février
5. Capoue, sur la rive gauche du "\'olturno, un peu nu suri du point où se réunissent les deux routes qui mènent rie Rome à Naples, lune à l'est par Frosinone et San Germano, l'autre à l'ouest, par les marais Pontins, Terracine, le rivage de la mer et le pont du Garigliano.
6. Suivi de près par les coureurs du eomle de Guise, Ferdinand franchit rapidement les 65 kilomètres qui séparent San Germano de Capoue. Il s'enferma dans cette place, dont les fortifications dataient du xui' siècle, avec l'intention d'y t<?nir. Mais les habitants le supplièrent de leur éviter l'éven- .
doublant ce qui advint, la rébellion. Tous ses gens, ou la pluspart, le dévoient attendre à Copoua ; mais, quand il revint le lendemain, il trouva tout parti, et estoient allez à NoUe ' le seigneur ^'i^gille Orsin et son cousin le conte de Petillanne, où ils furent prins et leurs gens par les nostres'^ Hz vouloient maintenir qu'ilz avoient sauf conduit et qu on leur faisoit tort ; et estoit vray, mais il n'estoit point encores entre leurs mains. Toutesfoiz ilz ne paierent riens, mais ilz eurent grant perte et leur feut faict tort.
De Sainct Germain alla le Roy à Minganno ^ et à Tranno ^, et tout ouvrit ". Et logea à Galvy s, deux mil de (^apoua ; et là ceulx de Capoua vindrent composer, et y entra le Roy et toute l'armée ^. Et de Capoua alla le lendemain à Averse ', my chemyn de Capoua et de Napples, à cinq mil de lun et de lautre ; et l;i vindrent ceulx de Napples et composèrent, en asseurans leurs privileiges anciens; et y envoya^' devant le mareschal de Gyé, le seneschal de Beaucaire, le président Ganay, qui tenoit le
u Cex trois derniers mois sont omis dans les édit. — r) et y envoya le lUiv édit.
luîililt- l'eduutahle d'un sièfiC el d'un assaut. En parlant, il les autorisa à ouvrir leurs portes s'il n'était pas de retour le 18 ; mais lorsqu'il revint, (Papoue refusa de le recevoir Notar Giacomo, Cronica. p. 186).
1. Nola, une des plus anciennes ville» de Campanie, à 3» kilomètres de Naples, vers l'est.
'J. \'ii-^inio Orsini et le comte de Pitifi^liano tombèrent aux mains de Louis d Ars. Ils furent emmenés plus tard à Naples, où Charles \'II1 les fit remettre en liberté, mais avec interdiction de quitter la ville Sanudu, Spedizione, p. 26 S ; cf. Notar Giacomo, Cronica, p. is", et ci-ai>rès, pass.).
3. 15 février. La petite ville jadis foitifiée de Mifjnano, à 1" kilom. au sud de San Germano, en est séparée par une {jorge étroite, la Gola di Mifrnano. C'était une position militaire de quelque importance.
4. 16 février. Teano, la cité de Campanie la plus importante après Capouc, sur les pentes orientales du cratère volcanique de Roccamonfina. U ^ avait là un château considérable, construit par Marino de Marzano, duc de Sessa, seif;neur angevin de marque.
b. I" février. Calvi, entre Teano et Capoue, à une dizaine de kilom. au nord de cette dernière ville.
6. De Piennes et Fabrice Colonna entrèrent les premiers à Capoue. Le roi les suivit de près (18 février i.
". 19-20 février. Aversa, à 20 kilom. au nord de Naples, entre cette ville cl Caserte.
Db Maudkot. — Mémoires de Philippe de Commynes. — II. 13
194 MÉMOIRES DK PHILIPPE DE C0MMYNE8 [1495]
seol, et des secrétaires ^. Le roy Ferrand, voiant ces choses, le peuple et nobles en armes rebelles contre luy, (jui à sa venue luy pillèrent son escuyrie^, qui estoit grande, monta en galée et alla en Yscle, qui est ysle à XVIII mils de Napples ■^. Et fut receu le Roy à ^rant joye et solempnité dedans la ville"'; et tout le monde luy vint au devant^, et ceulx qui plus estoient obligez à la maison d'Arragon les premiers, comme tous ceulx de la maison de CarafTe •', qui tenoient de ladite maison d'Arragon quarente mil ducatz de revenu que en heritaig^es que en bénéfices : car les roys y peuvent bien donner leur domayne, et si donnent bien ceulx des aultres, et ne croy point point qu'il y en ayt trois en tout le royaulme que ce qu'ilz possèdent ne soit de la couronne ou d'autruy.
