Onze mois plus tai'd. en réalité
.5. Le 2.1 août J IS.'Î. le roi fut frappé d'une nouvelle congestion cérébrale " en son lintel.des Montils ". Le bruit de sa mort (rumeur prématurée' fut ai)poité à Paris dés le nierciedi 27 par une lettre de Jean Briçonnet laine, snn secrétaire Chron. Scand.. II, l'db).
[1483] LIVHi; VI, CHAIHTRK X 71
tillerau Royson tilz, quiesLoit à Aniboise (ainsi l'appella il), en lejluy recommendant et ceulx qui Tavoient servv. Et luy donna toute la charge et g-ouvernement dudit Roy son dit lilz, luy recomnienda que aulcunes gens n'en approucliassent, et luy dist plusieurs bonnes choses et notables. Et si en tout ledit seigneur de Beaujeu eust observé son eomniendement, ou en paiiie (car il y eut quelque commendement extraordinaire "' et qui n'estoit de tenir), mais si en la g-enei'alité il les eust g'ardés, je croy que ce eust esté le prollit de ce royaulnie et le sien particulier, veues les choses advenues depuys '.
Après envoya \e chancelier et toute sa se([uelle^ porter les seelz au Roy son tllz. Luy envoya aussi partie des arcliiers de la garde et ca|)pitayne, et toute sa vénerie et fauconnerie et toutes aullres choses. Et tous ceulx qui le venoient veoir, tout envoyoit à Amboyse devers le Roy, leur priant •'■ ie servir bien. Et par tous luy niandoit quehpie chose et par especial paj' Estienne de Vers'', lequel avoit nourry ledit Roy nouveau et servy de premier vah't de cliambre : et Tavoit desja faict le Roy, nostre maistre, bailly de Meaux.
La parolle jamais ne luy faillit depuys (pfclK' luy fut l'cvenue, ne le sens, ne jamais l'i'ust si bon, car incessam-
tr] conimandeniens c-ontradicloifes Dup. — x) et (dus ceulx i|ui le vcnoyent voir, il les envoyoit à .Vmboise D, Sauv. Leiuf . ; et tous ceulx qui là venoient, vers Aniboizc leur pi-ioit /t ; et tous ceulx (|ui alloicnt vers .Vmboise, devers le Roy son (il/., leui' prioit éd. Ihi'i, Dup.
I. Il est laclieux ([ue Conimynes ne se soit pas explicjué d'un(^ niiiuière plu> i)récise. Du peu (ju'il dit on peut conclure (|u"en s'clevant en 1185 fonire le f,^onverneincnt des Beaujeu, le chroniqueur prétendit détendre les volontés de Louis XI.
'J. O nml n'a pas le sens méprisant qu'on lui prête aujourd'hui.
:<. Xé \-ers I 117, \alet de ciiainl)re du dauphin (>harles :2.S sei)lend3re I 170 . bailli de Meaux déc. 14S1 , président lai de la Cliand)re des Comptes de Paris (29 mai 1 IX!» , sénéchal de Carcassonne, puis de Beaucaire et de Nîmes (li!>1). seigneur de (Irimaud etc., duc de Noie, ICtienne de X'esc épousa .Anne Cnni-tois 1175' e( mourut à N.iples le 0 oclobre ITiOl. — Sur son rôle pendant les |)i-euiières j;uerres dKalie. \(i,\e/. plus loin, et particulièrement .\olic(' liiofirapluiiiie cl liisli)ri(iiif sur hlicnnc île V'e.se. par -\. de Boislisle. exli-ait (!<• r.\nnuaire-bulletin de la Soc. d'hist. de Fi-ance, l*aris, 1884, in-8y.
