‹ Mémoires;Chapitre 37 sur 177 · La Bohème et la IVilojj:ne · texte numérisé non relu

La Bohème et la IVilojj:ne

H. Ladislas el Malliias (^orvin. Ladislas fut mis à mort pour avoir tué le comte de C^illy, oncle du roi, le 9 novembre 1456. L'arrestation des deux

92 MKMOIUKS J)K l'Illl.U'l'K DE COMMY.NES [1483]

\ouv pore avoit prins trop de inaistrise et de seig-neurie oudit royaiilnie, durant son eniïance, et que les enlfans, qui estoient bons personnages, pourroient bien vouloir faire comme luyff. Par quoy conclud ledit roy Lancelot de les faire prendre tous deux, ce qu'il feit; et incontinent fit mourir l'aisné ' et ledit Mathias mettre en prison à Boude, principalle ville de Hong-rie, lequel estoit le second ; mais il n'y fut g'ueres, et peult estre que Nostre Seigneur eusl ago-reables les services de son père, car tost après ledit rov Lancelot fut empoisonné à Prague en Behaigne par une femme de bonne maison (et en ay veu le frère), de laquelle il estoit amoureux et elle de luy, et comme mal contente de ce qu'il se marioit en France avecques la fille du Rov Charles septiesme, qui de présent s'appelle la princesse de Vienne ^. qui estoit contre ce qu'il avoit promis. Elle l'empoisonna en ung baing en luy donnant à manger d'une pomme, et mist la poison en la manche'' d'ung cousteau.

Incontinent que fut mort ledit roy Lancellot. les barons de Hongrie se assemblèrent audit Boude, pour faire élection de roy. selon leur usance et privileige qu'il/, ont d'eslire, quant leur roy meurt sans enlTans. Et estant là en brigue et division entre eulx ijour ceste dignité, survint en la ville

1/ , vuuldniient taire coniiiu- luy A : pourroient bien faire comme luy édit. Dup. — h marche dons le ins. et dans B. : D omet l:t fin de la phrase après pomme.

frères eut lieu à lîude le 1 1 mars 1 lôT Palaokv. Gesch. von Bidimen. IX . 101, 404 s. .

1. Maîfrré ce quont pu dire plusieurs auteurs contemporains, il parait avéré que Ladislas l'ut emporté par la peste De Beaucouit, Hist. de Charles VII, W, iiîO n.". au moment même où son ambassade solennelle arrivait à Tours, le S décembre 1 157. avec la mission de demander ofliciellement pour lui la main de Madeleine de France. fUle de Charles ^'II. Ce roi appuyait Ladislas dans sa revendication du Luxembourg' c mtre le duc de lîonrjrogne ihid., p. 165 ss.).

2. Madeleine de France épousa, le 7 mars 1 î(i2 n. st. . Gaston, prince de Viane, lils de (iaston IV, comte de Foix. qui mourut d'une blessure i-eçue en joutant, le 2:i novembre 1 170 Courteault. llisl. de (iaslon IV. citée. IL 254 . Elle même vécut jusqu'en l'îS6. Ce passa;,'e de Commyncs paraîtrait dimc. saut' erreur de sa part, avoir été écrit avant cette date, mais cela serait d'autant plus surprenant que. quelques liirnes plus loin, le chroniqueur dit expressément que cette partie de ses « Mémoires » a été rédigée en 1491.

[14831 LivKi: VI, cnAi'iTiiK xii 93

la volve iludit Chevalier blanc et mère dudit Mathias. bien fort accinipaii^'iiée , car elle estoit riciie tomme d'argent com})lont que s(in marv avoil laissé, par quoy elle avoiL pou iaire i^rand anuis soudaynement, et croy bien qu elle avoit bonne intollij^once en ceste compaii^néo et en la ville, Aou le crédit et auctorité que avoit eu son mary audit rovaulmo. l'^lle tira droit ' à la piison ' et mist son filz dehors. Partie dos barons ol pi'olatz, qui ostoiont là assemblés pour faire roy, s onfuyront do paour; les aultres. créeront ledit Mathias ii roy. lequel a reg-né audit royaulme en tarant prospérité, et autant loué et prisé que nul roy qui ait rogné long- temj)s a. et plus en aulcunes choses. Il a esté dos plus vaillans hommes (jui aient rogné de son temps et gaigné de grans batailles contre les Turcs; et de son tonq)s nont en rien endommaigé son royaulme , mais il jT] a augmenté tant de leur cousté ([uo on Beangfnje -, dont il tenoit la pluspai't, aussi on la Vaillaiquie 3. dont il estoit, et en lEsclavonnie. Et du costé dAlmaigne, print la pluspart de 1 Autriche sur lomperour Federic, qui vit encores. et la possédé jusquos à la mort, laquelle a esté en la ville de Vienne, chiof d'Autriche, J MCCCCIIIP^ et unze. II estoit roy qui gouvernoit aussi saig-ement ses alfaires en temps de paix comme en temps de guerre. Sur la fin de ses^ jours, et se trouvant sans craincte dennemys, est devenu fort pompeux et triumphant roy en sa maison et [a] faict '"'

r droit eut omis dans B. D et édit. — j en Tan B, édil ; D omet lu fin de laphrase après le mol mnrt. — h) et feit édit.

1. Il y avait plusieui's cniiipélilcuis au (rniie de Iloii^iic. Le plus puissant était lemijereur Frédéric III, mais la majorité acclama le nom de .Mathias Corvin, et ses partisans, au nom de 40.000, l'aillirenl en venir aux mains avec ceux de ses adversaires. Pour obtenir sa liherlé. Mathias dut payer ù Georjîes Podiebrad une rançon de 10.000 ducats et senj^aj^er à épouser la tîlle du rni fie Bohème. (Catherine, créature malin).;i'e et soull'rante. L histoire de la veuve de .lean Ilunyaily tirant s<in fils de prison [xiur le présenter aux barons assemblés afin (Télirc im roi, parait controuvée. Mathias détenu à PrafTue. ne l'ut rendu à la liberté qu'après avoir été élu Sayous, La politique et les guerres de Malhins Corcin. ds. (Compte rendus de lAcad. des sciences morales et polit., 1876, f. VI, 364-402).

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