Mola di Bari et Polignano
3. Après la prise de lieggio par Ferdinand d Aragon. Grimano, à la tète d'une tlotte vénitienne, mit le siège devant Monopoli, qui fut vaillamment défendu, mais finit par être pris d'assaut P. Jove. Trad. Sauvage. I. p. S" .
\ 't\H\] i.ivuK VIII. t;ii \i'i ir.i; \\i -ilT
rov Ferrande. Et coiiiptoient" le service de leurs «i^eiis d armes qu'il/ avoient audit royaulme, et tant qu ils tiennent lesdites places, 'pour deux cens cinquante mil ducat/., et puis veuUent compter la despence de les <^arder : et croy que leur intention n'est point de les rendre, car ilz ne l'ont point de coustume (|uant elles leurs sont bien séantes, comme sont ceulx icy (jui sont de leur cousté du <.foufFre : et par ce moyen ont vrays seigneurs dudit j^ouilVe. (jui est une chose quilz désirent bien. VA me semble que tiudit Ottrante. qui est le lin IjduI du g(iulVr(\ y a neuf cens mille jusques à \'enise. Le Pa[)e y a Ancone et aultres places '' entre deulx: mais il iault cpie tout paie jj:abelle à \'enise. qui wult navij^er' par ledit gouffre , et est plus tarant chose pour eulx d'avoir acquis ces places que beaucop de j^ens n'entendent, et en tirent grands hledz et huylle. ({ui leur sont deux choses bien séantes.
En ce lieu dont je parle *. survint question entre les nostres, tant pour les vivres qui se commencèrent à acoui'sir, (pie pour la faulte d'argent : car il estoit deu aux gens d armes d'un an et demy et plus, et avoient endurez de grans pouvretez. Aux Almans estoit aussi largement deu, mais non point tant, car tout l'argent que mons' de Monpt'nciei' povoit liner audit royaulme estoit pour eulx : toutesloiz il leur estoit deu dung an et plus ; mais ilz avoient pillé plu.sieurs petites villetesJ, dont fort estoient enrichiz. Toutesfoiz, si les quarente mil ducatz. que tant on'' leur avoit promis envoyer, eussent esté là, ou que on eust sceu quilz eussent esté à Florence, le débat qui y advint n'y fust point advenu : mais- tout estoit sans espoir. Toutesfoiz, comme m ont dit plusieurs des chiefz. si noz gens eussent esté d'accord pour combatre. il leur sembloit qu ilz tussenl gaigné la bataille, et Cjuant ilz l'eussent perdue, ilz
7 conti'irnl éilit. — /i) y a eu Coine... éd. I'>if}: y a eu autres places Saur. l.eiKj. — / uai^'cr éilil. — / villes èilH. — A" que tant de fois on èilil
\. A Alella.
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noussenl point perdu la moictié des j^^ens qu'ilz perdirent en faisant un^ si villain accord qu'ilz firent. Mons'' de Monpencier et le seigneur Virg'ile Ursin, qui estoient les deux chiefz, vouloient la bataille ; et ceulx là sont mors en prison, et ne leur fut poinct observé ledict appoinctement. (]es deux que je dy chari^eoient' mons' de Perev, unjj;- jeune chevalier d'Auverg-ne, d avoir esté cause que 1 on ne combatist ; toutesfoiz il estoit ung- très vaillant clievalier. peu obéissant à son chief'".
1 y avoit deux sortes d'Almans en cest ost. Il y povoit avoir quinze cens Suysses, qui y avoient esté dès ce que le Hoy y alla : ceulx là le servirent loyaulment juscjues à la mort, et tant que plus on ne sauroit dire. 11 y en avoit d'autres que nous appelions communément Lansquenetz, qui vault autant à dire comme compaii^nons tle pais ', et ceulx là bayent naturellement les Suysses. et les Suysses eulx. Ceulx [cyj, sont de tous pays, comme dessus " le Rin. du pais " de Suave - : il y en avoit ^ du païs de Vaulx ^, en Savoye'/, et du pais de (jueldre. Tout cecy montoit sept'" ou huyt cens hommes, qu'on y avoit envoyé nouvellement avecques ung paiement de deux moys. qui estoit meng'ié quant ilz arrivèrent, et là ne' trouvèrent autre paiement. Ceulx cy, se voyans en ce péril et neccessité, ne nous portèrent point l'amour que font les Suysses, praticquerent et se tournèrent du cousté dudit don Ferrand ^. Et pour ceste
/ cliar^erent édit. — »t; ne combafisl : il estoit iinj!: très mauvais che- Aalier et peu obeyssant à son chief édit. — n de dessus édit. — Oi et du païs édil. — p II y en avoit aussi édit. — f/)fn Senonic édit. — r environ sept édil. — s qui estoit menfjié, et qu;uit ilz arri\-erent là. ils ne édit.
