‹ Mémoires;Chapitre 114 sur 137 · I. Séance du 3 novembre · texte numérisé non relu

I. Séance du 3 novembre

■J. Avis au tiers-état, parle maréchal de Beauvau. Paris, 1*88, in-8°.

3. Voici la lettre que lui écrivait Louis XVI à cette occasion : elle est datée du i août 1 789 : « Je sens l'importance dont il est pour mon service que « mon Conseil d'État soit composé de la manière la plus propre à captiver la « confiance publique ; et comme personne en France ne jouit d'une considé- « ration plus générale et plus méritée que M. le maréchal de Beauvau, je le i prie de venir m'aider de son zèle et de ses lumières, et de me donner, dans « ces malheureuses circonstances, une nouvelle preuve de sou attachement à « ma personne. »

M. de Beauvau fut ministre sans portefeuille pendant cinq mois.

•I. M. de Beauvau était le quatrième fils du prince de Craon (ministre favori du grand-duc de Toscane, beau-père de Marie-Thérèse) et de celte princesse de Craon, célèbre par sa beauté et par ses vingt-deux enfants. Lui-même n'eut pas d'autre enfant que la princesse de Poix. Après lui, le nom de Beauvau lut continué par ses neveux, lils de son frère le prince de Craon.

:>. Marie-Sopliie-Thérèse-Charlolle de la Tour d'Auvergne de Bouillon, fille d'Emmanuel-Théodore, duc de Bouillon, et de Henriette-Françoise de Lorraine, sa quatrième femme, laquelle était sœur de père de Charles-Godefroy, duc de Bouillon, marié en 1724 a Charlotte Sobieska. — Celte première Mine de Beauvau était sœur du duc de Bouillon, mort gouverneur de la province d'Auvergne en 1771.

6. Anne-Louise-Marie de Beauvau, née le 1er avril I7ât), mariée en 17G7 à Louis-Philippe-Anloine de Noailles, prince de Poix, (ils du maréchal de

sans quelque motif, « elle aimait son mari sans lui plaire. » Pendant la maladie dont elle mourut, elle répétait : « L étoile a de Mme de Clermont me tuera. » Il arriva, en effet, que M. de Beauvau, devenu veuf, épousa Mme de Clermont d'Ar boise l , cette personne d'un mérite si supérieur et d'i agrément égal à son mérite; on sait avec quelle admiratk ses contemporains2 ont parlé de « celle qui dans le commer « des premiers personnages de l'État s'était vue plus d'ui « fois, sans y avoir jamais prétendu, écoutée, consult « même, pour avoir laissé entrevoir tout ce que la réserve de « son sexe pouvait, en beaucoup d'occasions, voiler de supé- « riorité 3. » C'est elle qui se trouvait au Val avec son mari et sa belle-fille au moment de la scène racontée par l'auteur des Mémoires.

Ce second mariage de M. de Beauvau fut du petit nombre de ceux qui démentent l'assertion de la Rochefoucauld, qu'iV riy a pas de mariage délicieux. La mort put seule rompre cette union, qui offrit à la société de ce temps un modèle trop peu suivi. Mme de Beauvau ne survécut à sou mari que pour rendre un culte à sa mémoire: quelques pages touchante»

Mouchy et de Mlle d'Arpajon ; ces deux derniers, morts sur l'échafaud révolutionnaire.

Du mariage du prince de Poix et de Mlle de Beauvau sont nés : 1° Charles de Noailles, duc de Mouchy, marié en 1790 à Nathalie de Laborde, père et mère de Mme Alfred de Noailles : celle-ci, veuve à vingt ans du vicomte de Noailles, mort au passage de la Bérésina en 1812, laissa une seule fille, mariée en 1834 à son cousin germain Henri de Noailles, duc de Mouchy, et morte le 20 février 1858;

2° Juste de Noailles, prince et duc de Poix, marié en 1807 à Mélanie de Périgord, nièce du célèbre prince de Talleyraud : de ce mariage, trois lils et une fille, Mme Slandish; l'aîné des trois fils prit le titre de duc de Mouchy, épousa sa cousine, Mlle Alfred de Noailles, et mourut le 20 novembre 1855, laissant un fils, qui est le duc de Mouchy actuel, né en 1841, et marié le 18 décembre 18G5 à la princesse Anna Murât.

1. Marie-Charlotte-Sylvie de Rohan Chabot, veuve en 1701 du marquis de Clermont d'Amboise ; remariée le 14 marsl7f;i.

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