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I. Unit jours sous l'Equateur

Malheureusement notre colonie n'est pas aussi bien pourvue quant à la possibilité des établissements maritimes. Ses côtes n'offrent pas d'autre rade que celle de Cayenne. Ce grand nombre de fleuves et de rivières, en arrivant à la mer, traversent plusieurs lieues de terres fangeuses et noyées, et leurs embouchures sont obstruées par des bancs de sable qui se prolongent au loin et tiennent à dislance les bâtiments d'un fort tonnage. L'Approuague fait exception; les bâtiments tirant treize pieds d'eau peuvent y entrer et remonter jusqu'à six. ou sept lieues.

Mais dans toutes ces rivières, la navigation cesse à peu de distance de leur embouchure devant les cataractes ou sauts qui barrent leurs cours sur la ligne où commencent les montagnes de la Guyane. Au delà de celte ligne, elles sont peu connues; le Maroni et l'Oyapoc ont été seuls explorés dans toute leur étendue; les anciens missionnaires, et après eux Mentelle, reconnurent que leurs sources sont très-rapprochées l'une de l'autre. Partis de la même région, ces deux fleuves embrassent le territoire de la colonie dans un arc immense, dont la corde serait la partie du rivage de l'Océan comprise entre les deux emboucnures.

Cependant les bancs de sable n'empêchent pas les navires d'un fort tonnage d'entrer dans le Maroni ; et dès qu'ils ont franchi la barre, ils peuvent remonter son cours pendant une quinzaine de lieues. Au mois de septembre 1861, une commission mixte franco-hollandaise explora le cours entier de ce fleuve et de ses deux grands affluents, leïapanahoni etl'Awa, dont la réunion forme le Maroni proprement dit. Les voyageurs employèrent quatre-vingt-six jours à remonter les trois fleuves pendant quatre cent cinquante milles marins, et reconnurent la communication qui existe entre le Maroni et l'Oyapoc par une de ses nombreuses criques et leCanopi. Parvenus à la dernière limite navigable de l'Awa, ils ne trouvèrent plusque desc7v'ques descendant de plaines étagées: des renseignements obtenus des indigènes leurapprirent que l'une de ces criques, appelée /*awouani, se jette dans la rivière Yari, affluent des Amazones1.

1. Lire à ce sujet l'intéressant rapport de M. Vidal, lieutenant de vaisseau,

En 1769, le docteur Patris était passe de l'Oyapoc dans I«i Canopi. niais il n'avait pas reconnu le cours d'eau qui t'ait communiquer le Canopi et le Maroni.

L'entrée de ce dernier fleuve et la partie inférieure de son cours offrent donc à la navigation des facilités qui ne se rencontrent dans aucune autre rivière de la colonie, si ce n'est à l'embouchure de la rivière de Cayenne, qui forme le port. L'exposition de sa rade, qui a le nord en regard, les facilités d'installation et d'exploitation dans les savanes et dans les forêts du nord expliquent le choix qui avait été faitduKourou lors de la fatale expédition de 1764. Indépendamment de cette circonstance favorable, Préfontaine, qui connaissait bien la Guyane, puisqu'il y était né, faisait valoir l'utilité, pour les grands bâtiments du commerce et pour les bâtiments de guerre, du mouillage aux îles du Salut, placées en face du Kourou, entre le Maroni et la rivière de Cayenne. Toutes ces considérations expliquent comment, dans presque tous 1rs essais de colonisation, les préférences se sont portées vers la partie du nord. Cette préoccupation n'a pas peu contribué à faire négliger les bassins de la partie du sud et à faire méconnaître la nécessité de les dessécher, pour y asseoir les bases de la colonisation.

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