Ci-dessus, t. I, p. 74 : cf.. IL
342 MKMoïKKs \)\: l'iiii.ii'i'i': i>i: i:<>m\iv.nks \ W)
à leurs seif^^neurs, devroient vivre en forant desconfort si les jjj^rans princes et seijj;'neurs n"a voient que tout plaisir en ce monde et eulx tout'' travail et misère; mais la chose va bien aultrement. car si je me vouU>ye mettre à escripre les passions (jue jaiveu porter auxg'rans. tant hommes cf)mme femmes, puvs trente ans seullenienl. j'en feroys uny; livre'. Je n entends point àJ ceulx qui sont des conditions de ceulx qui sont nommez au livre de Bocasse ', mais entends à'' ceulx et celles que on veoit en toute richesse, santé' et prospérité ; et ceulx c|ui ne les praticquoient point de si près comme moy. les repputoient estre bien eureulx. Et si ay veu maintes foiz leurs depplaisirs et douleurs estre fondez en sy poy de raison que à grant peyne l'eussent voullu croire les g-ens cpii ne les hantoient point, et la pluspart fondez"' en souspessons et rapports, ([ui est une maladie cachée qui règne es maisons des crrans princes, dont maint mal advient tant à leurs personnes que à leurs serviteurs et subjectz ; et s'en abbrevient " tant la vie que à 52^rant peyne se voit nul roy en France, despuis Charlemaigne. avoir passé soixante ans. Pour ceste suspection, quant le roy Loys \ int approucher" de ce terme, estant malade dautre maladie, se'' jug^eoit desja mort. Son père Charles septiesme, qui tant avoit faict de belles choses en France, estant malade, se mist en fantasie qu on le vouloit empoisonner, ne ne'/ voulut jamais manger. Aultres suspictions eut le roy Charles sixiesme, qui devint fol : et tout par rappors, qui doit estre repputé à grand faulte aux princes ({u ilz ne les avèrent, quant ce sont choses qui leur touchent, encores que ne fussent de trop grant inq^ortance. car par ce moyen ilz n en
h] tout esl omis dans les édit. — i iinj;: gros livre édit. — j, de ëdit. — k, de édit. — l) en toute riche santé éd. Diip. — m) estoient fondez édit. — ;i abrègent Sauv.; abrège Leng. Dup. — o) et approcha édit. — p estant malade de ceste maladie se Sauv. Dnp. : estant malade, se Leng. — (f par (|Uoy il ne édil.
l. A l'époque où cette partie des <• Mémoires » fut rédigée ^c"est-à-dire en 1497\ la traduction française du De casihus virorum et feminarum illustrium. par Laurent de Premierfaict, avait été plusieurs fois imprimée, à Bruges dabord, en J476. puis à Lyon et à Paris, en 14S3, et en 1491.
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auroieiit point si souvent; et t'auklroit letlire'" aux personnes lun;^ ilevant 1 autre, j'entends à lencusour et à lencusé', et par ce moven ne se feroit nul rapport, s il n estoit véritable. Mais il y en a de si bestes qui promettent et jurent nen dire riens, et par ce moyen en portent' aulcunes foiz ces auiçoisses dont je parle, et si liaient le plus de foiz les iiK^lleurs et les plus loyaulx serviteurs et leurs font des dommaif^es, à 1 "appétit et rapport des plus meschans". et" de içrans torts et de g"rans orriefz à leurs subjectz.
Chap. XXI. Le trespas de monseif^neur le Daulphin, seul lilz du roy (Charles huytiesme. fut envyron le commencement de lan MCC.CC^IIII''^ et XVI '. «jui luy lut la plus fj^rant perte qui jamais luy fut advenue ne qui luy peult advenir, car jamais n'a plus eu eniTant qui ait vescu. Ce mal ne vint |)oint seul, car en ce propre temps luy vindrent nouvelles que le chasteau de Xapples estoit rendu par ceulx que mons'" de Monpencicr y avoit laissez, par famyne "' et aussi pour ravoir les ostaig^es que ledit seigneur de Monpencier avoit baillez, (jui estoi[en]t mons"" d Alegre. ung' des entl'ans de la Marche d'Ardanne, et ung appelle de la Chapelle, de Lodunoys. et ung appelle Jehan Uocquebertin. Catelan. Et revindrent par mer ceulx qui estoient audit chasteau.
