‹ Mémoires;Chapitre 30 sur 177 · Sixte IV. mort 13 août lls · texte numérisé non relu

Sixte IV. mort 13 août lls

6. I.in^e qui se met sur l'autel pour y poser l'hostie pendant la messe. ". Dans l'abbaye de Saint-Hcmy.

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qu il son voulsist oindre tout le corps, ce que n'est pas vravsemblahle, car ladite saincte EmpoJe est fort petite et n'y a pas g'rant matière dedans. Je la veiz à l'heure dont je parle, et aussi le jour que ledit seig-neur fut mis en terre à Xostre Dame de Clery '. Le Turc qui reg-ne au jour d'uy luy envoya ung ambassadeur qui vint jusques à Nice'" en Prouvence, mais ledit seigneur ne le vouloit point ouyr, ne qu'il vint plus avant. Ledict amjjassadeùr luy apportoit ung- roolle " de relicques, lesquelles estoient encores en Constantinoble entre les mains dudit Turc ; lesquelles choses il olTroit au Roy, avecques garant somme d'argent Tan", pourveu que ledit seig-neur voulsist bien faire g'arder le frère dudit Turc, lequel estoit en ce royaulme entre les mains de ceulx de Roddes. A présent est à Romme es mains du Pape •^.

Par toutes ces choses dessusdites se peult congnoistre le sens et la grandeur de nostre Roy. et comme il estoit

7U) Notre ms. portail d'abord Riez comme l'êd. Dup. : Romme A : Ri\ e M : Rliixe D. — n \wj; ;jrrant roolle édit. — o l'an est omis ds. D et les éd. iinij.

1. « Renlennée en une petite cap?e qui fut couverte dun drap d'or », la précieuse relique fut soleunellenienl déposée le 31 juillet, pour une nuit, à la Sainte Chapelle du Palais à Paris. Le lendemain, l'évéciue de Séez. Etienne Goupillon, et le grouverncur d'Auverjrne, Claude de Montfaucon, qui avaient été la quérir à Reims, remportèrent au Plessis avec la croix de la ^'ictoire et la verge de Moïse. Les trois reliques furent rapportées à Paris le 11 septembre, et. peu de jours après, la Sainte-Ampoule fut réintégrée à Saint-Remi de Reims Arch. nat. Xi" 1490, fol. 352 v° et suiv. ; Dupont. Mémoires. Il, 249 n. ; Chron. Scand. l. 135 n.).

2. Bajazet II. fils du sultan Mahomet II, succéda à son père en 1481 et mourut en 1512.

3. Djem ou Zizim,. né à Constantinople, le 1" décembre 1459. du sultan Mahomet it et dune femme serbe de race royale, aspira à supplanter son frère aîné Bajazet. après la mort de leur père, survenue le 3 mai 1 ISiL Le préle.xte était que lui Djem était né pendant le règne de Mahomet, tandis que la naissance de son frère aine avait eu lieu sous celui de Mourad. alors que Mahomet n'était encore qu'un simple particulier. Trahi et battu le 22 juin 1481 à Yenischehr en Asie-Mineure. Djem passa en Egypte. Un nouveau soulèvement, tenté l'année suivante, eut aussi peu de succès, et Djem se réfugia à Rhodes. Transporté en France dans la commanderie de Rourganeuf près Guéret, par ordre du grand-mailrc, peu soucieux d'observer les lois de l'hospitalité, « le Turc » y demeura interné, jusqu'en 14S9. et fut alors li\ré au pape Innocent VIII voyez plus loin, et surtout L. Thuasne. Djem-sultan, Paris, 1892. in-8 . Les princes chrétiens se servaient de sa présence en Occident comme d'une garantie contre les entrepiises de son frère, le sultan Rajazel.

