juin 1482 (itin. ms
2. « S. M. se tient tellement séquestrée et enfermée qu'on ne peut la voir que lorsqu'elle y consent; et il est si diflicile de lui parler qu'en vérité il y a à désespérer de traiter aucune all'aire " ((^agnola et Visconti au duc de Milan: de Paris, 5 juin 1480. ds. Kervyn, Lettres et néçjoc, cit., III, 83).
3. On rapporte généralement l'origine de la taille au règne de Charles VII, non pas qu'on n'eut levé auparavant, sous le nom de fouage, un impôt direct assis sur la propriété foncière et exigé des seuls roturiers (sauf en
seigneurs de France, pour certaines pensions qui leur lurent promises pour les deniers qu'on levoit en leurs terres '. Si ce roy eust tousjours vescu et ceulx qui estoient lors avecqucs luy eu son conseil, je louasse fort ceste œuvre ; mais '', à ce qui est advenu depuis et adviendra, il chargea fort son ame et celle de ses successeurs, et mist une cruelle playe sur son royaulme, qui longuement seignera, et une terrible bride' de gens d'armes de soulde, qu'il institua à la gruvse des seig-neurs d'Ytalie.
Ledit roy Charles septiesme levoit à l'heure de son trospas dix huyt cent mille francs en toutes choses sur son royaulme ~, et tenoit environ dix huyt cens hommes (1 armes •' d'ordonnance pour tous gens d'armes, et ceulx là en bonne justice, à la garde des provinces de son royaulme, qui de long temps avant sa mort ne chevauchèrent par le royaulme, qui estoit grant repox au peuple. Et à l'heure du trespas du Roy nostre maistre, il levoit
h, en son conseil, il cusl fort avancé à ceste heure, mais A B D, édil. — ('■ et une terrible bende édit. Le sens du ;no/ bride est entrave.
Languedoc et dans partie de la Guyenne prnportionnellenient à la %aleur de tous leurs biens fonds: mais c'était d'une façon temporaii-e. Depuis 1439 les Etats-fjcénéraux des provinces de Languedoil ne furent plus réunis, et la grande ordonnance du 2 novembre de cette même année, publiée à la suite de leur dernièi'e assemblée à Orléans, contient le principe que le roi peut imposer des tailles sans le consentement des Etats. Charles VII s'arrogea le droit d'en déterminer tous les ans le montant par simples patentes délibérées en Conseil, et même d'en élever le chilïre au cours de l'année. C'étaient les « crues de taille » G. Jacqueton, Docum. relat. à iadni. financ. en France de Charles VII à François I", Introd., p. vi ; de Heaucourt. hist. de Charles VII, III, 401 ss.).
1. L'ordonnance de 1439 consacia le principe de la résistance par la force contre l'oppression des gens de guerre, et rétablissement d'une armée permanente. M. de Heaucourt a publié aux Preuves de son édition de Mathieu d'Escoucliv (III. p. 4 s.) un mémoire qui contient des détails intéressants sur la réorganisation de l'armée et sur la répartition en des lieux de garnison déterminés des compagnies dont le roi s'engageait à payer la solde chaque mois. « Et pour ladite ordonnance eurent les caj^itaines) de "rans dons du Roy et grandes pencions, sans le payement de leurs gens » (ihid.).
2. Ce chiU'ie parait exact. La taille seule s'élevait en 1401 à 1.200 000 livres (Chron. Srand., II, 138 n.).
3. Quinze cents, d'après Basin {Fraymenls inéd., p. p. L. Delisle, dans .\otices et exlrails des niss. de ta liihl. Sal., 1893. p. 17 . Cf. l'ordonnance de 144.T : les compagnies d'ordonnance composées chacune de cent lances devaient être au nombre de quinze (de Beaucourt. Charles \'I1, lY, 393 .
De Makdrot. — Mémoires de Philippe de Commynes. — II. 4
quarante et sept [cens] mille francs ^ ; d'hommes d'armes quatre ou cinq mil ; gens de pied '-, tant pour le champ que mortes payes , plus J de vingt cinq mille . Ainsi ne se fault esbayr s'il avoit plusieurs pensées et ymaginations, et s'il pensoit-'J de n'estre poinct bien voulu. S'il avoit grant tort en une chose, avoit il de plusieurs de ses nourritz et qui avoient receu bien de luv, et ceulx là eust il '^ trouvé ung grand nombre qui pour la mort ne luy eussent faict faulte.