Une aultre honte et d(»mmaige luy advint que ung- appelle Entraj^Lies. (jui tenoit la citadelle de Fisc, qui esloit le fort et qui tenoit cesle cité en subjectioii. fut baillée par ledit Entragucs aux '■ Pisans. qui estoit allé contre le sercment
r fauklroil en domander édit. — s de raccusateur et de l'accusé édil. — l) ilz emportent édit. — u* de plusieurs meschans édit. — r^ et par ce mriyen font édit. — ir .1/"" Dupont a imp. lamine, en ado])t;int une correction projiosée fiar Sauraffe en nianje de son le.rte fol. CLX . Toutes les anciennes éditions portent ra\eur. .\otre ms. tranche la question, comme on le voit. — .r' unjr appelle d'Entrajjues... bailla lad. citacîelle aux édit.
1. Le dauphin Charles-Orland mourut le 6 décembre 1495, et l'année J496 ne commença, en France, que le 3 avril, cesl-à-dire le jour de Pâques. 1- erreur est dr>ne inexplicable, d'autant que. cjuclques liftnes plus bas, (>ommynes dira que la reddilion du Chàleau-Neuf de Naples fut contemporaine de celle morl. et on a vu que cette forteresse capitula le H décembre 1495. Il est possible que les mots ■■ fut environ le conuuencement de l'an 1496. qui.. .. soient une addition postérieure à la rédaction orijrinale. à nuùns (|ue Conunynes n'ait sonpé au style de Noël, usité en Itaiie,
34 i .Mi-:.\i()iHEs Di; imuiji-i'i: t)i; cummv.nes [1495J
(lu Hoy. qui deux foiz jura ausdils Florentins leur rendre ladite cité et autres places, comme Seresanne, Seresannelle. Pietresancto, Librefato et Mortron, ({ue Florentins a voient prestées audit seig-neur, à son p;-rant hesoing' et neccessité, t"! son arrivée en Ytalie, et donné six ving-t mil ducatz, dont il ne restoit que trente mil k paier. En ({uelque autre endroit en a esté parlé. Mais toutes ces places furent vendues. Les Gennevoys achapterent Seresanne et Seresannelle, et leur vendit ung bastard de Sainct Pol. Piètre Sancte vendit encores ledit Entraînes aux Lucoys, et Librefate aux Veniciens ; le tout à la g-rant honte du Roy el de ses subjectz, et donimaig'e et consumniation de la perte du royaulme de \apples'. Le premier serement, comme dit est ailleurs, que le Roy lit de la restitution des dites places fut'' H Florence, sur le grant autel, en léglisede Sainct Jehan -. Le second fut en Ast '. quant il fut retourné, et presterent '' les Florentins content trente mil ducatz audit seio-neur, crui en avoit bien fjrant besoins, par condition que si Pise se rendoit. que le Roy ne paieroit riens de ladite somme et seroient renduz les gaiges et bagues que on leui' bailloit. Et si dévoient prester audit seig-neur encores soixante dix mil ducatz et faire'' paier contant, au royaulme de Xapples. à ceulx c|ui encores
y} lut faict édit. — sj en la grant église édit. — a fut en Ast. (^)uant il (ut retourné, presterent Dup. — /)' et les l'aire édil.
1. Soutenu par le comtede Ligny,crEntrai^ues signa, le 18 septembre 1495. un engagement par lequel il promettait au.x Pisans de leur livrer cette forteresse si. dans trois mois, le roi de France n'avait pas reparu en Italie. Les elTorts sincères de Charles VIII pour contraindre Ligny et son lieutenant à obéir à ses injonctions furent vains, et, le 1" janvier- 1496, d'Entraigues remit aux Pisans la roque avec toute son artillerie contre une somme de 14.000 ducats. Il avait pris soin auparavant de Icui* faire prêter serment au Roi, de sorte que Ciiarles ^'1II parut aux Italiens sctre fait le complice du comte de Ligny et de son lieutenant Delaborde. Eipédilion. \>. 677 s. ; cf. Paul Jove. qui fournit des détails sur la guerre des Florentins contre les Pisans, Trad. Snuvaffe. I, 113 ss. '<.
