‹ Mémoires;Chapitre 27 sur 177 · Alain, seigneur d".\lbret · texte numérisé non relu

Alain, seigneur d".\lbret

5. Molinet (II, 378) cite encore les noms dWimar de Poitiers, seigneur de Saijit-A'allier, de mesdames de Dunois (Agnès de Savoie) et de Thouars (Cf. Chron. Scand., II, 124:. Cette dernière aurait été, si Ion en croit Kervyn de Lettenhove [Lettres et né(joc. de Philippe de Commynes, I, 330) Hélène de Chambes. femme de notre chroniqueur (?^

6. La jeune princesse fit son entrée à Paris, le 2 juin [Chron. Scand.. II, 132) et arriva à Amboise le dimanche 22 du même mois. Les cérémonies successiv-es des fiançailles et du mariage furent eélébrées aussitôt (Dupf>nt, Mémoires, t. III, Preuves, p. 345 ss.).

7. Voyez le texte de la protestation contre les termes du traité d'Arras, adressée par Maximilien au.\ princes de la maison de Bourbon, par l'organe d'Olivier de la Marche, après la mort de Louis XI (Lenglet. t. IV, 1" p., p. 131 ss.).

beaucop de gens avec ceulx de Gand, pour ce qu'ilz tenoient le fîlz entre leurs mains, et oustoient et niettoient avecques luy qui leur plaisoit : et entre aultres, se tenoit le seigneur de Ravastin, frère au duc de Gleves, principal gouverneur dudit eniï'ant appelle le duc Phillippes, qui vit encores attendant grant succession i, si Dieu luy preste vie.

Qui que eust joye de ce mariage, il despleut au roy d'Angleterre amèrement, car il le tint à grant honte et mocquerie, et si doubtoitJ' bien d'avoir perdu sa pension que le Roy luy donnoit, ou tribut que l'appelloient les Angloys ^ ; et si doubta - que le mespris ne luy en fust grant en Angleterre et qu'il feust cause de rébellion contre luy, et par especial pour ce qu'il n'avoit voullu croire conseil. Et si veoit le Roy bien enforcy •' et près de luy ; et en print le dueil si grant que, dés ce qu'il en sceust les nouvelles, il tumba malade, dont toust après il mourut, aulcuns dient d'ung quaterre ■''. Quoy que ce soit, on dit que la douleur qu'il eust dudit mariage fut cause de la maladie dont il mourut en briefz jours. C'est grant faulte à ung prince

y) et se doubtoit .1, éd. Dup. Ch. — z) et se doubta AB, éd. Dup. Ch. — a) bien en force éd. Dup. Ch.; bien en soucy AB, éd. 1524.

1. Philippe le Beau (?tait en possession de rhéritage de sa m^re depuis 1482. La succession dont il s'atrit pourrait être celle d'Espagne ; mais, comme le mariage de Philippe avec 1 héritière de Gastille et d'Aragon Jeanne, fille de Ferdinand et d'Isabelle, n'eut lieu qu'en 1 »96, il faudrait conclure que les mots qui terminent ce paragraphe ont été ajoutés par Commynes après cette date. Il est plus probable que Commynes a fait allusion à l'héritage de Ma.vimilien et à celui de l'empereur Frédéric III. On sait que l'archiduc Philippe, roi de Castillc en 1504, mourut en 1506, treize ans avant son père, laissant de son union avec Jeanne la folle deux fils, qui furent les empereurs Charles-Quint et Ferdinand l".

2. 50.000 écus d'or par an [Compte de Guillaume Bestout. cit., Hibl. Nat., ms. fr. 10375). Basin dit aussi : « Tante., pusilaniniilatis et lam timidum ..ipse rex Francorum se ostendit ut, requisitis ab hostc treugis, eliam se eidem ac regnum suum vectigaleni constitueret » (L. Delisle, Fra(jmenls inéd. de l'hist. de Louis XI, cit., p. 18 .

3. Littré observe que « tout le 17' siècle a prononcé calerre ». Ce terme est pour Commynes synonyme d'apoplexie. (\'ovez plus loin, à propos de la mort de Charles VIII, liv. VIII, ch. XXVII . Basin (III, 133) et Jean de Roye (II, 131) prononcent également le mot d'apoplexie. Et le dernier ajoute : « Autres disent qu'il fut empoisonné en buvant du bon vin du creu de Challuau. que le ri>y luy avoit donné, duquel il but en si grande habondance qu'il en morut. » Cf. ci-dessus l'opinion de Ramsay.

d'estimer plus son oppinion que de plusieurs, et cela leur donne aulcunes foiz de grans douleurs, et pertes cjui ne se peuvent recouvrer. Et fut ledit trespas l'an M CCGG IIII'"' et deux'', au moys d'apvril'.