/2 MKMOinKS iJi; IMIILII-PK DK CfiMMV.NKS [1483
ment se widoit. que luy ousloit toutes fumées de la leste. Jamais en toute sa maladie ne se plaig-nit comme font toutes sortes de gens quant il/, se sentent mal : au moins suis je de ceste nature et en ay veu plusieurs aidtivs: et aussi on dit que le plaindre allège la douleur '. Chap. XI. , Incessanuiient disoit (piekjue chose de sens; et dura sa maladie, comme j ay dicl. depuys le lundi jusques au sabmedi au soir.
Pour ce je veulx faire comparaison des maulx et douleurs qu'il a faict souffrir à plusieurs et ceulx quil a souffert avant mourir, pour ce que jay espérance qu ilz 1 auront mené en paradis, et que ce aura esté partie de son purgatoire * : et si n'ont esté si grans ne si longs comme ceulx qu'il a faict souffrir à plusieurs, aussi avoit aultre et plus grand office en ce monde que navoient. Et si navoit jamais souffert de personne, mais tant a esté obey qu'il sembloit presque que toute l'Europe ne fut faicte que pour luy porter obéissance : parquoy ce petit qu il souffroit contre sa nature et accoustumance. luy estoit plus grief à porter.
Tousjburs avoit espérance en ce bon hermite qui estoit au Plessis, dont jay parlé, qu'il aAoit faict venir de Calabre. et ^ incessamment envoyoit devers luy. disant que, s'il vouloit, il luy alongeroit bien la vie : car nonobstant toutes ses ordonnances, si lu}* rcAint le cueur et avoit bien espérance d'eschapper. Et si ainsi fust advenu, il eust bien départi l'assemblée qu'il avoit envoyé à Amboise à ce nouveau Roy. Et pour ceste espérance qu il avoit audit hermite. fut advisé par certain théologien-^
y et que dans le mx.
1. Il est au moins bizarre que Sauvage et ses successeurs, M-'- Dupont %• compris, aient terminé à cet endroit le chapitre X. Neùt-il pas été plus rationnel de le poursuivre jusqu'aux mots " sabmedi au soir "?
2. Le même vœu termine la chronique de .îean de Roye : « Lesquelles maladies lui puissent valoir au salut de son ame » etc. [Chron. Scund.. IL 138).
3. <■ Unreligieux de l'abbaye de Saint Martin, nommé Philippe, ancien, de bonne vie et qui avoit le renom destre fort docte, duquel il voulut estre assisté et recevoir ses sacrcmens en sa dernière maladie ». Gabriel Naudé.
[1483] LIVHI-: VI. ciiAiMiKi: xi 73
et iîultres que on luv declareroit que en son faict n'avoit plus d'espérance ([ue à la miséricorde de Dieu, et que à ces parolles se trouveroit présent son niediein. maistre Jac([ues ■ ', en ([ui il a voit toute espérance, et à ([ui chascun niovs donnoit dix mil escus, espérant quil luy alongeast la vie, alin cpie de tous pointz pensast en sa conscience et (juil laissast toutes aultres pensées : ce qu'il'/ firent '. Et comme il les avoit haussés, et trop à coup et sans propos, en estât/, plus g'rands qu'il ne leur appartenoit, ainsi prindrent charg^e sans craincte de dire chose à ung tel prince que ne leur appartenoit pas. ny ne g-ardoient la reverance ne humilité qui appartenoit au cas, ne que eussent faictz ses nourriz ne ceulx que peu par avant avoient eslongnés de luy par ses ymaginations. Mais tout ainsy comme aux deux grans personnaiges qu il avoit faict mourir de son temps, dont '^de 1 ungj luy tut conscience'' à son trespas et de l'autre non fce fut le due de Nemours et le conte de Sainct Pol, ausquelz fut signiffiée la mort j»r commissaires depputez à ce faire, lesquelz en briefz motz leur déclarèrent leur sentence et baillèrent confesseur pour dispouser de leurs consciences en peu d'iu ure qu ilz leur baillèrent à ce faire"-), tout ainsi
= Jao(jiics (^llllle^ D. — a ce ((u'il Ici'oil A 11 IJ, è<l. Ihiponl. Suuv. iijirès les mots « la \ ic ■■ ajoute : Et fui prise cesle coniliision par in.iistre OIi\ ier. afin tiue de tnuis pninctz il j)cnsasl à sa consciente et qu'il laissast toutes autres pensées, et ce sainct honime. en (|ui il se fioit et led. maistre Jacques le Médecin. — h dont de 1 unj^ feit conscience .1 H D, édit
Addition ,i iliist. de Louis XI, Paris, 1630. reprod. dans Lenf;lel, IV, 290). D'après Harantc Ducs de Bourdonne, XII, 35.3 . ce théologien serait .Jean de Hely. docteur en théologie ci chanoine de Paris.
