Suurd, Élude sur Mirabeau
que nous nous entendions; comptez sur la fidélité de mon attache meut1. »
Trois jours avant que Mirabeau quittât le fauteuil2, pendant la séance du matin, il écrivait à Malouet : « Avez-vous quelque objection contre une conférence que je vous propose chez un de vos amis, M. de Montmorin, pour demain au soir à dix heures8? »
Le 13 février, nouvelle lettre de Montmorin à Mirabeau : « Vous deviez être mort de fatigue hier soir4. »
Cette soirée du 12 février avait été remplie par la conférence, qui dura, nous dit Malouet, « depuis dix heures du soir jusqu'à deux heures du matin5.» On voit qu'elle se passa entre dois personnes, Montmorin, Malouet et Mirabeau. Les détails que donne l'auteur des Mémoires sur cette dernière tentative et sur la mort de Mirabeau, qui la suivit de si près, Boni des pa^es dont il ne nous appartient pas de faire ressortir l'intérêt saisissant; mais il nous appartenait d'opposer à la version de l'historien le témoignage du contemporain, et de discuter la contradiction.
Le rôle de Malouet, ses antécédents, la justesse de ses vues, l'autorité de son caractère, la démarche de Mirabeau et les circonstances dont elle était entourée: tout cela était fait pour commander l'attention de l'historien. Il n'en a pas été ainsi; et nous regrettons de ne pas trouver dans celte page de la jeunesse de M. Thiers un peu plus d'exactitude dans les recherches et de sûreté dans les informations. La rectiiication que l'on vient de lire paraîtra peut-être tardive; mais M. Thiers n'a pas oublié le mot de Voltaire : « La vérité est faite pour attendre. »
1. Correspondance eni re Mirabeau ci la Mai cl., ili, p. 5i. 'L C'est-à-dire le 11 lévrier. Sa présidence, commencée le 29 janvier, cessait le 1 i février.