Premier, il nentroit gueyres de gens dedans le Plessis du Parc ^, qui estoit le lieu où se tenoit, fors ' gens fort domesticques, et les archiers, dont il en avoit quatre cens qui en bon nombre faisoient chascun '"le guet, et seproumenoient par la place et gardoient la porte. Nul seigneur ne grand personnaige ne logeoit dedans, ne n'y entroit gueres acompaigné. De grans seigneurs n'y venoit '^ nul que mons"" de Beaujeu, de présent duc de Bourbon, qui estoit son gendre. Tout à l'environ de la place dudit Plessis, il feit faire ung treylis de gros barreaulx de fer ^, et planter dedans la muraille de[s] broches de fer aiant plusieurs
j) de plus dans le ms. — jj\ sil ne pensoit dans le ms. — k) Et s'il avoit grant paour en ceste chose, il avoit espérance de plusieurs etc. éd. i5M, Sauv. Leng. ; Si avoit il tort en une chose : hay de plusieurs de ses nourris... de ceulx-là eust-il éd. Dup.\ combien que de ceulx qu'il avoit nourriz et qui avoient reçu bien de luy. de ceulx là eusl-il l). — / force dans le ms. — m) chascun jour B D. édil. — n) ne n'y entroit gueres compaignie de grans seigneurs. Nul n'y venoit éd. Dup.
1. Taille 3.900.000 1.; aides et gabelles, 700.000; domaine, 100.000. {Chron. Scand., II, 138 n.).
2. Il remplaça, écrit Basin [Fragments inéd. cités, p. 17), les francs-archers. qui ne coûtaient presque rien, par 4.000 hallebardiers établis en Normandie et dans les autres parties du royaume, avec une solde de cinq francs par mois. De plus, il attira à son service de 6 à 8.000 Suisses. Les 4.000 hallebardiers ou piquiers chargèrent la province de Normandie de 250.000 livres en augmentation des lovu-des tailles quelle payait auparavant IhiJ., p. 19 ; cf. Spont, La milice des francs-archers, cité).
3. Le Plessis, dont quelques parties subsistent encore, n'était qu'un grand manoir, que Louis XI lit élever dans l'enceinte du parc des Montils, où son père Charles 'V'II possédait déjà un logis.
4. << A Guillaume do Brion et Guillaume de Montbazon, marchans demourans à Tours, la somme de 3.000 1. t. pour le parfait de la somme de 13.3001. t. à eulx ordonnée par ledit feu seigneur Louis XI) pour le payement de semblable somme, à laquelle aucuns officiers dud.feu seigneur.
LIVRH VI, CHAPITRE VI ol
poinctz, comme à l'entrée par où on eust peu entrer aux toussez. Aussi feist faire quatre moynneaulx ', tous de fer bien espoix, en" lieu par [où] on pourroit tirer à son aise ; et estoit chose bien triumphante, et cousta plus de vingt mille francs. Et à la fin y mist quarante arbalestriers, qui jour et nuyt estoient en ce foussé, avec commission ^ de tirer à tout homme qui en approucheroit do nuyt, jusques ad ce que la porte seroit ouverte le matin. 11 luy sembloit davantaige que ses subjectz estoient ung peu chatouUeux à entreprendre auctorité, quand ilz en verroient le temps ; et à la vérité il fut quelques paroUes entre aulcuns d'entrer en ce Plessis et depescher les choses selon leur advis, pour ce que rien ne se depescheoit ; mais ilz ne louserent entreprendre, dont ilz firent sainement, car il y avoit bien pourveu. Il changeoit souvent de variez de cham])re et de toutes aultres gens, disant que la nature se esjouystes chouses nouvelles '/. Pour auctorité'' tenoit leans ung homme ou deulx auprès de luy, gens de petite condition et assés mal renommez, et à qui il pouvoit bien sembler, s'ilz estoient saiges, que dès qu'il seroit mort, qu'ilz seroient desappoinctez de toutes chouses, pour le myeulx*' qui leur en pourroit advenir. Ainsi leur advint. Ceulx là ne luy rapportoient rien de quelque chose que l'en luy rescripvist ' ny mandast de quelque affaire que ce fust, si ne
o) et dans le ms. — p) ayans cKnimission /}, èdil. — q) disant que la crainte de liiy et l'cstinie seroit entretenue par faire ainsi choses nf)iivelles D, éd. Leiifilel ; que la nalui-e se resjouit en choses nouxclles éd. Sauv. Dup. — T/ Four comijai^^nie Suuv. Len(j. Diip. — .s) pour le nioinj^s A D, édil. — t que on luy escripvist éd. Dup. Ch. ; qu'on leur escripvist D.