1. Jacques Coitiei-. premier président de la (^liamhre des Omiptes depuisle 20 octobre I 182 V . plus liant, p. 52 . .Vprès la mort de Louis XI. on vf>ulut lui faire i-endi-c gorge, mais il finit par imposer silence à ses ennemis en faisant à Charles V'III un i)rct de 50.000 écus. à l'épociue du « voyage » de Naples. Kn sept ou huit mois, à la fin du règne de Louis .XI. il loucha 98.000 écus G. -Xaudé. ouv. cité, dans Lenglet, IV, 2S9i.
2. L'arrêt de mori prononcé contre le connétable de Saint-Pol par la Chambre criminelle du Parlement de Paris, fui signifié au condamné au Palais, en la Tt)ur criminelle, par le président .lean de Popincourl, le l!i décembre 1475 iChron. Scand., I, 357,: mais il est exact que, pendant l'instruction du procès, des commisaires choisis par le roi .Saint-Pieri-e.
74 MÉMOIRES DI-; PHiMi'Pt; or: commynes [1483]
si^nifTierent à nostre Uoy les trois dessusdits sa mort en briefves paroUes et rudes, disant : « Sire, il fault que nous nous acquittions : n'ayez plus d'espérance en ce sainct homme ne en aultre chouse, car seurement il est faict de An)us ; et, pour ce, pensez de votre conscience, car il n"v a nul remède. » Et chascun dist quelque mot assés brief, aus(|uelz il respondit : « J'ay espérance que Dieu me aidera, car, par adventure. je ne suis pas si malade comme vous pensés. »
Quelle douleur luy fut d'ouyr cestes nouvelles ! car oncques homme ne craignit tant la mort ne n'y fit tant de choses pour y cuyder mettre remède, et avoit tout le temps de sa vie prié à ses serviteurs, et à moy comme à d'aultres, que si on le veoit en ceste nécessité '^ que Ton luy dist tant [seulement] : « Parlés petitz », et que l'on l'admonestast seullement de se confesser*^', sans luy prononcer ce cruel mot de la mort ; car il luy sembloit n'avoir pas cueur pour ouyr une si cruelle sentence. Toutesfoiz il 1 endura vertueusement, et toutes aultres choses jusques à la mort, et plus que nul homme que j'aye jamais veu, mourir. A son lilz, qu'il appella l^oy, manda plusieurs choses ; et se confessa très bien et dist plusieurs oraisons servans à propos selon les sacremens qu'il prenoit, lesquelz luy mesmes demanda; et, comme j'ay dict, parloit aussi sec comme si jamais neust esté malade, et parloit de toutes choses qui povoient
c\ en cesle nécessite de mort éd. Diip. (Jh. — d) « Parlés peu », cl tine l'on l'esmeut seullenienl à soy confesser édit. : que l'on ne luy dist point et que Ton l'esmeut seuUement à se confesser I).
