V MÉMOIRES POSTHUMES
ratrice parut au bal dans la galerie vers les sept heures du soir. Les ministres étrangers furent faire leur révérence - et leur baise-main. On noys avait distribué à tous de grandes médailles d'or , de la valeur de trente ducats environ. Il y en eut encore de plus grandes qui furent distribuées aux personnes du premier rang. Le bal commença par des polonaises , ou plutôt des promenades en cadence, ensuite quelques menuets. La princesse Alexandra dansa pour la première fois son menuet, avec le prince Alexandre, avec toute la grâce qu'on peut prétendre d'un enfant. L'impératrice, après avoir regardé la dansequelque temps, se mit à jouer au whist, je fus appelé à sa partie avec l'ambassadeur du roi de Hongrie, et le comte de Soltikoff. L'impératrice était de fort bonne humeur, causa beaucoup avec moi, et mit beaucoup de gaieté et de grâce en tout ce qu'elle me dit. On distribua des numéros pour le souper, et l'impératrice soupaà une table de quatre-vingts couverts, où moi et une partie du corps diplomatique fûmes admis : il y avait encore deux autres tables de quatre-vingts couverts chacune. La grande quantité de monde, la richesse des habits, l'excellente musique de Cimarosa, composée pour cette occa-
sion , la somptuosité des tables rendait cette fête fort brillante. Avant minuit tout était fini. Le favori d'à présent est un jeune homme d'une figure charmante, brun, fluet, peu grand, ressemblant à un joli Français dans le genre du chevalier de Puiségur, et ayant un faux air de M. de Lambert des gardes du corps, que Votre Majesté a vu à Versailles, d'ailleurs poli , bon et aimable ; il me fait force honnêtetés. J'ai été voir M. de Besborodko samedi dernier avecM. d'Igelstroem. M. deBesborodko me revient extrêmement ; ou je suis bien trompé, ou c'est un bien galant homme : il n'est pas conoplimenteur , parle peu et sans détour, paraît fort bien intentionné pour Votre Majesté, et se soutient toujours dans la plus haute faveur. 11 est cependant difficile, à ce que l'on dit, de le suivre en ses plaisirs, puisqu'il aime beaucoup le gros jeu, la dépense et les femmes; on dit qu'il aime assez vivre avec les gens du sous-ordre. M, Rail, conseiller d'ambassade de feu l'empereur , a gagné son amitié en se mettant de toutes ses parties , et sa cour lui en fournissait les moyens.
Malgré le bon accueil que je reçois, je prévois que lorsqu'il faudra traiter d'affaires, cela ne sera point sans beaucoup de difficultés ; la cour est di*
visée en factions et partis ; il suffît que l*un veuille quelque chose pour que Tautre le contrecarre ; il n*y a qu'un point où tous se réunissent, et c'est la haute opinion où ils sont d'eux-mêmes, de leurs forces, de leurs grandeurs, qui nfe leur permet point de céder sur quoi que ce soit, et c'est aussi l'esprit de la souveraine : j'ai eu occasion de m'en convaincre en causant avec les gens en place. La seule manière d'obtenir quelque chose ici , est , à ce que je crois , de se mettre bien dans l'esprit de la souveraine, d'intéresser son amour-propre, sa générosité , même son sentiment II est certain qu'EUe est 'enchantée de la paix avec Votre Majesté, et qu'Elle fonde peut^tre quelque espérance sur une liaison plus étroite encore avec Elle. M. de Potemkin est dans le même sentiment ; il vient d'écrire à l'Impératrice qu'il était au comble de la joie de la paix , qu'il n'avait pas eu une nuit tranquille, et qu'il avait passé ses jours dans l'inquiétude depuis le commencement de la guerre avec Votre Majesté , et de voir l'ennemi si près de la capitale. On peut juger cependant combien cela l'a inquiété, puisqu'il n'a pas voulu détacher un régiment de son armée , forte de cent mille hommes, et que les quatre régiments qu'on lui a arra-
chés à la fin n'ont servi qu'à transporter nos prisonniers sur leur retour à son armée.
