‹ Mémoires;Chapitre 99 sur 177 · Voyez plus loin ch. XIX · texte numérisé non relu

Voyez plus loin ch. XIX

5. \'if;evano. où les ^'isconli a^■aicnt éle\é un clu'itoau entouré d'un grand parc, était la résidence favorite du More, qui y était né et qui l'avait beaucoup embellie .cf. de Maulde, Chron. de Louis XIL I, 73 n.).

251 MÉMOIRES UK PHILIPPE DK CO.MMYNES [1495J

à mons"" d'Orléans qu ilz estoient en lieu fort et qu'il avoit assez faict, et se retira en ung lieu appelle Trecas ', dont le seigneur dudit lieu parla poy de jours après à moy, qui avoit charge du duc de Millau. Audit Trecas envoyèrent vers ledit duc d'Orléans dos principaulx de Millan pour le mettre dedans, et oll'roient leurs enlFans en ostaige; et l'eussent faict aiséenient, car des hommes de grant auctorité leans qui sçavoient cecy (mais l'ignoroie) '', le m'ont compté, disant que le diic de Millan n'eust sceu trouver assez gens pour se laisser assiéger dedans le chasteau de Millan, et que nobles et peuple vouloient la destruction de ceste maison Forsesque. Aussi ma compté le duc d'Orléans et ses gens ces praticques dont j'ay parlé, qui ne s'i fioient point bien, et avoient faulte d'homme qui les entendist myeulx que eulx; et puis ses cappitaines n'estoient point uniz.

A l'ost du duc de Millan se joignit quelque deux mil Almans que le roy des Romains envoyoit, et bien mil hommes à cheval, Almans, que menoit messire Fedric Cappellare -, natif de la conté de Ferrete, qui fit croistre le cueur à messire Galiace et aux aultres ; et allèrent auprès de Trecas présenter la bataille au duc d'Orléans. Il ne fut point conseillé de combattre, combien que sa bande vausist mye.ulx que l'autre. Et peult estre que les cappitaines ne vouloient hesarder ceste compaignée, craignans que s'ilz la perdoient, que ce ne fust la perdition du Roy, de (^ui ilz ne sçavoient nouvelles, car les chemins estoient gardez. Et se retira toute ceste compaignée dedans Novarre, donnant très mauvais ordre au faict de leurs vivres, tant à

e i^noroient dans le ms. et dans éd. l5r2S\ Sauv. et Lenglet ont omis ces mots qui. avec ignoraient au pluriel pourraient, ù la rigueur, avoir pour sujets le duc d'Orléans et ses capitaines. Mous avons préféré la leçon de l'éd. Dupont.

i. Trecate, à 9 kilom. de Novare, sur la route de Milan.

2. Ulmann {Kaiser Ma.rimilian /, t. I, 290) accuse Comniynes d'avoir confondu, en cet endroit, Frédéric Kappeller n\ec Georg:es d'Ebenstein ^Pieli-aplana, pour les Italiens), qui amenait à Ludovic un corps d'Allemands, envoyés à son secours par le roi des Romains.

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trarder ceulx qu ilz avoient, que à mettre bleclz^^ dedans la ville, dont assez pouvoient recouvrer à lentour de la dite cité, sans argent ff, et dont depuis ilz eurent grant faulte ; et se logèrent leurs ennemys à deniye lieue d'eulx.

Chap. VII. ^ J'ay laissé à parler du Roy comme il fut en ceste vallée, deçà le Pont de Trémolo, où il avoit esté '' par cinq jours en grant famine, sans nul besoing. L'ng tour honnourahle firent noz Almans, ceulx qui avoient faict ceste grand faulte au Pont de Trémolo (et avoient peur que le Roy les en haist à jamais), et vindrent d'eulx mesmes oll'rir à passer Tartillerie en ce merveilleux chemin de montaignes (ainsi les ' puis je appeller pour estre haultes et droictes, et où il n'y a point de chemin hanté •' ; et ay veu toutes les principalles d Itallie et d Espaigne, mais trop iiiséement l'eussent faict passer ces mons) '■. Et firent ceste olîre par condition que le Roy leur pardonneroit, ce qu'il feist. Et y avoit quatorze pièces de grosse artillerie et puissante. Au partir de ladite vallée, commençoit Ion à monter par ung chemin fort droict, et veis des mulletz y passer à très grand peyne. Ces Almans se couploient deux à deux de bonnes cordes, et si mettoient cent et ' deux cens -k la foiz ; et quant ceulx là estoient las, il si en mettoit d'aultres. Et, non obstant cela, y estoient les chevaulx de l'artillerie; et toutes gens qui avoient train, de la maison du Roy, prestoient chascun ung cheval, pour cuyder passer plus tost, mais si n'eussent esté les Almans, les chevaulx ne l'eussent jamais passée. Et à dire la vérité, ilz ne passèrent point seullement 1 artillerie, mais, silz n'y"' fussent, la compaignée ne passoit jamais " :

f (jue à en nictlie édit. — g] dont assez (jovoient recevoir à lentour, sans arjrent édit. — h esté est omis dans iéd. i.'tiS: Dup. a suppléé à ioinission par le mot demourc. — i le édil. — j hanté est omis dans les édit. — A' Dans le ms.. comme dans les éd. Dup. et Chant., il y a les monts. Saiiv. et Lenff impriment mais li-op aisées eiissenl esté au ])rix de ces nu)nls.Le sens parait être : et j'ai vu les principales montagnes d'Italie et d'Espagne, mais les Allemands y eussent trc-s aisément fait passer l'artillerie en comparaison de celles dont je parle. — /; ou éd. Dup. — m) s'il» ne dans le ms. — n si ce n eusl esté ce moyen, ame ne fut passé Sauv.: la compaitjnie n'eust ame passé éd. Dup.