Denis Hcsselin et d'autres) furent adjoints à des conseillers au parlement. Poui- Jacques d'Armagnac, il n'en alla point tout à fait de même. Les juji'es du procès, conseillers au parlement de Paris, assistés de commissaires et présidés par le sire de lîeaujeu, entendirent, le 10 juillet, à Noyon, la lecture du diclum, rédifïé sur le rapport du conseiller Jean Pellieu. mais l'ai'rét fut prononcé publiquement, le 4 août, -à Paris, en Parlement. ])ar le cliancelier d'Oriole. Nemours en avait été informé, le matin du même joui-, à la Bastille, par les présidents Le Boulanger et de Nanlerre. deux conseillers au Parlement et deux généraux conseillers sur le fait de la justice des aides. L'exécution eut lieu (juelquès heure,-- plus tard. Jacques fl'Avmaf/nnc, cité, p. 105 ss.).
[14S3] I.IMU-; VI, ciiAi'iiiu-; xi 75
iiorvir au Roy son lîlz. Dit entre aultres que le seigneur •des Cordes ne bougeast d'avecques le Roy son (ilz de six nioys, et qu'on le priast de ne mener nulles praticques sur <]alays ne ailleurs, disant qu'il estoit enclin'" à conduyre telles entreprinsos, et h bonne intention pour le Roy et pour le royaulnie, mais qu'elles estoient dangereuses, et par especial celles de (^alays, de paour d'esmouvoir les Angloys. Et vouloit sur toutes choses (pie après son trèspas, on tint le royaulme en paix cinq ou six ans : ce (|ue jamais n'avoit peu soull'rir en sa vie. Et, à la vérité, le royaulme en avoit besoing, car, combien qu'il fust grand et estandu, si estoit il bien maigre et pouvre, et par especial [pour] les passaiges des gens d'armes (jui se remuoyent d'img pays en l'aultre' (comme ilz ont faict depuys, et beaucop pis /). 11 ordonna qu'on ne pi'int point de débat en Bretaigne et (pidn laissast vivre le duc Fran^'oys en j)aix, et sans luy donner doubles ne crainctes, et semblablement tous les voisins du royaulme, afin que le Roy et ledit royaulme puissent demeurer en paix jusques ad ce (|ue ledit Roy fust grant et en a âge pour en dispouser à son ])laisir.
Pour ce qu(\ en ung article précèdent, jay commencé à faire comparaison des maulx qu'il avoit faict soullVir à iiulcuns et à plusieurs qui vivoient soubz luy et en son obéissance, dont avant mourir il avoit soull'ert les semblables (et si n'estoient si grans ne si longs, comme j ay dit audit article, si estoient il/ bien grans veu sa nature, qui plus demandoit obéissance que nul aultre en son temps et qui plus l'avoit eue, pour quoy vnig petit mot de responce contre son vouloir luy estoit une bien grant
e concliul A fi, éilil.: disanl qu'il esloit Cdncliul a\ec luy de coiuhi.M-e D. — f) Les mois entre parenthèses ont été supiiriinés par tes premiers édi- Jeiirs et par Sativ;ufe.
1. Cf. Basin, jiussim. les Fruç/ineuls inéd. du iiicmc i-lMuniqucur p. |). L. Dclisle. p. 14 s., et les doléances des dépulés à l'asseuiblée des Klats- <îénéi'aux réunis à Tours en liS4, dans le Journal de Masselin, vile, passim.
7() Mic.\[(»ii\r;s nr: imiilippe di: co.mmynes [1483]
]nuiition tle 1 "endurer i, j'ay parlé comme peu discrètement luv fut siynilliée la morts'. Mais quelque cinq ou six moys par avant ledit seigneur avoit suspection de tout homme, speciallement de tous ceulx qui estoient dignes d'avoir auctorité. Il avoit craincte de son lilz et le faisoit estroictement garder, ne nul homme ne le veoit ne parloit à luy sinon par son commendement. II avoit doubte, à la fin, de sa fille et de son gendre, à présent duc de. Bourbon, et vouloit scavoir quelz gens il entroit au Plessis quant et eulx ; et à la fin rompit ung conseil que ledit duc de Bourbon tenoit leans par son commendement.