Le comte de Pahlen va partir incessamment; on l'a fait rester pendant les fêtes, pour avoir sa part aux grâces, peut-être aussi pour voir de quelle manière je viendrai ici, et pour observer la parité. Si j'étais venu avec le titre d'ambassadeur, on aurait envoyé un ambassadeur. Je crois même pouvoir assurer qu'il ne tient qu'à Votre Majesté d'avoir un ambassadeur de cette cour, attitré et à demeure auprès d'Elle ; ce qui me le fait juger, c'est que M. d'Igelstroem en a laissé tomber un mot dans la conversation , ajoutant qu'on aurait été fort aise ici que le choix de Votre Majesté , en ce cas-là, tombât sur moi: je n'ai pas pu découvrir si M. d'Igelstroem désire ou non d'aller en cette qualités Stockholm, mais je suis sûr que le comte de Stackelberg l'ambitionne. Pour le comte de Pahlen, il ne restera pas à Stockholm; cependant il croit que sa mission durera quelques mois ; c'est un homme tout rond, d'une grande droiture, sensible, honnête, un peu timide, sans prétention, comme moi peu au fait de négociations, et ayant encore moins que moi l'usage du grand monde.
On l'appelle ici le brave Pahlen.
308 MÉMOIBES POSTHUMES
Ce 23 septembre.
Hier au soir, M. d'Igelstroem, qui est un peu malade, et qui garde sa chambre , me fit prier de passer chez lui. Après quelques détours , et beaucoup de compliments sur mes succès ici, il m'apprit que le neveu de M. le comte de Soltikoff était revenu de Stockholm , avec la nouvelle que M. de Hestesko avait été exécuté, et qu'on croyait que les autres condamnés subiraient le même sort. II en parut affecté, pour la terreur et le mécontement que cela pourrait occasionner en Suède, et il me dit que M. de Soltikoff, qui s'empressait toujours adonner de mauvaises nouvelles à l'Impératrice, surtout en ce qui pouvait l'aigrir contre Votre Majesté, l'en avaitd'abord avertie, etqu' Elle en était fort affligée, ayant toujours cru que Votre Majesté ferait grâce aux coupables en faveur d'une paix qui comblait les désirs des deux cours. Je lui répondis que cette nouvelle ne me surprenait points que j'y étais si bien préparé, qu'ayant eu le fils de M. de Hestesko dans ma maison, pendant la dernière campagne, je l'avais prévenu de son malheur en prenant congé de lui ; que la grâce de son
DU COMTE DB STEDIIfGK. 309
père m'avait toujours paru impossible , malgré la répugnance extrême de Votre Majesté contre la rigueur et les partis violents , que tout son règne était une preuve de sa clémence , et du plaisir qu'Elle trouvait à pardonner, mais que je voulais bien lui dire en confidence que l'intérêt de l'État exigeait ce sacrifice , et qu'il fallait un exemple pour effrayer les mécontents , et assurer la tranquillité pour toujours. Il répartit que l'Impératrice ne pensait pas ainsi, et qu'elle se contentait d'enfermer les criminels d'État ; que lui , M. d'Igelstroem , avait eu trois Pierre III dans son gouvernement , qui étaient enfermés et relégués en Sibérie ; que de grands personnages avaient conspiré contre Elle, sans qu'Elle leur eût ôté la vie. 11 finit par me montrer une grande lettre de la main propre de l'Impératrice qu'Elle venait de lui écrire, et m'en lut une partie, en me priant pour l'amour de Dieu de lui en garder le secret. Il était dit dans cette lettre, autant qu'il m'en souvient, que M. de Soltikoff venait de lui apprendre la catastrophe arrivée à Stockholm , et qu'elle en était vivement affligée; que tandis qu'on se livrait à la joie à Pétersbourg , on répandait la terreur à Stockholm en donnant un spectacle d'échafaud; qu'il
