‹ Mémoires;Chapitre 115 sur 137 · LA MARECHALE DE BEAUVAU · texte numérisé non relu

LA MARECHALE DE BEAUVAU

nous ont conservé le souvenir de cette douleur qui la rendait étrangère à tout ce qui se passait autour d'elle. Au plus fort de la Teneur, le 4 juillet 1793, elle écrivait : « Je vis encore « pour le pleurer, pour mesurer sans cesse l'étendue de cette « perte: non, ce lien si cher et si sacré n'est pas rompu : il « me tient attachée à sa mémoire aussi étroitement que je l'é- « tais ;i sa personne; le bonheur seul a disparu l. »

Il n'existe plus aujourd'hui de contemporains de Mme de Beauvau; le nombre de ceux qui ont connu la princesse de Poix - diminue même tous les jours; mais le souvenir de ces deux femmes si distinguées vivra longtemps dans les pages consacrées à la princesse de Poix par sa petite-fille, la vieomtesse Alfred de Noailles 3. — Ces pages ne sont rien moins qu'un chef-d'œuvre, et je m'empresse de restituera leur auteur les citations que je lui empruntais il n'y a qu'un instant.

Le duc de Lévis a laissé, de la maréchale de Beauvau, un portrait plein de charme : « Ses amis, dit-il, ne l'oublieront « jamais; et quant à ceux qui ne l'ont pas connue, ils ne peu- « vent se faire une idée de ses manières nobles et gracieuses « qu'en voyant sa belle-fille, à qui elle semble avoir laissé ce « précieux héritage. » Nous pouvons dire à notre tour que la princesse de Poix revivait dans Mme Alfred de Noailles.

Cette arrière-petite-fille du maréchal de Beauvau a lai^-.'un -'.avenir ineffaçable à tous ceux qui l'ont approchée4; mais comment donner à ceux qui ne l'ont pas vue une idée du charme et de la séduction de son esprit? Marie-Thérèse,

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