Le [jrél'el de Home. .lean de la Hovére
.'i. (^tiialre hoimnes au lieu de six.
X)i) MKMUIHKS 1)1, l'IllMI'l'i; |)i; (.OMMV.NKS 1 4iH)
paie oouste cent ducal/ I an. et mil hoiiinies JaiMncs cent mil ducat/. 1 an; et à nouslault'' le double pour les arcliieis. A ces gens '' souldoiez failloit bien paier, mais aux Florentins rien ; au duc de Ferrare et au marquis de Manto et de Bientevoille partie seullemenf' de leurs despens. car ilz pretendoient gaing- de terres aux despens du duc de Millan ou \'enitiens. Or notez, si ledit duc de Milan se fusf trouvé soubdainement assailly de ce que eust mené le duc d Orléans et de tous ceulx que jai nommez '. comme il se fust sceu defîendre qu'il n'eust esté destruict, ou qu il neust esté contrainct 1" de se tourner du cousté du Roy contre Vénitiens. Et moins de quatre vingts mil escus eust tins tous ces Ytaliens aux cbamps iing grant temps; et. detïaict le duc de Milan, le royaulme de Xaj)ples se recouvroit de luv mesmes.
La faulte d'esprouver celle belle avanture vint de ce que ledit duc d'Orléans (combien cpie on entendoit ([uil deust partir du soir au matin parce qu il avoit envoyé devant toutes choses qui servoient à sa personne, et ne restoit que luy à partir, et l'armée preste et paiée. car en Ast avoit huvt cens hommes'' francois et bien six mil hommes de pied, dont y en avoit quatre mil Suysses). ledit duc mua de propos et requist au Hoy par deux foys qu il luy pleust mettre ceste matière en conseil : ce qui lut faict par deux foiz (et m'y trouvay présent à toutes les deux foizi. et tut conclud. sans une voix au contraire iet si y avoit tousjours dix ou dou/e personnes pour le moins,, qu il y devoit aller, veu qu on avoit asseuré tous lesamys en Ytalie, (pii dessus
b; cent (liicatz l'an cl nous lault édit. — c (k's ^cns édii. — d cl Hcntevoillc ilz parloienl seuUement ('dil. — e aux despens du duc de Millan. et se fust édit. Le re-;te est omis. — f et de tous ceulx que jai nomme 'De ceulx qui se fussent sceu detl'endre nul neust esté, disoit Ton. ijui neust esté contrainct éd. Dup. Tout ce jnissaç/e a été défiffiirJ p:i'- les éditeurs siircesaifs de Commynes. — g) hommes d'armes édit.
I. "11 duca d'Oi-leans dici>ni>. corne sia rjui andra in Asti con danari. e che il He per la via de Provence si accostera per sforzare Genova. la quale si e inlestato avère in oo:ni modo >> Lettre des orateurs de Florence, datée de Lyon, le 7 mai I49ii. dans Desjardins, .\é(fO!-i!i/inns. l. 65" .
1 iîMi LiVHK viii, i;iiAiiiiu: wii M;)7
sonl iKiiiimez. les(|uelz jaavoitMit l'aict despence et se lenoimil |)rost/.. I.orsdisl K'dit duc d ( )rleans. (|ui do ((iud(|u un esloit «.•((usiMllé. ou luvoit son paiiiMnent pour ce ([u'il veoit le Uoy assez mal dispousé de sa santé, dont il devoit estre héritier '' s'il advenoil à mourir, ([u il ne pai'tiroil point poui- v aller pour sa cjuerelle. nuds que voulentiers \ roit comme lieutenant du lioy. et par son coinnu^iulement. Ainsi tina ce conseil. Lendemain et plusieurs joui's après, pressèrent fort les and)assadeurs Florentins et aultres ' le Roy pour l'aire |)arlir ledit duc ; mais le Uoy responditcpi il n'envoya' jamais i\ la j^uerre par force: parc|uoy ce voya^ie fut ainsi rom[)u '. Et en desplaisoit au Roy, qui en avoit faict i^rant des[)i'nce et avoit i^rant es|)erance de se vani^-er du duc de Milan, veu les n(»uvclles (ju il avoit'' d'heure en heure des intelli^-ences (|ue a\()it niessire Jehan Jac(|ues de Trevolse, qui estoit
h oslre iji-uprc l]eriti(M' ('dil. ^- / et plusieurs aulti'es édil. — / qiiil MO l'en\n\ei-c)ii éilil. — /r) qu'il p<i\nil avoir eues édit.
