LUI LETTRE A MESMER
(Tome Ier, page 2 22.)
2C août 1784.
... Je veux \\)us faire part de ce que j'ai conçu de votre système, en réfléchissant sur les vingt-sept propositions que vous avez publiées. Il y a déjà trois ans que j'ai résumé et confié à quelques personnes les idées que je vais soumettre a votre jugement. — Je conçois deux principes des êtres : la matière et le mouvement. La matière étant, par elle-même, dans une inertie absolue, la puissance qui la meut et la moditie doit être une et universelle : elle doit agir par des voies certaines et immuables dont Newton a trouvé l'application et le développement dans le mouvement des corps célestes.
Il me semble que vous avez étendu l'application de ces lois à tous les corps animés et inanimés, en partant de cette idée grande et probable qu'il n'y a qu'un seul principe , un seul ressort dans la nature.
J'ai donc cru raisonner comme vous en disant : — Il existe en moi un agent invisible qui part au moindre signe de ma volonté et qui pèse comme un levier sur tous mes muscles ; il en développe, il en emploie les forces; je marche, je soulève
dans l'intéressant travail de M. Geffroy sur Gustave III) , plus lard au maréchal de Ueauvau; celui-ci l'augmenta de deux ailes et y passait tous les étés. 11 y mourut en 1793, et le Val fut mis en vente nationalement comme partie du domaine royal. — La maréchale de Beauvau le racheta pour la somme de dix-huit mille livres en assignats et le légua à sa belle-fille, la princesse de Poix. (Note due à l'obligeance de Mme Standish.)
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des fardeaux par le secours de mes mains, et tous mes muscles sont les instruments de cet agent.
Cet agent doit être un fluide très-actif, car il agit et réagit avec la rapidité de l'éclair; il doit être impalpable, car l'anatomie n'a pu s'en saisir; il doit être commun à. tous les animaux, car ils ont des mouvements divers, sans autre règle ni mesure que leur volonté; et lorsque leur volonté est dérègle comme dans le délire, ces mouvements sont désordonnés Ainsi il y a analogie certaine entre la volonté par laquelle j( veux et je compare et celle par laquelle j'exécute ce que j( veux.
Le principe moteur des corps animés est donc une puissam intérieure dont l'exercice constitue la vie et la santé, lorsqu'i y a équilibre de cette puissance avec les forces qu'elle emploie; car le mouvement désordonné altère et détruit. l'organisation.
Or, la nature ayant soumis toutes les parties homogènes à une action réciproque, il est impossible que vous et moi n'agissions pas respectivement l'un sur l'autre dans des circonstances déterminées.
Si l'un de nous n'est pas dans l'équilibre de puissance et de mouvement qui constitue Tétat sain d'un corps animé, il reçoit alors addition de mouvement.
Si le corps touché est, au contraire, dans un état tel que le fluide circule librement dans tous ses organes, il doit arriver que la partie du même fluide qui lui est transmise par l'approche ou le contact d'un autre corps suit le courant qui lui est tracé par son. analogue, rentre et sort librement avec lui, sans laisser aucune trace de son passage.
L'état de maladie des corps animés est donc le seul cas où le mouvement communiqué puisse être sensible et curatif.
Il peut devenir curatif, en ce que toute espèce de maladie n'est due qu'à une obstruction, à un dérangement dans la circulation de ce fluide vital : nous n'avons pas été créés avec la lièvre; ainsi, en rétablissant l'équilibre de mouvement qui nous fait vivre, toute obstruction disparaît, tout mouvement fébrile doit cesser.
Mais comment agit ce fluide universel? Comment pouvonsnous le saisir, le diriger, le communiquer? C'est ici la partie