LA DUCHESSE DE BIRON
(Tome II, page 197.)
Amélie de Boufflers, fille unique du dernier duc de Boufflei et de Marie-Anne-Philippine de Montmorency, était née 1( o mai 1751. Elle était encore enfant lorsque J.-J. Rousseau vit chez la maréchale de Luxembourg, sa grand'mère. On sait comment il en parle dans ses Confessions : « Rien de plus ai- « mable et de plus intéressant que sa figure ; rien de plus « tendre et de plus chaste que les sentiments qu'elle inspi- « rait. » Élevée au couvent de Port-Royal avec son amie Mlle de Beauvau, qui devint la princesse de Poix1, elle er sortit à l'âge de quinze ans pour être mariée au duc de Lauzun, connu plus tard sous le nom de duc de Biron2; personnage tristement célèbre, qui se vantait d'avoir été élevé par ui laquais3 et qui eut le malheur d'être l'ami d'un prince tvo\ fameux.
Mme Alfred de Noailles, que nous aimons toujours à citer, a tracé en quelques lignes un portrait de la duchesse de Biron, d'après les souvenirs de la princesse de Poix : « Pure, délicate, « extrêmement timide, elle ne laissait voir que dans l'intimité « un esprit aussi élevé qu'original. » — « Il n'y a pas une « jeune personne plus aimable, plus intéressante, plus char- « mante en tout que l'est ma nièce4 , » écrivait la duchesse de Ghoiseul à Mme de Deffand. — Bezenval, qui ne flattait pas les femmes, l'appelle « la plus parfaite qu'il ait connue. »
« Parler de Mme de Lauzun, à propos de M. de Lauzun, dit spirituellement M. Sainte-Beuve, est la plus grande vengeance que l'on puisse tirer de celui-ci. » Nous voulons parler