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estimé et honnouré par le monde, et comme les choses spirituelles et de dévotion et de relig;ion estoient emploiéez pour luy along-er la vie aussi bien que les choses temporelles. Toutesfoiz le tout n'y feit rien, et faillut qu'il passast par l;i où les aultres sont pass('\s. Une i^rac(> luy feit Dieu ; car connue il avoit esté créé '' plus saige, plus libéral, plus vertueux en toutes choses que les princes qui régnèrent '/ avecques luy et de son tenqis et (pii estoient ses ennemys et voisins, ainsi qu'il '" les passa en toutes choses, aussi les passa il en longueur de vie, mais ce ne fut de g-ueres, car le duc de Bourgongne Charles, la duchesse d'Autriche" sa fille, le roy lulouard et le duc Galbasse de Millau, le roi Jehan d'Arragon, tous ceulx là estoient morts peu d années paravant. Ht de la duchesse d Autriche et du roy julouard et de luy n'y eust comme rien à dire : en tous y avoit du bien et du mal, car ilz estoient hommes. Mais sans user de nulle flaterie, en luy avoit trop plus de choses appartenantes à olbce de roy et de prince que nul des aultres. Je les ay presque tous veuz, par cpioy ne devine point ■'.

;Chap. X. En cest an M.CCCC IllI'^ et deux' voulut le Roy veoir monseii^neur le Daulphin son fil/, lequel n'avoit veu de plusieurs années, car il craignoit qu il ne feust veu de gueres de g"ens, tant pour la santé de l'enfant^ que de paour que l'on ne le tirast hors de là, et que soubz umbre de luy ({uelque assemblée ne se fist en son royaulme ; car ainsi avoit il esté faict de luy contre le roy Charles septiesme son père, à l'heure qu'il n'avoit que unze" ' ans, paraulcuns

// far, comme il Ijiviiil oivc .1 I), àdil. — (j rc^nniciit .1 I). édil.— r avec ce f|n'il A If, édil. — s Je les ay presque tous veuz et sceu ce qu'il/, scavoient faire D. ('dit. — / 1 ÎS.3 S;nu\. f.encf. — u) douze l'J V S : treize sur f/rntl;ige I).

1. De complexion cliétivc. d'une santé débile, le dauphin (Charles était, ciuui(|u"on en ail dit, l'objet de soins très attentifs et de-î-'apports fréquents adressés au roi. Au mois de juin I ISO, l'enfant avait été fort malade (Voyez Yinl)erl de H.-iturnntf. p. III ss.^.

2. A l'époque de la Pra;;ticrie. en I 1 i(), Louis XI avait seize ans 'De Beaucourt, Hist. de Chnrlcs Vil. III. 120 .

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seigneurs du royaulme, et s'appella ceste guerre la Praguerie, mais elle ne dura gueres et ne fut que ung débat de court. Entre toutes choses, recomnienda à son lilz monseigneur le Daulphin aulcuns serviteurs'' et luv commenda expresséement ne changer aulcuns ofliciers, luy alléguant tpie quant le rov Charles septiesme, son père, alla à Dieu et t[u"il luy vint la couronne, il desappoincta tous les bons et notables chevaliers du royaulme. et qui avoient aidé et servy sondit père à conquérir Normandie et Guyenne, et à chasser les Ansflovs hors du rovaulme, et à le remettre en paix et bon ordre (car ainsi le trouva il et bien richel, dont il luj en estoit très mal prins, car il en eust la guerre appellée le Bien Public, dont jay parlé ailleurs, qui cuyda estre cause de luy ouster la couronne.

Bien tost après "^ que le Roy eust parlé à monseigneur le Daulphin son tîlz, et achevé ce mariage dont j'a}^ parlé, luy print la maladie dont il partit de ce monde, par ung lundi -^j et dura jusques au sabniedi ensuyvant; penultime daoust M CCCC IIIP^ et trois. Et estoie présent à la thi de la maladie, par quoy en veulx dire quelque chose. Dès ce que le mal luy print, perdit la parolle, comme aultres foiz avoit faict. Et quant elle luy fut revenue, se sentit plus foible que jamais n'avoit faict. combien que par avant l'estoit tant que à grant peyne pouvoit il mettre la main jusques à la bouche, et estoit tant maigre et tant detîaict qu il en faisoit pitié à tous ceulx cjui le veoient. Ledit seigneur se jugea mort, et sur l'heure envoya quérir mons'" de Beaujeu, mary de sa fille, à présent duc de Bourbon, et luy commanda

V . recoiiinuuicla M^r lo Daiilpliin. son filz. à aucuns scr%iteurs A B. cdit.

1. Les célèbres instructions de Louis XI à son (ils portent la date d'Aniboise le 21 septembre 1 iS2 (Ordonnances, t. XIX, p. 56). Aucun des serviteurs du roi n'y est nominativement désii;nc, mais tous sont recommandés au dauphin (Chron. Scand., II. 120 s.,.

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