ayans cliai-ge de luy, ont composé et marchande de faii-e faire certain Ireilliz de fer autour de sa maison du Plesseys du Farc lez Tours , selon le deviz sur ce fait. » ^Coniple de Jean Lalleniand, receveur f,a'néral de Normandie, pour l'année 1 iHi, Bibl. nat. ms. fr. 2.'J266, ori^,^ parch.).
1. Ce mol ne parait pas avoir ici le sens habituel de basiifiii plat, construit au milieu d'une courtine. Il faut l'entendre dans l'accejjtion d'une fjrossc j;uérile midanle, munie d'un toit « dont la foinie était celle du froc de eerlains moineaux ». Ces j^Hiériles étaient composées de chevrons traversés, et sur leur plus haut étage on plaçait de (grosses arbalètes (Glose de Le Duchat sur Rabelais, citée par Lacurne de Sainte-Palayc, Glossaire de l'ancienne langue française, au mot moineau).
touchoit à la préservation de lestât et deffence du royaulme, car de tout" le dedans ne luy chaloit. Il estoit en paix ou en trêves avecques chascun. A son medicin donnoit tous les moys dix mil escuz, qui, en cinq moys, en receupt cinquante quatre mil K
A Dieu^' et aux sainctz remettoit son espérance de vie, congnoissant qu'il ne povoit g-ueres durer sans miracle, et à l'exemple que Nostre Seigneur alongea à quelque roy la vie, tant pour son humilité et repentance que à la prière de quelque sainct prophète, nostre dict Hoy, qui en humilité passoit tous aultres princes du monde, chercheoit aulcun religieux ou homme de bonne vie qui vesquit austerement, afin qu'il fust moyen entre Dieu et luy de luy alonger ses jours ; et de tous les coustez du monde on luy en nommoit. Vers plusieurs envoya : aulcuns vindrent parler à luy, ausquelz il ne parloit que de cest alongement de vie; la pluspart respondirent saigement, disans n'avoir point ceste puissance. De grands ollrandes faisoit, et trop, à l'advis de l'arcevesque de Tours '^, homme de saincte et
u) car du tout il ne luy challoit que d'estre en trefve ou en paix avec chascun édil. — v) Tout le passacfe qui commence en cet endroit pour finir avec les mots : le tout se monta bien 700000 francs {p. 54) fait défaut et dans les autres mss. et dans les édit. antérieures à celle-ci.
1. Jacques Coictier, né à Poligny, entra au service de Louis XI vers 1470, sur la i-econimandation de Philippe de Savoie, seigneur de Bresse. Clerc ordinaire en la chambre des Comptes (30 sept. 1476), premier président (26 sept. 1482); remplacé en cette qualité par Pierre d'Oriole (22 sept. 1483), il redevint vice-président le 26 du même mois. Mort le 30 oct. 1506. Sur les dons qui lui furent prodigués par Louis XI, de 1480 à J483, cf. Chéreau, Jacques Coictier, médecin de Louis XI, Poligny, 1861, in-8° ; cf. Vaesen, Lettres, VII, 244 n. Louis XI lui avait conféré des lettres de naturalisation.