1. Tel est en elTet le sens de l'allemand Lnndshnechle. 1. Souabe, c'est-à-dire l'ensemble des pays compris entre le Rliin. le lac de Constance, le duché de Bavière et la I-^ranconie.
3. Les limites du pays de ^'aud étaient le Jura et le lac Léman, les lacs de Neuchàtel et de Morat.
4. Enfermés à Alella. petite place située dans une plaine arrosée par un cours d'eau aftluent de l'Ofanto et dominée à [leu de dis lance par des hauteurs couvertes de \ignes et d'arbres fruitiers, les Français n'avaient d'issue que du coté de \'enosa. L"arri\ ée du célèbre Gonzalve Fernandez de Gordoue. le 24 juin, à la télé d'un corps mixte d'Italiens et d'Espaj^nols. imprima à
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cause et pour la division des chiefz. nos g'ens tirent uni;villain et intiniie appoinctenient avecques ledit don Ferrand, (jui bien jura de le tenir, car ledit niarcfuis de Manto voulut bien asseurer la personne de son beau Irere nions'' de Monpencier.
Par ledit accord, il/, se rendirent tous en la main de leurs enneniys et leur baillèrent toute l'artillerie du Hoy, et luy promydrent faire rendre toutes les places que le Hoy tenoit audit royaulnie. tant en Calabre, où estoit mons"' d Aubii;ny, que Gayete et Tarante, et en l'Abrusse, où estoit messire Gacien de Guerres : et, par ce moyen, ledit roy Ferrand les devoit envoyer en Prouvence par mer, leurs bag-ues sauves. les(juelles ne valloient yueres '. Ledit roy Ferrand les (isl tous mener à \apples; et estoient cinq ou six mille personnes ou plus-. Si deshonneste appoinctement n a esté
l'allai|iii' une ('■iu'r;;i(|uc iiii|)ul>iciii. Prives ilc |)ain pai- la destruction dos moulins l'onsti'iiits sur la rivièi-c, sans viande l'raiclie ni \in, les commandants de larmce assiéj^oe se décidèi-ent à ren\i)yer une pai-tie de la ca^•aleric italienne. Paul (Jrsini et Paul Vitelli réussirent, non sans de lourdes perles, à f;ag:ner \'enosa. Le 12 juillet, cette dernière issue était fermée. Des combats acharnés furent encore livrés au.\ abords de la ri\ière. Les Allemands de Montpensier y furent abîmés et se mirent dès lors à passer par petites bandes dans le camp de Ferdinand, (jui les enrôlait avec double solde. Pour finir, un trésorier français, cai)tif des .\raf;'onais, (jui allait dun camp à l'autre j)our négocier sa l'ançon. entama des pourparlers qui furent appuyés par Précy lui-même. Ils ne taidèi'ent pas à aboutir (Paul .love, Trad. Saiwat/e. L ISO ss. : Chronique du man/uis de Manloue, p. .îOO ss. ; Sanndo, Diaril, \. 220 s. : (luill. de \'ill(neuve, dans Lenj,del, IV, 2'' p.,lJ2s.).
1. lj(i 21 juillet I lOf). aj)rès \inj;t-sept jnursde sièj;e, Montpensier et Virginin Orsini j'urérenl (|ue si dans le délai d'un mijis. (|ui commencerai! à courir le 23 juillet, ils n'étaient |)as secourus d'une manière effective par des forces venant du dehors, ils retourneraient en France, eux et les leurs, avec armes et bagages, hors l'artillerie de bronze dont Ferdinand exigea la i-emise en comjjcnsation de celle <|ue Charles \'III avait emmenée, et tous les chevaux ([ui poi-faienf sa mai'(|iie. l'^nfin, l'imdilion grave entre tt)utes, Mcmtpensier s'engagea à i-endre ilu même coup toutes les ])laccs encore occupées par les Finançais, à l'exception de Tarentc, de (lacte et de A'enosa. sur lesquelles il n'exerçait pas d'autorité directe. En échange, Ferdinand assura aux assiégés le libre passage pnv terre et par mer jusqu'en I''rance, et des vivres contre argent Paid .love. Trad. Sanvarje. I, I Wi: (^hnin. du marrjuia de Manloue, I. c. . Le texte de la capitulation d'Alella est dans Sanudo Diarii. I, col. 2r).j-260). avei- la date <\t\ 21 juillet 1 l'.'C.
