liambéry.
:!. l'Iiiiippe de Bi'e-se. sans doute. ],c duc Charles II n'avait que sept ans.
3. (^Iiailes \l\\ lit une cnlrée triomphale à I>yon le " noveudore 1495, se lo^fca à larchevcché, pi-ès de l'église Saint-Jean, et y demeura jusqu'au !t février I Sî'G. Il donna aux églises de L\on. pour en faire fies cloches, les pièces d'artillerie qu il a\ ait prises en Italie Gonon, Séjours de Charles \ 111 et lie Louis XII il Lyon, p. 2S s. .
1. M. de Boislisle s'est appuyé sur cet aveu de (^oinmynes pour l'accuseï'
<1 avoir, à \'erceil. ■• cédé la |)roie pour l'ombi-e ■• et de s'élre, par son imjié-
rilie. octroyé une lourde part de responsabilité <■ dans la défaite finale.
devenue inévitalile fin jour où une diijlomatie mal inspirée n-ndail au duc
I)f .Masdbot. — Mérniiirea de Plulippe de Commynes. - II. •.'.'
334S MÉMOIRES ni; i'iiii.ii>i'i; rji; commy.nk.s '1495j
que N'eiiissiens luy faisoieut, (jue avez entendu devant, dont il ne lit nulle extime, et moins'' le cardinal de Sainct Malo, qui estoit celuy qui conduisoit tout. Toutesfoiz en parlay une autres foiz, et me sembloit qu'il eust mieulx vallu accepter cest oll're que de perdre le tout ; et aussi je ne veoys point gens pour conduire telle entreprise, et ne appelloient nul qui leur peult aider, ou le moins souvent qu'ilz pouvoient. Le Roy Teust bien voulu, mais il estoit craintif de desplaire à ceulx à qui donnoit le crédit, et par especial à ceulx qui manyoient'^' ses linances, comme ledit cardinal, ses frères et parens. Et est bel exemple pour les princes^, car il fault qu'ilz preig-nent la payne eulx mesmes de conduyre leurs atïaires et qu'ilz y en commettent six pour le moins, et quelquefoiz/^ en appeller d'autres, selon les matières, et les tenir presque esgaulx ; car, s'il y en a ung si grand que les autres le craignent (comme fit le roy Charles hujtiesme et a faict jusques icy, qui tousjours en a eu ung), cestuy là est roy et seigneur quant à l'elfect, et se trouve le maistre mal servy, comme il a faict de ses gouverneurs, qui ont très bien faict leurs besongnes et mal les siennes ; et si en a esté mains estimé.
rchap. XX. j Mon retour à Lyon fut l'an MCCCClllL" XV, le XIT' jour de décembre f, et avoye esté dehors, audit
c) et ninins encores édit. — cl) menaient édil. — e .1 cet endroil, le ninniiscril porte en marge le mot Nota. — /' et qu'ils pren^nent la peine de concliiire eulx mesmes leurs alTaires, poiu" le moins c[uelqueslV>is S;i(ir.; leurs affaires pour le moins, et quelquefois iençf. Diip. — q\ de décembre, auquel lieu estoit ja arrivé le Roy à toute son armée, et avoit esté dehors aud. voyaige bien un-:: an et environ deu.^c mois Sauv. Len<] . Du p. L'éditeur de 15'2S avait imprimé : avoit esté dehors, au dict voyai^e. vingrt al deux mois.
de Milan sa liberté d'action, sans aNoir su annuler celle des autres confédérés, qui menaçaient plus immédiatement la conquête de Charles VIII » {Et.de Vesc. p. 152^. N'est-ce pas mettre en oubli que, hors les bandes suisses dont on n'avait pas osé se servir, et pour cause, les forces françaises étaient réduites à pres([ue lùen, que le roi el son entourage en avaient assez, que Charles VIII se souciait peu de jrrandir Louis d'Orléans en le faisant duc de Milan, que la Fi-ance i-efiisait des subsides nouveaux, et qu'enfin l'hiAer était proche? Les fjens i-aisonnables de ce côté des monts voyaient cela et parlaient tous comme M. d'Arj;\'nton cf. une lettre de l'amiral de Graville. dans Ymherl île Batarn»}!. p. 198^.
