‹ Mémoires;Chapitre 90 sur 177 · Otrante · texte numérisé non relu

Otrante

5. On a vu ailleurs que le château de Brindisi et Gallipoli étaient demeurés au pouvoir des Arajjonais.

6. Après la prise de Regjjio. Ferdinand avait en\oyé en Pouille son oncle Frédéric d'Aragon, avec trois navires, pour combatti-e les Français. Le capitaine général de la flotte vénitienne. Ant. Grimani, assiégeael pritd'assaut Monopoli. Du cotéde Brindisi, Camille Pandone. après avoii' enlevé aux Français plusieurs villes, fut tué près de Mesagne. Ti-ois jours après. Lesparre, vice-roi de Pouille, tombait aux mains de D. César d'Aragon (Sanudo, Spedizione. p. 4J(5 ss.;.

7. Il est surprenant de constater, dans un document quasi-officiel, avec quelle rapidité l'entliousiasme des premiers jours fit place à la haine, et sous quelles odieuses couleurs les adversaires des Français se plaisaient à dépeindre leur conduite. Témoin ce fragment d'un rapport inséré parmi les délibérations secrètes du Sénat de ^'enise, à la date du 19 juin 1495. « Sapiate adonque dicti Francesi per ogni loco dove sono stati et passatî hanno usato tanta crudelila, stupri, \iolenlie, rajiine, furti, homii-idi. et ogni altra sorte tle immanita, non servando ne fide ne alcuna pi-omission facta,non obstante che da tutti cortese et humanamente siano sta li'aclati. » El l'auteur de ce rapport conclut en affirmant que les habitants du royaume de Naplespréféi-eraient avoir pour seigneurs les Turcs et le Diable lui-même que le roi de France [Sen. Secr., XXXV, 126). Et Aless. Bene-

Pour chief y demoura nions'" de Montpencier, de la maison de Bourbon ', l)on chevalier et hardy, mais poy sai^e : il ne se levoit qu'il ne fust mydi. En Calabre laissa mons"" d'Aubign}', de nation d'Escoce, bon chevalier et sai<,^e et honnourable , (jui fut g-rant connestable du royaulme; et luy donna, comme ay dict, la conté de Daran et marquisat de Asquillasse. Il laissa, au commencement, le seneschal de Beaucaire, appelle Estienne de ^'ers, cappilaine de (iayele. faict duc de Nolle et aulti'es seigneuries, grant chambellan : et passoient tous les deniers du royaulnîe par sa main, et avoit cestui là plus de festz (ju'il ne pouvoit ne nCust sceu porter '-. Bien aireclionné estoit à à la garde dudit royaulme. 11 laissa mons"' Donjullien, Lorrayn ■', et le list duc de Mont Sainct Angel ", (jui a faict

Il .W' Diipojil n'iiniil siihsiiliié Muni St Aiijre niir levons l'oiirnies j);ir les j)reinleis ('ititeiirs duc clo Mnnseiitnciir Sainct An^e. el. dans Sniivaije, de la \ ille do Saint .\nfre^ que sur l'autorité de Guill. de Villeneuve Len- (jlei I\\ part. Il, i>. Il I '.

detti : « Xulla in parte ccssavit luxnria ebrietasque alque rapin;L>, quae invisiini nonicn Gallfunini l'ecerunt. Incola* nia},'na ex parte, miitata sentcnlia. jam pi-o F'erdinando vota nuncupare cœpei'unt •> Hesnaut, Le mal fniiK^nis. in-8", p. 97).

1. Gilbert de Bourbon, comte de Montpensier, duc de Sessa, vice-roi de Naples, fils de Louis de Bourbon, comte de Montpensier, de Clermont et de Sancerre. dau|)iiin d'Auvci-fîne. et de Gabrielle de la Tour. Il avait épousé Claire de G(m/.af;iie. tille de Frédéric. mai't]uis fie Mantoue. Il mourut à Pouzzoles. le 9 iiov. 1496 Cf. de Boislisle. Kl. de Vesc, p. 16tj n.. et ciaprès, ch. X.XI^.

2. " Il ne se clé])eclie rien en ce royainiic qu'il ne se sif^ne de sa main tant en la chambre fies Cimiptes fjue autre pai-t ■> i La Pilorpcrie, ouv.cilé..

.3. Antfiine fie \'ille. cnnseiller et chambellan du roi. seifrneui" de Domjulien. en L< irraine, peut-être fils dWndré de \'ille, seig' de Domjulien. et fie .Jeanne frilaussfmville Ai-ch. Nat.. X ' *. .3i, loi. 124 v"\ épousa Claude fie Beauvau a\ant le 2») mars 1 198 n. st. Bibl. Nat.. Pièces oriff.. vol. 3904. floss. V"i7/e . On trouve sur lui fies flétails curieux dans une lettre du p<jète Matleo Boïarflo. fjui lui rendit visite au mf>is d'août I 19j. V.c •■ don Giuliano », capitaine des arbalétriei-s, dont le cri était : « Diable! ». portait pour enseigne un diable cornu, bien (pie le roi Charles lui eût ordcmné de j)lacei" sur sa bannit'-re l'imafic de Saint-Michel. Il était costumé de panne i)lanche. chamai-ré fie brfifleiM<;s. d'émeraudes et d'énormes diamants tfnis faux. Les i-aisf)nnemenls du pei-soimage valaient son étrange accoutrement (Luzio et Régnier. Frnncesro (ionzn(fn allii l)alla(fli:i di h'ornovo. dans Archivio stor. ilal., 189i», |j. 211. Outre le duché de Sauf Angelo. il avait obtenu le gouvernement de Brindisi. et un re\enu de 1.200 ducats sur la douane de Manfredonia (Buislisle, A'/, de Vesc, p. 110}.

merveilles de bien se y gouverner'. A Manfredonnye laissa messire Gabriel de Montfaulcon ', homme que le Roy extimoit fort; et à tous donna grosses terres. Cestui là s'i conduisit très mal, et la bailla au bout de quatre jours, par faulte de vivres; et il lavoit trouvée bien garnye, et estoit en lieu habondant de bledz "*. Plusieurs vendirent tout ce quilz trouvèrent aux chasteaulx, et. dit l'on, cestui là pour ung-' . A Tranne ■' laissa Guillaume de \'illeneufve, que ses varletz vendirent à don Federic, qui long temps le tint en gallée ^. A Tarente laissa George de

r L'éditeur de IÔ"2S et tous ses successeurs ont altéré ou tronqué ce passage. Cf. Dupont. II. 429 et note.

1. Il ne rendit cette place ijuau mois de mars 149" (Boislisle, ouv. cité, ]i. 17-i\ Monte SanfAngelo, en Capitanate. sur le flanc du Mont Garj^ano, à 850 mètres de hauteiu-. est encore dominé par les ruines de son château fort. On trouvera une description de cette place dans le Tour du Monde, ann. 1899. p. 2"" s., art. de Bertaux, L'Italie inconnue.

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