‹ Mémoires;Chapitre 105 sur 137 · LE PRINCE EMMANUEL DE SALM ET LA DUCHESSE DE BOUILLON · texte numérisé non relu

LE PRINCE EMMANUEL DE SALM ET LA DUCHESSE DE BOUILLON

(Tome 1er, page 200.)

On ne peut expliquer autrement que par un accident typographique l'erreur commise dans un livre publié sous le titre « Anne-Paule-Dominique de Noailles, marquise de Montaau » (Paris 1865, in-8), relativement à la duchesse de Bouillon dont il est ici question. — D'après ce livre (3e édition, page 294), la duchesse de Bouillon aurait été la sœur du prince Emmanuel de Salm. L'auteur ne doit pas ignorer la Vie de la princesse de Poix, par la vicomtesse de Noailles. Dans cette biographie, page 38, il est question du « prince Emmanuel de Salm, amoureux toute sa vie de Mme de Bouillon. » Est-il besoin de dire que le prince de Salm n'était point le frère de Mme de Bouillon? Il n'existait cuire eux de parenté à aucun degré, et sans doute il aura suffi de signaler une pareille méprise pour qu'elle soit rectifiée.

Emmanuel-Henri-Nicolas-Léopold, prince de Salm-Salm,

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né le 22 mai 1742, était le neuvième des treize entants issus du mariage du prince Nicolas-Léopold de Salm-Salm avec Dorothée-Françoise-Agnès de Salm, sa cousine. Il était chevalier de Malte de minorité. D'abord colonel au service de l'Espagne, il passa à celui de France , grâce au pacte de famille, qui avait fait de tous les royaumes possédés par la maison de Bourbon une même nation et une même armée. Successivement colonel du régiment de son nom (13 novembre 1773), brigadier (5 septembre 1778), maréchal de camp (5 décembre 1781), le prince Emmanuel dut à son mérite autant qu'à la position de sa sœur, mariée au comte Adam de Stahremberg, la protection de la reine Marie-Antoinette.

Les épreuves de la révolution et de l'exil ne purent que resserrer l'étroite intimité qui unissait le prince Emmanuel et la duchesse de Bouillon. Mme Suard, fuyant "en Allemagne avec son mari les suites du 18 fructidor, écrivait : « Ce fut « un bonheur pour nous de nous retrouver à Anspach, avec « deux personnes si parfaitement aimables... Nous avions « rencontré à Paris' le prince de Salm et la duchesse de « Bouillon... Cette princesse, par la réunion heureuse des « qualités du cœur, de l'esprit et de l'imagination, offrait le « modèle où peut aspirer une femme. » [Essais sur M. Suard, p. 283.)

Emmanuel de Salm mourut à Nieder-Walluf (Rheingau) en 1808. — Nous avons parlé d'une de ses sœurs, mariée en 1767 au comte Adam de Stahremberg; une autre avait épousé le duc deLerme et de l'Infantado ; deux de ses nièces, tilles de l'un de ses frères, vivent encore aujourd'hui : la duchesse douairière et la princesse de Croy.

La vie du prince Emmanuel de Salm, autant que son caractère, le distingue du prince Frédéric de Salm-Kyrbourg, son cousin, né en 17-45, comme lui au service de la France, et qui périt sur l'échafaud révolutionnaire le 5 thermidor an II.

La duchesse de Bouillon était née princesse de Hesse-Rhinfeldz (Marie-Edwige-Éléonore-Christine). Son mari, qui ne le fut guère que de nom, était fils de ce duc de Bouillon, dernier

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