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aussi ilz furent bien aidez , car il/, avoient aussi bon besoing' et aussi g-rant vouloir de passer (jue les aultres; et lirent largement de choses mal faictez. mais le bien passoit le mal. Le plus fort n'estoit point de monter, car incontinent après, on y trouvoit une vallée; car le chemin est tel que la nature Ta faict, et n'y a riens adoubé ", et failloit mettre les chevaulx à tirer contre mont, et aussi les hommes ; et estoit de plus grant peyne, sans comparaison, que le monter, et à toute heure y failloit les charpentiers ou mareschaulx, ou tomboit quelque pièce qu'on avoit grant poyne à redresser K Plusieurs eussent esté dadvis de rompre toute la grosse artillerie, pour passer plus tost : mais le Roy pour riens n'y voullut '' consentir.

Le mareschal de Gié pressoit le P»oy de se liaster. qui estoit à \XX milles de nous: et mismes trois jours à le joindre. Et si avoit les ennemys logez devant luy en beau champ au moins à demye lieue prés, qui en eussent eu bon marché, s'ilz eussent assailly, et puys de nous après. Il fut logé f à Forenove - (qui vault dire ung* trou nouveau) •^, qui est le pied de la montaigne et lantrée de la playne, bon villaige, pour garder qu'ilz ne nous veinssent assaillir en la montaigne. Mais nous avions meilleure garde que

O; c'est-à-dire il n'y a rien d'accommodé. — p ne le voulloit éilil. — q) assailly : et après l'ut logé édit.

1. M. Delabni'de rappelle à ce projios qu'en venant, la t;ro?se artillerie a\'ait été transportée par mer. Il rétablit aussi, d'après le Verçfier d'hnnneur [oiiv. cité, p. 376-.378^, les Mémoires de Louis de la Trémoille !éd. Petitot, p. 422) et le Livre des Comptes de Chazerat. maitre d'hôtel de La Trémoille. le rôle important que ce j^rand capitaine, assisté par le maitre de l'artillerie, Jean de la Granjie, joua en cette circonstance.

2. Fornovo (Forum Xo\imi\ sur la rive droite du Taro. Il n'est pas aisé de définir si. à cette époque, les Français disaient Fornove ou Fornone. C'est ainsi que. dans une lettre adressée du camp français au duc d'Orléans, le 3 juillet 1495, on lit que Gié et les Allemands d'Eng:elbert de Clèves sont à 5 milles près de « Fournaux » (de Maulde, Procéd. polit., cit. p. 665). La forme « Fornouve » ou « Fournouve » se rencontre plus fréquemment, par exemple sur une jrravure représentant la bataille du 0 juillet 1495, intercalée dans un exemplaire de la Mer des Histoires, imprimé vers 1503. qui est reproduite par Delaborde ^Erpéd/i/on, p. (540; cf. Arch. Nat., X-^*62, à la date du 20 Sept. 1498).

3. Commynes confond l'ital. fora, trou et l'ital. fora, forum.

LIVIŒ Mil. flIAlMTKi: VU

luv, car Dieu mist aultre pensée au cueur de nos ennemys. Car leur avarice fut si ji^rancle qu'il/, nous vouloient attendre au plain pays, aiïin que rien neschappast , car il leur senibloit que des montai^nes en hors on eust peu fouyr vers Pise et ces'' places de Florentins ' ; mais ilz erroient. car nous estions trop loin<,^, et aussi, puis que" on les eust attenduz jusques au joindre, ilz eussent bien autant chassé (rue on eust sceu fouyr, et si scavoient myeulx les chemins (|ue nous.

Encore ju.sques icy n'est point commencé la j^uerre de nostre costé ; mais le mareschal de (iyé manda au Roy comme il eut passé ces montaiii^nes et comme il envoya ([uarante chevaulx courre devant l'est des ennemys pour scavoir des nouvelles, qui furent bien ramenez ' des Estradiolz : et tuèrent uni^ g-entilhomme appelle Le Beuf et luy coupperent la teste qu ilz pendirent à la bannerolle d'une lance, et la jîorterent à leur providadour pour en avoir luifi ducat-. Stradiotz sont gens comme Genetaires •'. vestuz à

;• en ses ms. — si quanl étiit. — / i-ccullez éd. lô-2/i: rociu'illiz Smif. I.eny. Dup.

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