1. I.e 12 mai 1496. le tlu(' tl'Orléans, ((ui avait élé malade de la fièvre, i-cmontait à rlie\-al. et. au ennseil. (Charles \'III s'était prononcé avec éneriiie et avait tancé si vcrlenu-nl l'amiral de(îravillc et quelques autrcsoppo- '•auts. (|ue l'expéilitioii senihlail résolue. La crainte des ambassadeurs lloi-entins était seulement (jue le ])i'ince d'Orantre " uno diavolo <<. qui élait attendu à Lyon, ne vint toul déranjïer. Le prince, en oITet. arriva le 21 mai. cl huit jours plus tard, lorstpie les Florentins se présentèrent devant le conseil pour plaider la cause de l'expcdilion , ils s'aperçurent que le \ent a\ail tounii''. Le flé|>arl de ("harlcs \'l II pour la Toui-aine étal! rt'solii et on 'disait tout bas que ce voyajiC. enl repris soi-disant dans le but d'aller chercher de l'arfîcnt à Paris, avail pour xéritable cause une intrifiue du Hoi avec une dame de la maison de la Reine. De son côté, Orh-ans élait refroidi et semblait embai-rassc 2r)-30inai 1 lOti; Des jardins. Méffociutioiif!, 1.6:50-670 . Au mois lie juiliel. le Hoi pai-ut de nou\eau résolu à secourir ses lieutenants abandimnés dans le royaunu- fie Naples Perret. L'amiral de (iraville, cité, p. 177; cf. Dupont, Preure.s (/e Commynes. III. p. 144- 46 i). La nouvelle de la capitulation d".\tella tit suspcndri- les armements, et bien qu'Et de A'esc ait cfmtinué des préj^aratifs en Pi-ovcnce pendant toute la seconde partie de I 'i(»6. \'enise savait de bonne soiu'ce (pu; Cliarles \'III axait l'enoncé pour celle année à l'entreprise projetée. Ln réalité, |)our emplox-er les tei-mes d'une letti-e de Lucques. inséive par Malipiero p. 'l'M. a\ec la date du •Ji) juillet . « la \'enula ilel re di Ki-anza è andata in funio. jier cliè'l non lia danari. et vole\a da Kiorentini ((ualtro cento mille ducali ad im|)restedo ». Kn France, du reste, la ^uei-ie d'Italie élait entièreinent inqxipulaire. et le Parlement avail respectueusement remontréau Hoi cond)ien il serait iuq)ru- (lent pour lui de s'éloi^rner du ro\aume . alor- qu'il et ait encore dé|)our\ u d'hé.itier Clierrier. Ilisl. de Charles Vlll, II, .Vi'i ; cf. Ulmann. Kaiser Ma.riiiiilian I. I. 123.
X\H MÉMOIRES Di; l'iiiLii'i'K DK (;< iM.M v.m:s I iîM)
lieutenant pour le Roy et pour le duc dOrleans en Ast ' '. iialif de Milan et fort aviné et apparenté en ladite duchié de Milan, où avoit largement ^ens qui a voient bonne intellig^ence avecques luy, tant de ses jiarens comme daulres.
Faillie ceste emprise, en survint tousl après une aultre, voire deux ou trois à ung- coup, de Gennes. cjui sont gens enclins à toutes mutations. L une se adressoit ;i messire Baptiste de Campefourgouse, qui estoit ung- grant chiet entre ces pai'tialitez de Gennes; mais il en estoit banny et n'y povoit sa partialité riens, ne ceulz [de^ Dorie, qui sont gentilz hommes, et ceulx de Forgouse non. Et sont lesdit/ Dorie partissans desdits Forgouse. et ne peuvent estre duc/. à cause quilz sont gentilzhommes ; car nul gentil homme ne le peult estre, et ledit messire Baptiste l'avoit esté, n'y avoit gueres; et avoit esté trompé par son oncle le cardinal de Gennes % et cestuv là avoit mis la seigneurie de Gennes en la main du duc de Milan, n'y a pas encores fort long temps '^ et gouvernoient à Gennes les Adornes, qui aussi ne sont point gentilz hommes, mais souvent ont estez ducz de Gennes, aidés des Spinolles, qui sont aussi gentilz hommes. Ainsi les nobles font bien ung duc à Gennes, mais ilz ne le peuvent estre.
Ledit messire Baptiste esperoit mettre en armes sa parcialité, tant en la cité que aux champs, et que la seigneurie seroit au Roy, et que luy et les siens gouverneroient et chasseroient les autres dehors. Plusieurs de Savonne '" ^ s'estoient adressés au cardinal de Sainct Pierre à vincula.
1 on Ast est nmis duns les édil. — m L'aulri' oiitrepriiise estoil qui ])liisiciirs personnes de Saxonne édil.
1. Jean-.Iacques Tri\iilce avait été enx'oyé à Asti au conmienrenient ilu mois de mai 1400. avec le titre de lieutenant du roi, un millier de lances. 3.000 Suisses et autant de Gascons.
2. Baptiste de Campofrefioso, dojze en 1 iTS.fut arrêté le 25 no\embre 1183 par le cardinal, son oncle, lifiué a\ec Lazare Doria. Ils l'accusaient de voi'ioir liA'rer Gènes à l'Empereur (Dupont, Mémoires. II, 563".