En I
5. Au début de l'année ItiS. Louis entama des néj;ociations avec le duc Louis de Savoie en vue de son maria^'e avec la princesse Charlotte, qu'il
tost après co m;iii;t^e l'aict, il eust débat avecques son beau père et se tirent très âpre guerre '. Ledit lov Charles, voiant son fîlz trop acompaie^né de gens de bien et de gens d'armes h son gré, délibéra d'v aller en personne en grant nombre de gens et de 1 en mettre dehors : et se mist en chemin et peyne de retirer plusieurs, en leur commandent comme ses subjectz et sur peynes acoustumées, se retirer devers luy. A quoy plusieurs obeissoient au grant desplaisir de nostre Roy, lequel voyant le courroux de son pero. nonolistant qu il fust fort, se delil)era partir de là et luy laisser le pais ; et s'en ala par la Bourgongne avecques peu de gens devers le duc Philippe de Bourgongne -. lequel à grant honneur le recueillit et luy départit de ses biens, et à ses principaulx serviteurs, comme le conte de Cominges •', le seigneur de Montojjan et aultres. par forme de pension, par chascun an. Et fit. durant le temps qu'il y fui, plusieurs dons à ses serviteurs : toulesfoiz.à la despence qu'il faisoit et à tant de gens qu'il avoit, l'argent luy failloit souvent, qui luy estoit grant peyne et soucy. et luy en failloit chercher et emprunter, ou ses gens l'eussent laissé, qui est grant angoisse à ung prince qui ne la point acoustumé. Et ainsi n'estoit point en ceste maison de Bourgongne sans peine, et lui failloit entretenir le prince et ses principaulx gouverneurs, de paour qu'on ne se ennuyast de luy à y estre tant.
épmi«a, en dépit de lopposilion de Charles VII. le 9 mars 1451. à Chanibéry (De Beaiicoui-t, ouv. cité, Y. 134 ss.\
1. Mars-septembre 1454 ihid., VI, 7G ; cf. Mandrot, Élude sur les relat. de Charles VU et de Louis XI uvec les Puisses, cit.. p. 30. s. .
2. Dès 1455. Cliarles "\'II. lassé par les intrijrues hostiles de son fils, n'attendait, pour le réduire, que l'assurance de la neutralité du duc de Savoie. Lorsque celui-ci se fut décidé à ratifier les enjiragenients qu'il avait pris à Cleppé on 1452. le roi de France se porta en Bourbonnais et refusa de se laisser lléchir par des oITres de denii-souniission août 1456 . Le dauphin, crai^mant alors d'être pris •< connue la souris en son trou ». (piitta précipitanmient le Dauphiné en conipaj::nie de quelques familiers 30 août) et ne s'arrêta qu'à Sainl-Claude en Franche-Comté. De là ilgaf^na Nozcroy, résidence du ])rince d'Oranjre. traversa la Lorraine, conduit par le maréchal de 15ourf;otrne. et s'en fut à Louvain (De Beaucourt, oui-, cilé, VI, 64 ss. ; cf. Cliasleilain. III, 177 ss.).
3. .Ican, bâtard d'Armaj,'nac. fils d'Arnaud-Cjuilhem de Lescun et d'Anne d'Armagnac, dite de Termes. Créé maréchal de France et comte de Comminjîes en 1461, lég:itimé en 1163. il mourut en 1473 P. Anselme, ^'II, 94).
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car il y fut six ans ' : et incessaiiiinent \v Roy son père y envoyoit ambassadeurs [)our le mettre hors, ou qu'il luy fust renvoyé. Et vous pouvez penser (ju'il nestoit point oisif et sans grans peynes '' et soucy.
Or donc en quel temps pourroit l'on dire (ju'il eust joye ou plaisir, à ouyr toutes"' ces choses? Je croy que, depuys l'enfance et innocence, qu'il n'eut jamais ({ue travail jusques à la mort. Je croy que si tous les bons jours tpi'il a euz en sa vie, esquelz il a eu [)lus de joye et de plaisir que d'ennuy et de travail, estoient bien nombres, qu'il si en trouveroit bien peu. Et croy qu'il si en trouveroit bien vingt de peyne et de travail contre ung de plaisiv et de aise. Il ves([uit envyron soixante et ung an : toutesfoiz il avoit tousjours ymag'ination de ne passer point soixante ans, et disoit ([ue puys long' temps roy de France ne les passa (aulcuns veullent dire puys Charles le Grand); toutesfoiz le Roy nostre dit maistre fut bien avant au soixante et ungfnjiesme -.
Le duc Chai'les de Rourgong'ne, quel aise ne quel plaisir scauroit Ton dire qu'il eust plus cni-md que nostre Roy dont j ay parlé? Il est vray que en sa jeunesse il eut moins de soucy, car il n'entreprint rien c[u il n'eust envyron trente deux iins •', et jusques là avoit vescu sain et sans trouble. Alors commença à se troubler avecques les g^ouverneurs de son père, lesquelz ledit père soustint : par ([uoy ledit (ilz se absenta de sa présence et s'en alla tenir en Hollande, où il fut bien recueilli, et print intelligence avecques ceulx de Gand et par foys y venoit'". De son père n'avoit il rien, mais ce pays de Hollande estoit fort riche et luy faisoit de g-rans dons, et plusieurs grosses villes des
i"; sans {;rans pensées B D. édil. — w à avoir eu Inutes B, éilil. ; à avoir toutes -D. — X, et par fois il venoit veoir son père B, éd. Uni).