‹ Mémoires;Chapitre 86 sur 177 · Au mois de janvier · texte numérisé non relu

Au mois de janvier

4. En 1394. Scutari fut cédé aux ^'énitiens par George, tîls de Slracinier «^Sanudo, Vie des docfest, dans Muralori, XXII, col. 762).

5. Grip ou gripo petit navire vénitien analogue au brigantin (Jal. Gloss. nautique).

6. Roues, petit bouclier rond (îodefroy, Dict. de innr. liinçiue française, au mot).

javelines, pour bailler à ceux avecques qui il avoit intelligence, car ilz n'en ont point. Et, en passant entre les deux chasteaulx, il fut prins et mis en Tung des dits chasteaulx i et ses serviteurs, et le navire passa oultre par congié. Il fut trouvé saisy de plusieurs lettres ■'', qui descouvrit le cas. Et m'a dict le seigneur Constantin que les Veniciens envoyèrent advertir les gens du Turc aux places voisines, et le Turc propre 2; et n'eust esté le grip qui passa oultre, dont le patron estoit Albanois, qui l'advertit, il eust esté prins ; et s'enfouyt en Fouille par mer.

[Chap. XVIII.] Or est temps que je die quelque chose des Veniciens et pourquoy je y estoiz allé, car le Roy estoit à Xapples, au dessus de ses affaires. Mon allée fut d' Ast '\ pour les remercier des bonnes responces qu'ilz avoient faictes à deux ambassadeurs du Roy '♦, et pour les entretenir en son

jr II luy fut trouvé plusieurs lettres édit.

1. 7 janAner 1495. Il s'agit sans doute, sous le nom de châteaux, des deux tours qui fermaient la porte de l'arsenal, où l'on tenait les galères (Cf. la Relation de Jean de Chambes (1459), cit. plus bas). Un inquisiteur du Conseil vint examiner les papiers de larchevcque. Celui-ci était porteur dune commission du roi de F'rance, auquel il avait promis le concours de 20.000 Albanais. La Seigneurie ne l'ignorait pas, car il n'avait pas fait mystère du but de son voyage, et tout d'abord aucune objection ne lui avait été opposée. Mais bientôt on s'avisa, à Venise, qu il était plus prudent de couper court à cette entreprise, « non pas, écrit Sanudo, dans la pensée d'entraver les desseins du roi de France contre les Infidèles, mais parce qu'on n'ignorait pas qu'il n'avait pas la volonté de les mettre à exécution, et que celte agitation non suivie defTet pourrait irriter considérablement le seigneur Turc » Spedizione, p. 254 s.;. L'archevêque fut relâché au commencement de mars sur les instances de Commynes, et partit pour l'Orient. (Les envoyés milanais à Venise à Ludovic le More, 10 mars (1495), dans Kervyn, Lettres et négoc, cit. II, 175.)

2. On n'ignore pas les rapp<irts que le gouvernement vénitien, soucieux avant tout de ses intérêts polititiues et commerciaux, entretenait avec le sultan de Constantinople.

3. On a vu plus haut que Commynes quitta Asti vers la fin de septembre (1494). Cf. ci-dessus p. 145. Il gagna Padoue par terre, et de là, descendit la Brenta jusqu'à F'usina.

4. M" de Gytain et de Morvilliers s'étaient rendus à Venise au commencement du mois de mai 1494. A la demande de concours contre le roi de Naples et contre les Infidèles qu'ils présentèrent au nom de Charles VIII, en échange de l'abandon de certains ports en Fouille et sur les côtes de Grèce, et de la remise de Négrepont et de la ville de Scutari, les Vénitiens, soucieux de sauvegarder leur liberté d'action, objectèrent le péril où les mettait le Turc qui avait envahi la Croatie. Mais ils s'engagèrent à fournir des vivres aux Français s'ils traversaient leur territoire. (Delaborde, Expédition, p. 360).

amour, s'il m'estoit possible; car, voyant leur- force, leur sens et conduicte, ilz le pouvoient aiséement troubler, et nulz aultres en Ytalie. Le duc de Millan, qui me aida à depescher, escripvit à son ambassadeur ^ qui. est " là résident (car tousjours y en a ung), qui me tint compai^née et adroissast ■■^. Et a sondit embassadeur cent ducatz le moys^ de la Seig^neurie, et son log-is bien acoustré, et trois barcques qui ne luv coustent riens, pour le mener par la ville. Celuy de Venise en a autant à Millan, sauf les barcques, car on y va à cheval, et à Venise par eaue. Je passay, en allant, par leurs citez, comme Bresse •\ Veronne, Vincence, Padoua et aultres lieux. Partout me fut faict grant honneur, pour l'honneur de celuy qui m'envoyoit, et venoit g^rand nombre de g-ens au devant de moy, avecques leur potestat ^ ou cappitaine ; car ilz ne saillent point tous deux, mais le second venoit jusques à la porte par le dedans. Hz me conduisoient jusques à l'hostellerie et commendoient à l'hoste que habundanment fusse traicté, et me faisoient defraier, avecques toutes honnourables parolles; mais qui compteroit bien ce qu'il fault donner aux trompetes et tabourins, il n'y a g^ueres de g"aing à ce deffray,. mais le traictement est honnourable.

Ce jour que j'entray à Venise, vindrent au devant de moy jusques à la Chafasine-, qui est à cinq mil de Venise ^ ; et là on laisse le bateau en quoy on est venu de Padoua, au long d'une rivière, et se mect l'on en petites barquetes bien nectes et couvertes de tappisserie et

y) estoit édit. — =) Cliafousine édit.

1. Taddeo Vimercati (Kervyn, Lettres et Nègoc. cit., II, 119).

2. C"est-à-dire, dirigeât (Godefroy, Dictionnuire, cité, au mot).

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