A l'heure que son dit gendre et conte de Dunoys ^ revindrent de mener l'ambassade qui estoit venue aux no])ces du Roy son fîlz et de la Royne, à Amboyse, et qu'ilz retournèrent au Plessis et entrèrent beaucop gens avecques eulx, ledit seigneur, qui fort faisoit garder les portes et la galerie '' qui regarde en la court dudit Plessis, fit appeller ung de ses cappitaines des gardes et luy commanda aller tacter aux y-ens des seig-neurs dessusdits veoir siiz a voient point de brigandines soubz leurs robbes, et quilz le feissent comme en se excusant à eulx, sans trop en faire de semblant.
Or regardés, s'il avoit faict vivre beaucop de gens en suspection et craincte sous luy, s'il en estoit bien payé et de quels gens il povoit avoir seureté. puisque de son filz et fille et gendre il avoit suspection ! Et ne le ditz point pour luy seullement, mais pour tous aultres seigneurs (pii désirent estre crainct[s] : jamais ne sentent ' de la revanche jusques à la viellesse, car, pour penitance, ils craignent
g) Tout le passage qui précède depuis l'alinéa a été défiguré par Sauvage et par ses succetseurs. J7"' Dupont l'a rétabli dans son intégrité, ronl'orinément aux mss. et aux premières éditions. — h) estant en la fiallerie édit. — Il ne se sentent D, édit.
J. François d'Orléans, comte de Dunois, de Lon5ïue\ille, de Tancamille, etc., fils de Jean, bâtard d'Orléans, comte de Dunois, et de Marie d Harcoiirt, né 1447, gouverneur de Dauphiné (20 décembre, 1483!, marié (1466 à Airnès de Savoie, mort le 25 novembre 1491 iMoréri;.
[1483] LIVRK VI, CHAlMTRt: XI 77
tout homme. Et quelle douleur estoit à ce Rov d'avoir ces paours et ces passions ! Il avoit son medicin appelle maistre .lac (ues Gotier, à qui en cinq moys donna ciiupiante iiiil-' escus comptens. qui estoit à la raison de dix mil escus le moys, et l'evescliié d'Amyans pour st)n nepveu ', et aultres ollices et terres pour luy et pour ses amys. Ledit medicin luv estoit si très rude que Ton ne diroit point ii un^- vailet les oultraiii'euses et rudes paroUes qu'il luy disoit : et si le ci-aignoit tant ledit seiti^neur (piil neust osé l'en envoyer '•". Et si s'en plaignoit à ceulx à (pii il parloit, mais il ne l'i-ust ousé chan^-er comme il faisoit tous aultres serviteurs, pour ce ({ue ledit medicin luy disoit audacicusement ces niotz : « Je scay bien que ung matin vous m'en envoyivz comme
vous faictes d'autres ; mais par la uni;- grant serment
qu i juroitj, vous ne vivres point huyt jours ;q)rès. » De ce mot l'espouventoit tant que après ne le faisoit que lia 1er et luy donner, qui luy estoit ung- grand purgatoire en ce monde, veu la grand obéissance qu'il avoit eu de tant de g-ens de bien et de grans hommes.
Il est vray qu'il avoit faict de rigoureuses prisons, comme caiges de fer et d autres de boys, couvertes de platz ' de fer par le dehors et par le dedans, avecques terribles serrures'", de quelques huyt piedz de large et de la haulteur d'ung homme et pied plus ". Le premier qui les devisa fut Tevesque de ^'erdun, qui en la première qui fut faicte fut mys incontinent et y a couché quatorze ans"-. Plusieurs
j cinq mil M : cin(|iiantc quatre mil éd. Sauv. Diip. : ciiuiiiaiite cinq mil 1). — k\ 1 cnvnyei- iini's rlavec luy éd. Dup. — / plates D. éd. l-'r24: j)la(|ues éil. Dup.. C.h. — m leri lires B. D, E V S, éd. Dup., Ch. : fermures éd. Ini'i. — n et iin^r pied [)iu-<é(/((.