Jamais peuple ne monstra tant d'afîection au Roy ne à nation comme ilz monstrerent au Roy, et leur sembloit estre hors-*' de toute tirannye ; et se prenoient eulx mesmes, car
w) la ville de Naples êdil. — x) et pensoicnt estre tous hors de tyrannie édit.
1. Le peuple de Naples, soulevé contre les Aragonais, avait contraint le roi Ferdinand à se réfugier au château de l'Œuf, bâti sur un îlot et isolé de la terre ferme. Gié fut accueilli avec transport et conduit à San Lorenzo, où l'autorité lui fut remise. Il précédait Monlpensier, Clérieux et Ganay, qui prirent possession des portes afin d'empêcher les mercenaires suisses d'envahir la ville avant l'arrivée des troupes françaises (Delaborde, Expédition, p. 553 s.).
2. C'est le 19 février que la populace saccagea les écuries royales, le château de Gapuana et les palais des princes. Le roi, dans une sortie qu'il fit avec le marquis de Pescara et 400 Suisses, ne put reprendre que trentedeux chevaux {Ihid.).
3. Ferdinand s'embarqua le 23 février pour l'île de Procida. De là il gagna celle d'Ischia (Yscle), éloignée de Naples d'une trentaine de kilomètres. C'est à grand' peine qu'il obtint l'accès du château qui commandait l'île.
4. Il avait été convenu d'abord que Charles VIII attendrait au palais de Poggio Reale, en dehors de la Porta Capuana, jusqu'au 25 février, que la ville eût organisé son entrée solennelle. Mais dès le 22 février au soir, impatient d'activer le siège du Castel Nuovo, il pénétra dans Naples, escorté de 90 cavaliers seulement, et alla se loger au palais de Capuana. A ce moment, il ne restait plus aux Aragonais que les points fortifiés de la capitale : San Vincenzo, Pizzofalcone, le Castel Nuovo et le Castel dell' Uovo.
5. A cette maison de Caraffa, l'une des plus illustres du royaume et qui se divisait en plusieurs branches (cf. Moréri, au nom), appartenait ce Bertold, qui introduisit dans Naples, en 1441, les soldats d'Alphonse d'Aragon (cf. Inihofï, Hisl. Italix et Hispanise genealogica, p. 301-335).
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en Calabre tout tourna, où lut envové nions'' d'Aubij^ny et Peron de Bâche quant et luy, sans fj^ens d'armes. Toute r.\.l)russe ' tourna délie niesme, et commença la ville de la Quille '. laquelle a esté tousjours bonne françoise. Tout se tourna en Fouille, sauf le chasteau de Brandis '^ qui est fort et bien gardé, et Galepoly ^, qui aussi fut g-ardé. aultrement le peuple fust tourné. En Calabre tint trois places : l'Amentie "' et la Turpie '', anciennes Angevynes, levèrent les banieres du Roy ; mais pour ce qu'il les donna à mons'" de Persi ' et ne les voulut recepvoir au domayne, levèrent les banieres d Arragon. Aussi denioura Arragonnois le chasteau de Reges ^, mais tout ce qui w tint ne fut que par faulte d'y envoyer. Tarente ^ se bailla, et ville et chasteau. et tous deulx mesmes, car il n'alla pas assés gens en Fouille pour garder ung chasteau -. Le Roy eut Otrante, Monopoly, Tranne. Manfredonne, Berle ^'^ et tout, excepté
!/ qu'il dans le ms. — :, Tout ce pnssmje. depuis Kn Calabre, a été défiguré par Suuvafje.
1. L'Abrusse ou Abruzzc Aprutium . pi-ovincc de l'ancien royaume de Naples, di\ isée en citérieure et ultérieure, et comprise entre la Ptiuille, la Terre de Labour, les Étals de l'Eglise et la mer .\driatique.