Marmontel, Lettre à Mme de Beauvau du 25 mai
2. C'est à son neveu, le chevalier de Boufflers, que s'adressait cette épigramme, dont on ne peut citer que les deux derniers vers.
fermeté de caractère dont il fil preuve dans cette circonstance. Le coup d'État du chancelier Maupeou avait suivi de près le renvoi du duc de Ghoiseul1; M. de Beauvau dénonça, avec une énergie qui ne trouva pas beaucoup d'imitateurs, les violences de la nuit du 21 janvier 1771. — Son discours de réception à l'Académie, prononcé le 21 mars suivant, lui fut une occasion de rendre publiquement au ministre exilé un hommage qui était la critique de ses successeurs. Lorsque le roi lui retira le gouvernement du Languedoc, Mme du Deffand écrivait à la duchesse de Choiseul : « Son maintien est adini- « rable; il n'y a pas sous le ciel un homme plus courageux, « plus noble et plus simple. On le punit, mais il n'est pas « disgracié, et il ne le sera pas2. »
Mais si M. de Beauvau ne fut pas disgracié, il fut au moins en défaveur : trop peu rebelle, à notre gré, aux bonnes grâces de Mme de Pompadour, il fut du moins exempt de l'amitié de Mme du Barry, et pendant les dernières années de Louis XV nous le trouvons plus souvent à Chanteloup qu'à Versailles. Le règne suivant l'appela au gouvernement de la Provence. Ce n'était plus le temps où le duc de Choiseul donnait pour instructions aux représentants de la royauté dans les provinces « de tout jeter par les fenêtres. » Une mesure trèsprotitableau Trésor public avait introduit l'usage de remplacer les gouverneurs par des commandants. M. de Beauvau ne cessa pas cependant de s'occuper des intérêts de sa province, dont le régime particulier laissait une part d'influence aux gouverneurs même absents; « mais en rendant à celle-ci tous « les services qui pouvaient dépendre de lui, jamais il nes'é- « carta du principe que les privilèges particuliers doivent cé- « der au bien général3. » On en trouverait une preuve dans le passage des Mémoires auquel se rapporte cette note. N'omettons pas de rappeler que la Provence lui dut la conservation