1. Pierre Versé, évcque d'Amiens, 16 août l'i82-10 février Ijoo. (i:tlll;i Christ., X, col. 1203.
2. M"' Dupont a donné Mémoires, II, 264), dajjrès Sauvai [Rech. des antiquités de Paris, III. {21S), la descri])tion d'une de ces f;i'andes cages de bois, bardées de l'er, lonj^ues de neuf pieds, larf,'-es de huit, hautes de ' sept, où l'évcque de \'erdiin, Ilarancourt , l'ul enfermé à la Hastille. délie où le duc de Nemours fut ret(;nu (pielque tenqis à Lyon, en l'i"6. est qualifiée par un document du temps « une grande gcne ou gabie ». A la Hastille, lui aussi fut enfermé dans une cage, i)our avoir tenté de s'évader.
78 MÉMOIRES UI-; PrilLIPI'K DE COMMYNES [1483]
depuys l'ont mauldit, et moy uussi, qui cmi ay tasté, soubz le Roy de présent, huvt moys '. Autres foiz avoit faict faire [fers] à des Almans très pesans et très horribles pour mettre aux piedz ; et estoit unji^ anneau pour mettre ung" pied " seul, mal aisé à ouvrir, comme ung^ carcan, la cheyne grosse et pesante, et une grosse bouUe de fer au bout, beaucop plus pesante qu'il n'estoit de raison ne quin'appartenoit; et les appelle ' l'on les fîUetes du Roy/'. Toutesfoiz'^ je les ay veues à beaucop de g-ens de bien prisonniers avoir au pied, qui dospuys en sont sailliz'' à grant honneur et à g-rant joye. et qui depuys ont eu de grans biens de luy ; et, entre les aultres, ung filz de mons"" de la Gruteuse'', de Flandres, prins en bataille, lequel ledit seigneur maria et feit son chambelan et seneschal d'Anjou, et luy bailla cent
n au pied B. édil. : à unir pieil seul D. — p appelloit on èdil. — q) Aulresfi)vs éd. Ch. — r) venuz .4.
La prison en contenait trois et, après les cachots souterrains, elles passaient pour le plus horrible séjour; aussi n"v mettait-on g-cnéralement les prisonniers que pour la nuit. M. Forfreot a montré que ce mode de détention était connu bien avant le xv siècle. [Jean Balue, cité, p. 95 ss.: cf. Rem. et anecd. sur le château de la Bastille. Paris, Goujon, 17S9, s. n. d'a.,^ 3 vol. in-12. t. I. p. 11, et Jacques d'Armagnac, p. SI, 91.)
1. Arrêté au mois de janvier 1487 n. st.) pour avoir comploté le renversement du gouvernement des Beaujeu. Communes fut emprisonne au château de Loches, puis, sur un arrêt du Parlement du Is .juin de la même année,, transféré, au milieu du mois de juillet, « en la haulte chambre de la tour carrée de la C'oncierj^erie du Palais », à Paris. L'n nouvel arrêt, rendu en Parlement le 24 mars 14X9 (n. st.; le condamna à la relépation pour dix années dans une de ses terres Kervyn de Lettenhove. Lettres et négociations, cit., 11,55 ss.), mais, on le sait, avant la fin de 1492, le seigneur d'Arj-enton avait repris séance au conseil de Charles VIIL Ce qu'il dit luimême de sa prison du Palais à Paris doit l'aire croire que c'est à Loches cjue le chroniqueur " tàta » de la caj,^e et, dans ce cas, il y eut été détenu non pas huit mois, mais cinq mois à peine.
