Aire, Pas-de-Calais, arr. de Saint-Omer
2. Jean de Bcrghes, seigneur de Cohen, « principal capitaine d'Aire, » aurait vendu la ville à d'Esquerdes et à Gié pour 30.000 écus, une grosse pension, et cent lances d'ordonnance. Afin de sauver les apparences, il y eut un commencement d'attaque et un bombardement auquel les gens de la ville, ignorants du marche conclu, répondirent assez vivement. f-.a brèche ouverte, les Suisses de l'armée royale se disposaient à donner l'assaut, lorsque la place fut rendue iMolinet, II, 306 ss. ; cf. Chron. Scand.. II, 11''. Godefroy (Lenglet, IV, part. I. p. 83) s'est attaché à démontrer que la trahison du sire de Cohen est imaginaire et que sa présence à Aire pendant le siège est même incertaine. Cette ville était sous le gouvernement de Philippe de Bourgogne, seigneur de Bévres, gouverneur général d'Artois, et en son absence, c'est Antoine de ^^'issoc, seigneur de Gapanes. bailli d'Aire, qui exerçait toute l'autorité. M"" Dupont a discuté celte opinion dans une note étendue publiée en tète de deux documents qu'elle a imprimés aux Pièces justificatives des Chroniques d'Angleterre de Jean de Wavrin (III, 204 ss.). Elle appuie les dires de Comriiynes et de Molinel d'un article de comptes portant que. le 6 janvier 14K2. v. st., Louis XI fit don au « seig' de Cohain, son con" et chamb", des gouvernement et capitainerie de Melun. » D'autre part, si Jean de Berghes fut ett'ectivement l'auteur de la trahison dont il a été accusé, les documents publiés par M"' Dupont prouvent qu'en ce faisant, il marcha sur les brisées de Philippe de Bourgogne, qui depuis quelque temps déjà faisait négocier avec les agents du roi la \enle d'Aire et de Saint-Omer et qui se montra fort courroucé d'avoir été devancé. Enfin, on peut se demander si le " Jean de Leane, seigneur de Cambrin », personnage inconnu désigné par Godefro^' conmie capitaine du château d'Aire au moment de la reddition, ne serait pas Jean de Bei-ghes. seigneur de Cohen ?
3. Jean de Berghes, seigneur de Cohem et d'Olhain, chevalier de la Toison d'or 1481), mort le 20 janvier 1531, fut en effet l'un des négociateurs
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Baudouyn de Lannoye * l'autre, et quelque secrétaire -. Le Roy estoit ja fort bas, et à grant peyne se vouloit laisser veoir, et feit grant difficulté a jurer les traictez faictz en ceste matière; mais c'estoit pour n'estre point veu. Toutesfoiz il les jura ^ Hz luy estoient adventageux, car il avoit plusieurs foiz voulu le mariag'C, et ne demandoit que ^' la conté d'Arthoys ou celle de Bourgongne, l'une des deux; et mess''* de Gand. ainsi les appelloit il, les luy firent bailler toutes deux, et celle de Gharroloys et de Maconnoys et d'Auxonnoys "^" : et s'ilz luy eussent peu faire bailler celle de Henault et de Xamur et tous les subjectz de ceste maison qui sont de la langue françoyse, ilz l'eussent voulentiers faict pour atToiblir leurdit seigneur. Le Roy nostre maistre, qui estoit bien saige, entendoit bien ce que c'estoit de Flandres et que ung conte dudit pays sans avoir le pays d'Arthoys, qui est assis entre le royde France et eulx et est
r) et ne vouloit que A B, édil. — w Au.xerrois D édil.
du traité d'Arras. ^'oyez Oliv. de la Marche, IV. au nom, et dans Lenplet, IV, 1" p.. 1 17 s., le texte du pouvoir délivré par Maximilien, en date d'Alost, 6 novembre 1482. Il épousa Claire d"Azincourt. et il vivait encore à la fin de 1492 'Bibl. nat.. Titres. Pièces nrig.. vol. 297. doss. de Berghes. Si la démonstration de M"' Dupont ,voy. note précédente est exacte, il faut supposer que Maximilien ij^rnora la trahison du sire de Cohem à Aire.
1. Baudouin II de Lannoy, seij^neur de Molembais et de Solre, chevalier de la Toison dor 1481 , chambellan et premier maître dhôtel de la duchesse Marie, mort le 7 mai l.îOl.
2. Les autres négociateurs du traité, qui fut signé le 23 décembre 1482 à Arras, furent Gossuin. abbé d'Afllighem. Jean, seigneur de Lannoy, Jacques de Goy, bailli de Gand, etc. Le secrétaire mentionné par Cominynes serait Jean d"AulTa.\ , conseiller et maître des requêtes de Maximilien. Ce fut lui, si on en croit la Marche ,1. 262; cf. Lenglet. I\', 1'^ p.. 129 s. qui « saccoincta des Finançais " et pratiqua le mariage du dauphin avec NÎarguerite d"Auti'ichc. Sur les négociations qui préparèrent la jjaix d'Arras. voyez la Chron. Scund.. II, 1 lt>, 122 s. Un pouvoir pour ctjncluro le traité fut octroyé le 4 décembre 1482 par Louis XI au seigneur d'Esquerdes, à Olivier de Coetmen. au président de la \'acqueiie et à Jean Guérin Lenglet, IV, 1* p., p. 116 s. .
3. Les ambassadeurs de Flandres arrivèrent à Paris le 4 janvier 1483 et furent très honorablement accueillis par l'évcque de Marseille, Jean Allardel. lieutenant du i-oi. Us se rendirent ensuite au Plessis et à Amboise auprès du roi et du dauphin, pour leur faire ratifier la jjaix. et revinrent à Paris afin de la faire publier en Parlement [Chron. Scand.. II, 126 s.). Le texte du traité est flans Molinet. II. p. 315 ss., et ailleurs. Celui de la ratification du roi, dans Lenglet, I\', l°p.,|). 12 i s. Sur l'accueil fait parLouisXI aux ambassadeurs flamands, voyez Barante, Ducs de Bourgogne, XII, 308 s. ; cf. Ymberl de Balarnay, p. 113 s.
62 MÉMOIRES Dli PHILIPPK DE COMMV.NES [1483]
conxme leur bride, car il s'en tiroit de bonnes gens de guerre pourles'aider à chastier quand ilzfaisoient ^les folz; et. pour ce, en oustant oudit conte de Flandres ledit pays d'Arthoys, il le laissoit le plus pouvre seigneur du monde, et sans avoir obéissance sinon au plaisir de ceulx de Gand. Et de ceste ambassade dont j ay parlé estoient les principaulx Guillaume Rin et Cappinolle, gouverneur de Gand, dont jay parlé icy dessus.
Retourné que fut ceste ambassade, fut amené à Hedyn entre la main de mons'' des Cordes ladite fille ; et fut Tan IIII'"' et trois' : et l'amena madame de Ravastin, fille bastarde du feu ducPhillippe de Bourgongne- ; et la receurent mons"" et madame de Bourbon qui sont de présent ^, le seigneur d'Albret '*, et aultres pour le Roy ^, et la menèrent à Amboyse, où estoit monseigneur le Daulphin *>. Si le duc d'Autriche leust peu ouster à ceulx qui l'amenoient. il l'eust voulentiers faict avant qu'elle saillist de sa terre; mais ceulx de Gand lavoient bien aCompaignée '. Et aussi il avoit commencé à perdre toute obéissance, et se rejoignit
x) feront dans le ins. ; feroient édit. ; faisoient A D.