2. Désespéi-ant du secours. Montpensier conclut presque immédiatement un second appoinlement, ])ar lequel Ferdinand lui consentit un prêt de 10.000 ducals. destinés pourmoitic- à payer les Suisses et pf)nr l'autre à acheter des vivres. Les Français (|uittèrent Afella le .'51 juillet et gagnèrent en di\ jonrs la cote occidenlale. sous la conduite du mar(|uis de Manloue, qui lit preuve d'humanité à leui- égai-d ('.hntn. du inarfjuis. p. 511 : Sanudo, Diarii, \. cul. 274 .
'A'ii) MitMoïKKs IJI-; iMiii.UM'K iji: i:ii\imvm:s ;1490
laict (le nosire temps no n'advint en avant ; et n en ay leu de semblable, tors celluy ([ui lut laid |)ai' deux consul/.' Romains, comme dit Titus Livius. avecques les Samnitiens " (que on veult dire que à ceste heure sont ' ceulx de P>enevente), en ung- lieu appelle lors les Forques (dandines, qui est certain pas' de montaig^nes : lequel appoinctement les Romains ne vouUurent tenir, et renvoyèrent prisonniers les deux consul/, aux ennemys '. Et quant noz gens eussent combatu et perdu la bataille, ilz n'eussent point perdu tant de mors ; car les deux pars des nostres y moururent ' par famyne ou peste, tant furent g-ardez dedans leurs navyres en lisle de Pruse -'. où. ilz furent despuis envoyez par ledit roy Ferrande : et mesmes y mourut mons'" de Monpencier, aulcuns dient •' de poison, aulcuns dient = de tievres. ce que je croy myeulx '. Et ne croy point que de tout ce nombre
t, conseillers Sauv. Dup. .Votre ins. portait primitivement celte leçon. qui a été effacée. La même correction a èiè introduite quelques liqnes plus bas. — u Samnisians ms. ; cf. Dup.. II. Ô5S. — t), dire estre édit. — w: pays ms. et Dup.: lieu Snuv. Lenq. — .r"t des nostres qui moururent ms. — y" disans édit. — : disans édit.
1. Attirés dans le détilé des Fourches Caudines. non loin de Bénévenl. les consuls A'eturius et Sp. Postuniius furent contraints de se rendre aux Samnites avec leurs lésions, et dclilèrent sous le joujï deux à deux et à demi-nus '.Vl\ av. J.-C. Tite-Li\-e. l" décade, liv. IX. cii. i-vii . Le Sénat romain rel'usa de ratifier le traité conclu à Caudium. et renvoya aux Samnites les consuls, les questeurs et tous ceux qui avaient icaranti sous serment les humiliantes conditions de la pai.v Jhid.. liv. IX, ch. .xii-xv).
2. M"' Dupont [Mémoires , II. 5ôi voudrait que Pruse fut Pozzuoli (Pouzzole . sur la baie du même nom, au sud-ouest de Xaples . et non. comme Sauvaj;e le dit en note, l'île de Procida. entre Pouzzole et file d'Ischia. Mais Pouzzole n'est pas dans une île. et il faudrait alors conclure que Commynes s'est trompé. P. .love et la ('hron. du marquis de Mantoue disent que les prisonniers furent internés dans diverses localités, à Castellamare. puis à Cumes et à Baia.