2. Lisez devant lautel de Saint-Jean, patron de Florence, en l'église cathédrale de Santa-Maria del Fiore.
3. C'est à Turin, le 26 août 149.'j, qu'aboutirent les négociations reprises à Asti iDesjardins, .Ve(/oc(;i//on.s. I. 630-635: cf. Delaborde. Expédition. p. 662 s.).
! 1496 i.iviŒ Mil. c;iiAPiTRK .\\i 3io
estoient là pour le Hoy. et tenir audit rovaulme trois cens hommes d'armes continuellement, à leurs despens, au service dudit seii'neur. juscjues à la fin de l'emprise. Et pour ceste mauvaistié ditte, riens ne se fisl de ces choses, et faillut; rendre lesdits trente mil ducatz que les Florentins avoient prestez : et tout ce domnuii^e par l'aujte d Obéissance et pour rappors en l'oreille, car aidcuiis des plus près de luv donnèrent cueur audit Entraguez de ainsi le l'aire.
En ce j)ropre temps, deux moys plus ou moins, au commencement de cest an MGCCCIIII^^X\ 1. voyant nions' de Monpencier et le seig-neur Mrg-ille l'rsin. messire (^amil \ itelli et autres cappitaines fran^oys que tout estoit ainsi perdu, se mysdrent aux champs et prindrent (pu'lzques petites places '. l'it là leur vint au devant le roi Fcrrande, tilz du roy Alphonce. (pii sestoit voué de relig'ion, comme avez veu devant. Avecipies ledit roy Ferrande estoit le manpiis de Mante % frère de la femme dudit seigneur de Monpensier et cappitaine gênerai des ^'eniciens, qui trouvèrent log'ié ledit de Monpencier à une ville appellée
1. A l'autonine de li'J5, Vir;j;inin Orsini. soudoyc par Pierre de Médicis, leva une bande de mercenaires et tint <[iielqiie temps la eampajine contre les foi-ces des Klorenlins. Entre temps. ci>nime le succès ne se dessinait pas. il accepta les propositions de Camille \'itelli et du seifïneur de Girael. et entra a\ec ses lils au service du rtii de France, inalf;ré les etlorls de Ludovic le More et du pape Ale.xanilre VI. Prenant coniié de Médicis «puisé d'argent, il travei'sa les Ktats de 1 Éjrlise et. suivi d'un millier de cavaliers, pénétra dans les Abi-uz/.es avec son tils Jordan, Paolo et l-'ranciolto Orsmi. Liviann et Antonio Conli et les IJajrlioni. De leur coté. Camille et Paul \'itelli, à la tète de îOO cavaliers, le bailli de \'iti'y. ji'ouverneui- de lAbiuz/e. Gratien de (ïuerre. Jean de la Hovére et Si^nsmond (^antelmo réussii-ent à s'empai'ei" de quelques places : Aquila. Monteleone. I-anciano. etc. P. Jove, Tr:\d. cil.. I. 130 ss.: cf. i^anudo. Diarii. I. '.iô s. .
2. Ferdinand d'Arapm, sans arjrent.sans armi'-e. presipie entouré par ses adversaires, avait adressé un pi-cssant apjjel au.\ \'éniliens. Ils y répondirent par l'envoi d'un corps de troupes commandé par le martjuis de Nlantoue. N<mimé capitaine ^'énéral, et assisté de Piero Ca|)ello comme provcditeur. il s'embarqua sur le Po au milieu du mois de l'éx rier I 196 a\ec l'élite deses K'ens. débarcjua à l{a\ enncKa^rna Home 2Gmai's et de là, parSanCermano. (Papoue 2avril et lJéné\ent 12avril . où il rejoi[::nil l*'rédéiicd'.Arafrf)n, oncle du roi Ferdinand, qui gardait cette ville, appartenant au Pajjc, contre les P'rançais, qui s'en ajjprochaient de tous cotés. (îon/a^ue a\ait alors avec lui 1.500 cavaliers, dont '00 Grecs et .Mbanais.et 1.000 fantassins que les vaisseaux vénitiens avaient débarqués en Pf>uille P.Joxe. Tnul. Suiwiifie.l, 132 s.: cf. la Chronique du marifuis de Munluuc, p. JOO s.. (|ue Jo\c a certainement consultée, bien ((ii'il ait eu encore d'autres sources à sa disposititm. et Notar Giaconio, Cronicii di .\npnli, p. 202 .