2. Ce prélat, qui s'intitule « frère Helie, archevesque de Tours, très humble et très obéissant chapellain » (du roi), était fils d'Arnaud de Bourdeille et de Jeanne de Chamberlac. Né vers 1423, il entra dans l'ordre de Saint François, et fut, en 1447, élu évêque de Périgueux, puis, en 1468, archevêque de Tours. Le 15 novembre 1483, Sixte IV lui envoya le chapeau. Il mourut en odeur de sainteté le 5 juillet 1484, après s'être fait remarquer pendant sa vie par son talent et par son caractère. Quiciierat a publié aux Pièces Justif. de son édition de Basin (IV', 395 .s.) les remontrances qu'Hélie de Bt)ur(k'ille adressa au lloy en 1482, en défense de certains prélats dépossédés de leurs sièges, avec les réponses de Louis XL Ce dernier se montra fort irrité de critiques qu'il avait pourtant provoquées, et d'Oriole fut chargé de transmettre à l'archevêque le conseil de se sou-
[1482 LIVRE VI. CIIAPIIHE VI o3
bonne vie, cordelier et cardinal, lequel, avecques plusieurs aultres choses, luy escripvit qu'il luy vauldroit myeulx hoster l'argent aux chanoynes des eo^lisez, où il faisoit ses grans dons, et le départir aux pouvres laboureurs et aultres qui paient ces tyrans tailles, que de le lever sur ceulx là pour le donner aux riches ejj^lises et aux riches chanoynes où il le donnoit '. Et monta bien en ung an-^ ses veuz et ses offrandes, et reliquiaires qu'il donna, et chasses, comprins la grisle d'argent de Sainct Martin de Tours, qui pesoit près de [dix] huyt mille mars d'argent ''^, et la chasse de monseigneur Sainct Eutroppe de Xainctes. et aultres reliquiaires qu'ilz donna, à Coulongne, aux Trois Roys ; à Nostre Dame d'Ez ^, en Almaigne ; à Sainct Serves d'Utrect : la chasse Sainct Bernardin à l'Aquille '', au
mettre aux reproches du roi « en faisant déclaration et réponse pare et si'mpliciter sans si ne sans qua de garder lauctorité du roy ». Le pauvre prélat <> fut fort triste et troublé » des menaces dont on l'accablait et protesta de la pureté de ses intentions Sept. 1482. Bibl. nat. ms. fr. 15.338, fol. 337 ss. origr.).
1. Telle est aussi l'opinion de Jean de Roye Chron. Scand., II, 137 s.): " Au jour de son trespas (son peuple) estoit presque au desespoir, car les biens qu'il prenoit sur lui donnoit et dislribuoit aux églises, en grans pensions, en ambassades et gens de bas estât et condicion. ausqwelz. pour les exaulcer. ne se povoit tenir de leur donner argent. » Basin Fragments inéd., cit.. p. 20ô , prétend que dans les deux dernières années de sa vie, Louis XI enrichit les chanoines de N.-D. de Clérv de 6 à 7.000 !. t. par an. A N.-D. de la Victoire il donna la vicomte d Orbec ; à X.-D. d'.A.ix, 4.0001. t. de revenu: au monastère de Saint-Adrien de Grandmont 20000 1. 1. Chaque .jour, ce n'était, en divers sanctuaires, qu'offrandes, dont chacune était de 30 écus d'or. En 1479. ces offrandes quotidiennes sont déjà fort importantes. Cf. Bibl Nat., ms. fr. 6759, pass.). En 1479, le roi donne, entre autres largesses, 6.000 1. pour les édifices de X.-D. de Cléry, 6.000 pour ceux de N.-D. de la \'ictoire ms. fr. 23265 f" 2 si. L'année précédente à la Victoire, c'était 16.000 1. fms. fr. 23264, f 39).
2. En 1482. les offrandes du roi montent à 38.849 livres tourn. sur le seul compte de Denis de Bidant, receveur général de Languedoil ^Legeay, Hist. de Louis XI, II. 440 .
3. Exactement 16.776 marcs 2 onces 1 gros (Note du ms. fr. 5062, fol. 142 v. du Journal de Jean de Roye ou Chron. Scand. : éd. cit., II, 77K Ce treillis d'argent coûta 200.000 francs en 1478. Pour en trouver la matière et celle d'autres pièces d'orfèvrerie offertes à N.-D. de la ^'ictoirc près Senlis, à Saint Fiacre de Paris et à d'autres sanctuaires, il fallut saisir toute la vaisselle d'argent qu'on put découvrir à Paris et ailleurs [Ibid.].