était toujours d'usage de faire grâce dans ces occasions , et de publier des amnisties ; que la joie ouvrait ordinairement les cœurs à la pitié et à la clémence ; elle concluait de là que la paix n'avait pas été aussi agréable à Votre Majesté qu'on le croyait , et elle craignait que cet acte de rigueur ne tournât au préjudice de Votre Majesté , ce qui était absolument contre ses vues et contre ses intentions; qu'il (M. d'Igelstroem) ferait bien de faire sentir cela à Stedingk. Il n'en lut pas davantage , mais il ajouta que tous les officiers prisonniers qui revenaient de la Suède , assuraient que le pays était rempli de mécontents ; preuve donc, lui répondis-je , qu'un exemple était nécessaire , et l'Impératrice elle-même, qui a donné de& leçons d'humanité à l'univers, qui abhorre le sang, s'est vue réduite àfairenwurir Ivan, qu'elle aurait voulu combler de bienfaits. La conversation finit là. Il me demanda quelque temps après, si je croyais que les autres condamnés subiraient le sort de Hestesko , je lui dis que je n'en savais rien , mais que je ne le croyais pas. Nous parlâmes d'autres choses ensuite. 11 me confirma l'arrivée du courrier du prince Potemkin , vendredi dernier, qui avait ôté àM. d'Igelstroem quatre mille paysans
DU COMTE DE STBDINGK. 31t
que l'Impératrice avait voulu lui donner et 60,000 rubels argent comptant, au prince de Nassau, trois mille paysans et le brevet de général en chef. Il se répand un bruit aujourd'hui que M. de Suwarow , avec un corps de vingt mille hommes, a été battu par les Turcs , et qu'il a été tué ; on attribue cet échec au prince de Potemkin , qui doit ne pas aimer Suwarow. J'ai su aussi que M. de Markoff avait reçu mille paysans. Mais il est temps de finir cet énorme volume, qui ne contient pas cependant la moitié de ce que j'avais à rapporter ; les forces me manquent pour continuer, et je fais partir mon courrier pour ne pas laisser Votre Majesté plus longtemps dans l'ignorance sur mon arrivée ici. M. d'Igelstroemm'a dit qu'au souper à la cour, j'avais le premier numéro après la famille impériale. Je ne m'en doutais pas, car j'avais le n'* 16 , mais ce qu'il y a de sûr, c'est que j'aurais mieux aimé avoir le dernier numéro à la table de Votre Majesté, et que je ne serai heureux qu'après avoir eu le bonheur de la revoir.
Je suis , etc.
CuRT V. Stbdingk.
dli MÉMOIBRS POSTHUMES
LETTRE DE M. DE STEDINGK AU ROI
Saint-Pétersbourg, le décembre 1700»
Sire,
La nomination de M. dlgelstroem pour Tarnbassade auprès de Votre Majesté , s^est faite hier, jour de la fête de S. M. T Impératrice. Le vicechancelier étant malade depuis quelques jours , elle m'a été annoncée par le comte de Besborodko, et rimpératrice m'en a parlé hier au soir au bal paré , qui s'est donné à la cour. On s'attendait qu'il y aurait beaucoup de grâces de distribuées , on y est accoutumé. C'est la fête favorite de l'Impératrice ; mais on s'est trompé cependant , il y a
deux dames d'honneur de nommées , jeunes , jolies et bien élevées : ce sont les demoiselles de Protasoff , nièces de mademoiselle de Protasoff, dame à portrait. Ce choix a fait bien des jaloux. La fille du comte de Soltikoff , le fameux général , ses nièces, mademoiselle de Czernicheff , les princesses de Galitzin , nouvellement revenues de la France , la comtesse Schuwalow , sans compter plusieurs autres , étaient sur les rangs. Qui aurait osé lutter contre une famille aussi puissante , aussi favorisée ? Cependant, la fortune aveugle en avait disposé autrement , ou , selon moi , elle a été plus clairvoyante qu'elle ne l'est ordinairement.