Dès l'heure que ledit roy Edouard fut mort, le Roy nostre maistre en fut adverti, et n'en feit nulle joye, quant il le sceut. Et peu de jours après, receupt lettres du duc de Claucestre, qui s'estoit faict roy d'Angleterre et se sig-noit Richard, lequel avoit faict mourir les deux filz du roy Edouard son frère 2. Lequel roy Richard requeroit l'amytié du Roy : et croy qu'il eust bien voulu ravoir ceste pension ; mais le Roy ne voulut respondre à ses lettres ne ouyr le messaige, et l'estima très cruel et mauvais. Car après le trespas dudit roy Edouard, ledit duc de Claucestre avoit faict hommage à son nepveu comme à son roy et souverain seigneur, et incontinent après commist ce cas. Et en plain parlement d'Angleterre fît desgrader deux filles dudit roy Edouard et declairer bastardes, soubz couleur qu'il prouva*^ par ung evesque de Bas en Angleterre, qui autresfoiz avoit eu grand crédit avec ledit roy Edouard, et puys le desappoincta et le tint en prison, et puys le ransonna d'une somme d'argent : lequel evesque disoit que ledit roy Edouard avoit promis foy de mariage à une dame d'Angleterre, qu'il nommoit, pour ce qu'il en estoit amoureulx, pour en avoir son plaisir, et en avoit faict la promesse en la main dudit evesque, et, sur ceste promesse, coucha avec elle : et ne le faisoit que pour la tromper. Toutesfoiz telz jeulx sont bien dangereux, tesmoing ces enseignes. J'ay veu beaucop gens de court qui, une bonne adventure qui leur eust pieu en telz cas, ilz ne l'eussent point perdue parfaulte de promettre. Et ce mauvais evesque garda ceste A'en-

h) 1483 D. éd. Diip. Ch. — cl de quelque cas qu'il jirouva Sanv. Leng.

1. Le 9 avril 1 îs;}. Commynes reproduil. quanL à la date de l'année, l'erreur qu'il a commise précédemment.

2. Commynes répète avec plus de détails ce qu'il a dit plus haut, t. I, p. 454 s.

I iS.{ LIVMK \ I. CHAIMTIŒ VUI Jlo

^eance en sdii cueur, par advantui'e vin^t ans; mais il luv on niescheut. car il avoit unn" lilz qu'il aynioit fort, à ([ui ledit rov Richard vouloit faire de grans biens et luv faire .expouser la raere de ces deux iilles ' dégradées de leur diLfnité. laquelle de présent est royne d'Angleterre et a deux beaux enfens '. Lequel lilz estoit en ung navyre de guerre par le commandement du roy Richard son maistre , fut prins à ceste couste de Normandie, et, par le débat de ceulx qui le prindrent, fut amené en Parlement et mis au Petit Chastellet à Paris, et y fut tant qu'il y mourut de fain et de pouvreté.

Le roy Richard, il ne le porta pas loing, ne le duc de l)(»ucquignant. qui avoit faict mourir les deux enffans -. car ledit roy Richard'' propre, en peu de jours après, le feit mourir. Et contre ce roy Richard esleva Dieu ung ennemy, rt tout en ung instant, qui navoit ne croix ne pille, ne nul droict à la couronne d'Angleterre", ne extimé en rien, sauf que sa personne estoit et est honneste. Et avoit

d, l'une de ces deux fdles D, éd. Sauv. Leng. Dup. Ch. — e, ne le duc iluqucl il avoit fait mourir les deux enfants éd lô-24. Les édil. postérieures ont retranché toute lu fin de la phrase depuis les mots ne le duc. M ' Dupont a rétabli le texte d'après B. A ne dijfère que pour le nom de l{LKkinf,'liani. ([u'il écrit lîoui'^aijrne. — Le ruy Richard ne le porta pas loingr, qui avoit faict mourir les deuxenfans. car encontre ce roy Richard D