2. Ces chaînes pesantes ne s'appliquaient pas seulement aux jambes, car le jM'ocès d'Olivier le Daim nous montre le nialheiu-eux retenu par une ceinture de fer rivée à la taille et si lourde que son poids avait provoque d all'reuses hernies (Picot. Proci's d'Olivier le Daim. citéV
3. Jean de Bruges, seig-neur d'Avelfïhem, d'Iîspières, puis de la Gruthuse^ après la mort de Louis de Bruges, son père. Fait chevalier à Guinejrate, 7 août 1479, avant le combat,, lean de Bruj,'es y fut pris. Louis XI le nomma son chambellan et lui lit épouser Renée de Bueil, iîUe d'.\ntoine, comte de Suncerre. Sous Charles Ylll. il fut sénéchal d'Anjou (I4.s4). grand maître des arb:détriers I 198). etc. (Dupont, Mémoires, II, 266, et Van Praet, flec/ierc/ies sur Louis de Bruges, p. 64 ss.)
[t483] LIVRE VI, CHAPIIRE XI 79
lances. Aussi au seigneur de Piennes *, prisonnier de guerre, et le seigneur du Vergy - : tous deux ont eu gens d'armes de luy et ont esté ses chambellans, ou de son (ilz, et autres grands estatz; et autant à mons'" de Richebourg 3, frère du connestable, et à ung appelle Roquebertin ^, du pays de Cathelongne, semblal)lement prisonnier de guerre, à qui il feit de grans biens, et à plusieurs autres qui seroient trop longs à nommer, et de diverses contrées.
Or cecy n'est pas nostre matière principalle, mais t'ault revenir à dire comme de son temps furent trouvées ces mauvaises et diverses prisons, et comme, avant mourir, il se trouva en semblables et plus grandes, et en aussi grans paours et plus grandes que ceulx qu'il [y] avoittenuz; laquelle chose je tiens à très grant grâce pour luy et pour partie de son purgatoire. Et le diz ainsi pour monstrer qu'il n'est luil homme, de quelque dignité qui soit, qui ne seulfre ou en secret ou en public, et par especial ceulx qui font soulfrir les aultres.
Ledit seigneur, vers la tin de ses jours, feit clore, tout à l'entour de sa maison du Plessis lès Tours, de gros bar-
1. Louis de Halhvin, scifincur de Piennes. Buj^uenhout, Mai^^nehiis. etc.,^ fils de Josse, seigneur de Piennes, et de Jeanne de la Trémoille, chambellan de Charles, duc de Hourjrnfrne. Fait prisonnier des Français, il i)assa au service de Louis XI, (|ui le fit conseiller et chambellan, et lui donna la charge de capitaine de Monllhérv. Il servit Charles \'III, Louis XII et François I". (jouverneur de Picardie 1512;, bailli et gouverneur de Péronne, Montdidier et Koyc, il mourut en 1518, ayant épousé Jeanne tle Ghistelles, dame d'Esclebec et de Lcdinghen (P. Anselme, III, 912;.
2. Guillaume de \'ergy, seigneur de Champlitte, etc., baron de Bourbon- Lancy, lils de Jean de \'ergy, seigneur de Champvant, etc., et de Paule de M\olans, combattit à Morat et à Nancy, fut pris par les Français entre Arras et Doiuii l'i'T . Il reçut de Louis XI am'it 1177 le château de \'ergy et la terre de Sl-l)i/ier en Parthois et fut nommé conseiller et chambellan du roi; mais il quitta le parti français ai>i"és la mort de Charles VIII et fut créé maréchal de Bourgogne par Maximilien (1498). Ca|)itaine-général de Gueldre et de Zulphen en 150i, il nuiurut en 1520. II a\ait épousé 1° l'i69:. Marguerite de \'ergy, dame de Champlitte, etc., 2° (1 180) Anne de Rochechouart (P. Anselme, N'II, .38 .