JiUo LivnK Mil, «HAi'irm: \\ 339
vovag'e. vingt deux mois'. Et tenoient encores les chasteaulx de Napples-, comme jay dict poy plus avant; et estoient encores audit royaulme de Xapples mens'' de Monpencier, lieutenant du Koy, et à Salerne, avecques le prince du lieu, et mons' d'Aubigny en Galabre, où p;-esque tousjours avoit esté malade; mais bien grandement'' y avoit servy. Et messire (iatien de Guerres estoit en 1 Abrusse, et Don Julien ' au Mont Sainct Angele, et George de Sully à Tarante, mais le tout tant pouvre que nul ne le sauroit' penser et tant habandonné, sans avoir à grant pe\neunes nouvelles-/; et celles qu'ilzavoient n estoient que mensonges et promesses sans elîect. car, comme dit est, le Hoy de soy ne faisoit riens. Et qui les eust seullement fourniz des sommes d'argent, à heure, dont on a despendu six foiz le double, jamais n eussent perdu le royaulme : et vueil dire de quarante mil ducat/, seullement. qui'' leur fujrenjt envoyez quant tout lut perdu, pour part de leur soulde d'ung an et plus', que s'il/, fussent arrivez ung mois plus tost, les maulx et hontes ({ui leur advindrent, comme entendrez"', ne leur lussent point advenues ne les divisions, et le tout par t'aultc (pie le maistre n'expedioit riens de luy, ny n escoutoit les gens (jui en venoient ; et ses serviteurs cpii s en mesloient estoient poy expérimentez et parrasseux. et cro\ (pie quelque ung avoit intelligence avecques le Pape. Et semi)loit (pie Dieu laissast de tous poinctz à faire la grâce au P«oy «pii lui avoit faict à l'aller.
.Kpres (piil eut st-jounic à Lyon deux inoys ou envyron.
h \>icn i'[ '^i-undcmciil éilit. — i |)iiiii-ri)il e»///. — / uiu' iioiixolic i>u Icllrc (^ilit. — k l't finablemcnl \inclreiit (juaranle mil diicalz ([i^i dtlil. — /) d'ungau : cl y a plus édil. — nii cnlcndcz édil.
I. (Jiuuiiifiici- au ui'ii'- daùùl 14'Jl et terminé au mois de dcf.uihrc 1195, le •■ v<i%a^e " pi"(j|)i'euient dit avait duré, jinur (^nmniyues, de seize à dix-sept lunis. PiiMP arrivera \inj:l-deu.\, il faudrait qu'il eut ciiinplé les mois qu'il avait i)assés hors fie sa maison, à Lvon ou ailleiu's. avant son départ pour rilalie.
*-'. Ceci n'est pas strictement e.\acl ])our le Château Xeuf, <pii ouvi'it ses portes le S décembre M'.>b : mais le ChAteau de l'fï^ur ne fut e(l'ecti\'emenl rendu tjue le 17 l'évriei- I ICiî.
'. .\nt. de \'ille. sei;^neur de Domjulien (ci-dessus, p. iX^ .
,'^iU .Mi:\i(»iai;s dk l'iiii.nMM-; m; cd.MiMV.NKs 1495]
luy viiulit'iil noLivi'lles coinmc inonseij^neur le Daulphin, son seul (il/, estoit en povW de mort. Frois jours après luy vindrent nouvelles qu il estoit trespassé '. Ledit seigneur eu eut deul comme la raison le veult, et poy luy dura"; mais la mère", royne de France et duchesse de Bretaigne, appellée Anne, en eutf le plus g'rand dueil qu'il est possible que femme puisse faire; et lono;uement luy dura'^. Et croy que oultre le dueil naturel 'que les mères ont acoustumé d'avoir de la perte de leurs enlfans, que encores luy jugeoit le cueur quelque g-rant dommaige advenir. Au Roy son marvdura poy ce deul, comme dit est, et la vouloit' reconforter de faire dancer devant elle ; et y vindrent aulcuns jeunes seigneurs et g-entilzhommes, que le Roy y lit venir, en pourpoint, pour dancer, et entre les aultres y estoit le duc d'Oileans, qui povoit bien avoir trente quatre ans ' : dont la dite dame fut merveilleusement dolente, car' il luy sembloit bien qu il avoit joye de ladite mort, à cause qu'il estoit le plus prouchain de la couronne après le Roy ; et furent long temps après sans parler ensemble, pour ceste cause. Ledit daulphin avoit envyron trois ans, bel enflPans et audacieulx en parolle, et ne craignoit point les choses que les aultres enll'ans ont acoustumé de craindre ; et vous dis que pour ces raisons le père en passa aiséement son deul, aiant desja doubte que toust cest entfant ne fust grant, et que, continuant ces conditions, il ne luy diminuast lauctorité et puissance ; car si petit homme de corps ne fut jamais que ledit Roy et poy entendu, mais" si l)on qu'il n est
n) mais peu luy (iura le fiueil édit. ~ n] Le mol niere esl omis dans les édil. — p) en mena. — (/ luy dura ce dueil èdil. — ;•) lamour nalui-elle ms. — s voulut édil. — t' Les hiiil derniers mois, dont elc, sont omis dans les èdil. — u) car led. Roy ne fut jamais que petit homme de corps et peu enteuflu. mais estoit édil.
1. Le tj décembre 1195, à Amboisc. La (ïazette des lîcaux-Arls adonné, dans son numéro du I" août J90Liine reproiluction d"un portrait du dauphin C.harles-Orland, (|ui l'ut e\pt>sé à Tours, en isiM). Ce portrait, peint au mois de décembre 1 i9i. aurait été jjei'du à l'\irnoue et porté à ^'enise, oVi il était encore en lô'i'2. On ifiuorc ccmimenl et quand il en est revenu (Art. de Cam. Benoît. La peinlure l'ran(;aise à la /in du X \ '" .s. .