•iU) Mi!:M(iiiii:;s !)!•: i'Hiupim; dk co.m.mvnk.s il496j
1 Estelle, lieu très desavantag'eux jDour eulx pour avoir vivres ' Et ledit Ferrande et marquis de Mante se logèrent en uii;< hault et forlilïierent leur log-is comme'' ceulx qui craig-noient la bataille, car ledit roy Ferrande et ses t^ens avoient tousjours esté batu/. et en tous lieux, et ledit marquis venoit de'' Fournove, où nous avoit combatuz''. p]t/^ avoient Veniciens en g'aig-e six places en Fouille, de g-rant importance, comme Brandis. Ottrante. Galipoly, Tranne et autres- : Monopoly tiennent aussi, qu'ilz avoient prins sur nous ', qui valloit poy ; et presterent quelque somme d"ar<,''ent audit
c |J(HU' a\'nii- \ivros; et on uu.i;' hault lV)rUliercnl Icui's lof;is, coiiiine édil. I')-Ji'f el /)»/). Sanviif/e et Lcnfilel ont xubstiiné a\aiila};eiix <■( (lL'sa^•antafrellx. mol (fui paniil s'appliquer au.r Fi-ançais. Tous ont omis les mots Et Iccl. Ferraiule et mai-ciiiis de Mante se lnj;çerent. — d) en venant à cdit. — e nous avions combatu e(/i<. — f) Toute la phrase, qui commence en cet endroit, a été diversement corrompue par les précédents éditeurs.
1. A l'approche des forces du marquis tle Mantoue. les Français s'étaient divisés. Virginio Orsini était d'avis de passer dans la Terre de L ibour. afin de tendre la main à Etienne de Vesc. qui avait reçu queUpies renforts à Gaëte, et de marcher avec lui sur Naples. Mais Mijnfpensier et Précy prétendirent poursuivre plus avantaf;eusemenl la fîuerre en Pouille, où ils ne voulaient pas abandonner à Ferdinand, poste à Fogji'ia. les 100.000 ducats rapportés par l'imposition qui frappait, au printemps, chaque tétc de bétail au moment où les troupeaux quittaient la plaine pour la montaji^ne. En conséquence, le prince de Salerne. Gratien de (Tuerre, et les 'S'itelli furent envoyés en Campanie au devant des Français et des Suisses ([ui arrivaient de Gaëte [Lettre de Gah. dWlhrel à Charles VIII. en date de •< Saint-Marc ». 31 juillet '1496 , imp. dans Dupont, Preuves de Commi/nes, III. 1.32 ss. . Au commencement d'avril, les forces françaises étaient réunies au nombre de l.KH) lionnnes d'armes et de 4.100 chevau-légers. (la. t>. 000 fantassins, Allemands. Suisses, ou tiascons. et de dix enseifines de j^ens de pied, amenés par les princes de Salerne et de Bisig:nano, de Calabre et de Basilicate. La lutte s'enf;afiea d'abord avec Fabrice et Pi-osperColonna. qui tenaient Troia et Lucera. Montpensier visait Manfredonia et li>s parasses du Mont Gariiano. où se percevait le péag-e. L'arrivée du niarcjuis de Mantoue. qui opéra sa jonction avec F^erdinand, changea la face des alîaires. Les razzias des deux ad\ersaires portèrent le désordre dans les troupeaux en marche vers la montagne, si bien que l'imposition ne put être perçue. Retournant sur ses pas, Montpensier prit la dii-ection de Naples, suivi de près par l'ennemi '2.î mail. Les Français manquèrent Bénévent. et Camille Vitelli se tit tuer devant Circello (26 mai . Arrêté par ses Suisses et par ses Allemands, qui refusèrent de se battre avant d'avoir été payés. Montpensier se décida à interrompi-e les opérations, et toujours poursuivi par les Ai'agonais, il vint se loger le 23 juin à Atella J'Estelle,, sans pouvoir pousser jusqu'à Venosa. où sa position eût été plus favorable ''P. .love. Trad. Sauvage. I, p. 133 ss.\