LES RIVIÈRES DE LA GUYANE
(Tome I", page 113.)
M. Emile Carrey, dans une note de ses intéressants récits1, nous donne en quelques lignes une idée du système fluvial de la Guyane, le plus complet qui existe sur le globe : « Qu'on se « ligure une contrée qui se déploie sur cent lieues de côtes et « trois cents lieues en profondeur, sillonnée en tous sens par « des fictives ou des canaux qui se rejoignent en majeure par- « lie, formant ainsi un réseau de chemins naturels, sans eni tretien, sans frais, sans encombrement, aussi complet que t celui de nos chemins de fer, de nos routes royales et déparv. tèmentales réunis. »
Le système naturel des cours d'eau de la Guyane est en effet admirable, surtout si on le considère au point de vue de leur distribution intérieure : du Maroni, qui sépare au nord-ouest notre colonie de la Guyane hollandaise, à l'Arouari, qui la sépare de l'ancienne Guyane portugaise, aujourd'hui réunie à l'empire du Brésil, on compte, sur un littoral de cent vingtcinq lieues, vingt-deux fleuves ou rivières se jetant à la mer. Leurs nombreux affluents traversent le pays dans toutes les directions. Au delà de ce groupe, un réseau secondaire des affluents de l'Orénoque au nord et de l'Amazone au sud, s'alimente par les pluies tropicales et parles neiges des Cordillières. Lutin la Guyane française possède encore plusieurs lacs et un certain nombre de canaux naturels, remplis après la saison des pluies. On voit (pie peu de pays sont mieux partagée quant à l'abondance et à la distribution des eaux ; cette facilité dés communications intérieures présente les conditions les plus favorables pour la création de cultures florissantes.