3. Sanudo Diarii. I. col. 7 1 s. accuse Ferdinand d'avoir retenu le comte de Montpensier et ses hommes dans un \allon malsain, aux environs de Castellamare. soit dans le but de s'en débarrasser, soit afin de ijescr sur les défenseurs de Gaëte. M.ntpensier succomba le 9 novembre 1496 'Même oui'.. I, col. 388 , et fut enterré à Pouzzole. dans l'église de Saint-François. 11 est juste d'ajouter que si l'épidémie n'épari:na pas les P^rançais et les Suisses. \ict:imes surtout, si on en croit P. Jo%e,de leur iiyfiiène détestable et de leur appétit désordonné poui-les fruits et pour le vin. elle fit beaucoup de victimes parmi leurs ad\ ersaires. Les \'énitiens Contarini. Crasso, Hai'thol. Georfïio et Paul Capello, le marquis de Mantoue lui-mcme^furent extrêmement malades et lesstradinls de l'ainiiée vénitienne portèrent à Xaples la peste, qui i'avag:ea cette cité. Ferdinand lui-mcme devait succomber a\ant Montpensier, que Frédéric d'Arajfon refusa de relâcher parce que Charles \'III retenait en France sa fille Charlotte P. ,lo\e. 1 ind. S;iui'!Hfe. 1. 14T .
I^liyr» I.IVKK VIII. CHAPlTRi: XXI ^.")1
revint jamais (juiir/.c cens personnes, car des Suysses. qui estoieni l)ien treize cens, n en revint point plus de trois cens cin(jnante. et tous malades, lesquelz doibvent estre louez de loyaullé. car jamais ne vollurenl prendre le parti dudit rov Ferrande : et vollurenl avant endurer la mort. comme plusieurs firent audil lieu de Pruce. tant de la challeur et maladie comme de fain. car on les tint en leurs ' navires par lon<^ temps à si jurant extrémité de vivres (ju i n est de croire. Je veiz revenir ceulx qui en revindrent. et par especial lesdits Suvsses. qui raj)porterent toutes leurs ■enseignes: et monstroient bien à leurs visaig"es qu ilz avoient beaucop souffert . et tous estoient malades; et quant ilz partirent de' s navyres pour ung poy prendre lair. on leur haussoit les pieds'' '. Le seif^neur Mrg-ille sen pouvoit aller ^r-n ses terres par ledict a|)poinctement. et son filz, et tous les Ytaliens qui servoient le Roy ; toutesfois ils le retindrent - et son dit filz legittime ^ car il n'en avoit que ung bien avoit ung bastard. homme de bien, appelle le seigneur Carlo ^1. Plusieurs Ytaliens de leur compaignée destrousserent '. en s'en allant. Si telle malle adventure ne
a, en ces édil. — b On leur liachoil en pièces dans le ins. cnrreclion postérieure à sa coiifeclinn el ininlelUqible^ . — c !e flcslronsserenl édit.
\. Français et Sui>ses. chargés sur" tle» navires auxquels \ aN')it faute dinstruniens comme trompes el souflets à vuider la sentine. et d'autres utensilles en aucuns ». ballottés par la tempête, tirent nautVatre. ou bien allèrent mourir à (iènes et dans les ports de Provence. D'autres enfin, qu'on refusa de recevoir à bord des vaisseaux, ti'aînèrent leur misère et leurs maladies pai- toute la péninsule italienne P. .love. Irad. cit.. 1. 147). Les Allemands avaient, pour la plupart, passé au service des Arafionais.
i. Sur un désir exprimé par le Pape. Xir^^inio Orsini fut débarqué au moment où il allait faire voile pour la France et enfermé au Chàteiiu de ITJj'^uf. Il y mourut le LS Janvier 1197.
.'. .lean-Giordano Orsini . sei^rnciu" de Bracciano. lils de \'irj!:inio Orsini el d'Isabelle Orsini. épousa : 1" Marie d'Arajron, tille naturelle de Ferdinand, roi de Xaples: 2' Félicie de la Hovère. fille du pape .Iules II Imliolf. (ienea- Inrf. viffinti illuslr. in llalia (amiliarum. i\'2,. Tandis que. sur la foi d'un sauf-conduit déli\-ré yiav Ferdinand. Jean-(îiordano et Lnian Orsini ramenaient leurs bandes vers le Nord, ils fuient, sur l'ordre du pape Alexandre, attaqués et faits prisonnieis par (îuido. duc d'L'rbin. Livian réussit à s'enfuir, mais .lean-Giuidano alla rejoindre sim père dans les cachots de Naples Burcliard. Uiariuin. cit., II. 'i'ii: P. Jovc. l. 147: Cruill. de Villeneuve, dans Len^lel, W . T p.. p. 113).