1. 11 saisit certainement d'Elisabeth, fille aince d'Edouard IV . née en 1465. femme d'Henri \'1I 18 janvier 14s6;, morte le 11 février 1503, et non d'Elisabeth W'idville. sa mère. L'erreur n'est sans doute qu'apparente, et il est probable qu'il faut lire la maire, l'ainée. au lieu de la mère. Les deux enfants de Henri \'1I et d'Elisabeth mentionnés dans ce passajrc sont Arthur, prince de Galles, né le 20 septembre 1486. mort le 2 a\ril 1502, et Marguerite, née le 29 novembre 1489. qui épousa en 1503 Jacques IV, roi <1 Ecdsse. et mourut en 1539. Le troisième enfant d'Henri Tudor, qui fut Henri \'III. naciuil le 28 juin 1191. d'où Ion peut conclure que ce passaj.'e des Mémoires fut rédi^ré après la naissance de Marj^ueritc et avant celle dllenii. c'est-à-dire en 1490 ou au printemps de l'année 1491.

2. Molinel prétend aussi II, 403 que. le jour de l'assassinat des enfants d'Edouard. •< arriva en la tour de Londres le duc de Boucquin<rhen. lequel fui mecreu d'avoir cstainct et occis lesd. enfants, à cause qu'il pretendoit avoir droict à la counmne ". Cette rumein* était fausse, sans doute.

3. Commynes s'est déjà prononcé, mais d'une manière moins catéfroriquc rf. ci-dessus. I. 456 sur les droits d'Henry Tudor au trône d'Antjleterre.

•■ ilis title to the crown. deri\-ed llirnu;.di his nnjther from a bastard son of .lohn of (iaunt lej^itimated by act of parliaincnt, was not altotrether satislactory « Dicl. of national hioyraphy art. Elizaheth).

De Makorot. — Mémoires de Philippe de Commynei. — II. .5

beaucop soulfert, car la pluspai-t de sa vie avoit est<'' i)risonnier, et mesmenient en Bretai^ne, es mains du duc Françojs, qui ravoil bien traicté pour prisonnier, de leafi^e de vingt huyt/^ ans. Lequel, avec quelque peu d'arj:;'ent du Roy^, et quelzques trois mil hommes prins en Normandie, et des plus meschans que l'on peult trouver, passa en Galles, où se vint joindre à luy son beau père, le seijii^neur de Stanlay2, avec bien ving-t cinq mil Angloys. Au bout de trois ou quatre jours se rencontra avec ce cruel roy Richard, lequel fut tué sur le champ ^, et cestuy icy couronné, qui encores aujourduy résine.

Ailleurs ay parlé de ceste matière^; mais il servoit encores d'en parler icy, et par especial pour monstrer comme Dieu a paie comptent en nostre temps telles cruaultez, sans attendre. Maintes aultres en a esté oudit temps, qui les scauroit toutes compter ou vouldroit mettre icyf'.

[Chap. IX. ] Or donc, acompli ce mariage de Flandres que le Roy avoit fort désiré, et tiennent '' les Flamens à sa poste^ Bretaig-ne, à qui il portoit grant hayne, en paix avecques luy (mais il les tenoit en g-rant paour et en grant craincte pour le g-rant nombre de gens d'armes qu'il tenoit logez à leurs frontières, et à ceste cause faisoit le duc Françoys...') : et Espaigne estoit en repos avecques luy, et ne desiroient le rov et la royne sinon son amictié ; et il les tenoit en doubte et despence, à cause du pays de Rossillon qu'il tenoit de la maison d'Arragon, qui luy avoit esté baillé par le roy Jehan d'Arragon, père du roy de Castille qui règne de

/■) dix-huiL D, éd. Dup. — g) Les quatre derniers mots sont omis ds. A BD et èdit. — h) lisez Liennant D; et tenoit éd. Dup. — i) Le membre de phrase et à ceste cause etc., qui paniil incomplet [peut-être mnnffuet-il bon visaige), a élé omis par B D et par les éditeurs.

1. « A Henry, comte de Richement, 10.000 I. t., pour partie de 40.000 I. t. i\ lui ordonnées par le Roi pour l'aider à supporter la dépense de l'armée (|u'il fait mettre sus pour passer en Angleterre et recouvrer le royaume cpu lui appartient » (Bibl. nat., portef. Fontanieu 146, compte de Jean Laitemand, pour 14X4, cop.).

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