On s'était imaginé dans le monde que je serais nommé ambassadeur et que ma nomination se ferait hier ; je fus assailli de tous les côtés par des compliments et des complimenteurs , et j'eus un exemple frappant , et de l'esprit de cette cour, et de l'empreinte que la faveur met ici sur toutes choses. A peine j'eus déclaré que le choix de Votre Majesté ne me regardait pas , que ce serait le baron de Taube qui serait nommé son ambassadeur, que je vis disparaître la foule des courtisans , et que l'indifférence ou la pitié , prirent la place de l'empressement que l'on m'avait témoigné. Je n'ai
31i MÉMOIRES POSTHUMES
pas cependant pu déclarer la nomination du baron de Taubeministériellement, Votre Majesté ne m'ayant pas fait connaître le jour où elle aurait lieu , et toute cette affaire n'ayant été traitée par moi que verbalement, mon instruction à ce sujet est restée sans application. Le baron d'Igelstroem n'a pas paru dans le monde depuis trois semaines , une indisposition l'oblige à garder sa chambre. Je lui ai rendu visite hier au sortir de la cour, pour lui faire mon compliment. Nous avons été occupés, à plusieurs reprises , à régler son état et sa maison , arrangements sur lesquels il a bien voulu me consulter. La cour ne lui donne que 20,000 rubels argent , pour s'équiper, et 4,500 rubels d'entretien par mois, sans compter une vaisselle immense. D'après son calcul , il lui faut 50,000 rubels pour les premiers frais, et je crois qu'il les obtiendra ; il est vrai que dans cette dépense, j'ai trouvé un article qui m'a surpris, ce sont 15,000 rubels pour les bijoux de monsieur. Il faut nécessairement à un ambassadeur, m'a-Wl dit, une bague de diamant, une chaîne de montre et une tabatière en diamants , c'est le moins que l'on peut avoir, et 15,000 rubels ne sont pas trop pour ces articles. Je n'ai pas été
convaincu par cette logique moscovite , mais il a fallu céder. Il aura deux carrosses de parade à six chevaux, huit officiers de maison, deux coureurs , deux chasseurs , deux heiduks , deux hussards , suivant toujours sa voiture (c'est l'usage ici) , une quantité de valets de pieds , quatre cavaliers d'ambassade, un secrétaire, trois soussecrétaires , quatre ou six aides de camp , quatre courriers; il lui faut une maison comme on n'en trouve pas à Stockholm et beaucoup d'autres logements: il n'y a pas eu moyen de rabattre davantage , malgré la confiance qu'il a en moi , sans blesser son amour-propre et l'opinion que Ton a ici de la représentation d'un ambassadeur.
Ce que Votre Majesté m'a fait la grâce de me mander au sujet de l'Espagne est très-véritable; les discours de M. de Galoes, qui me témoigne beaucoup de confiance et qui me paraît un fort galant homme et grand admirateur de Votre Majesté, ne m'en laissent aucun doute. L'Espagne veut se lier à Votre Majesté , prendre la malheureuse France en croupe , et avec les trois puissances du Nord, former un contre-poids, qui puisse balancer la puissance des trois cours alliées. Votre Majesté ne veut point des Danois dans cette
316 MÉMOnES POSTHUMES
aâsociation, mais le moyen , Sire, de les laisser là, sans les donner aux Anglais? le moyen encore de déterminer cette cour à se fier assez à Votre Majesté pour livrer ces auxiliaires à sa juste indignation? Je ne donne à Votre Majesté que mes propres réflexions. Je n*ai pu en causer encore avec Galoes, il me dit souvent : «M. de Stedingk,
> vous verrez à présent si TEspagne est de bonne
> foi , et si c'était seulement la crainte de la guerre
> qui Ta portée à se rapprocher du Roi et à faire » à Votre Majesté des offres avantageuses. » Cependant le bonhonmie enrage tout bas de la faiblesse que le ministre espagnol a montrée , et moi de même , par Thorreur que j*ai pour les partis faibles , dans les grandes occasions. On veut en vain l'excuser par la mésintelligence que Tarrangement convenu sèmera entre les États-Unis et l'Angleterre , par la rivalité du commerce. L'avenir est incertain , et je ne puis m' accoutumer à lui sacrifier l'avantage des générations présentes. J'ai eu une conférence avec M. de Besborodko , où j'ai trouvé moyen de placer un mot sur les Turcs^ et sur ce que Votre Majesté m'a dit à ce sujet. C'est le point délicat ici ; pour peu qu'on y touche , on voit tout de suite une vibration générale.
D'abord le prince Potemkin s'est réservé entièrement ces affaires , et malheur au ministre qui s'en mêlerait. L'Impératrice porte toute l'opiniâtreté de son sexe et de son caractère à soutenir son sentiment. Elle veut Okzacow et les steppes qui en dépendent. Elle veut la paix avec les Turcs sans que personne s'en mêle; tout ce qu'on pourrait obtenir, peut-être, serait qu' Okzacow restât toujours démantelé. Elle sacrifiera le dernier homme et le dernier écu de son empire , avant de se soumettre à la médiation armée de la Prusse. Les bons offices même lui causent de l'ombrage.
Il ne me reste qu'un mot à dire à Votre Majesté, d'un pauvre repenti qui est au désespoir de l'avoir offensée; c'est du prince de Nassau que je parle ; il me prie sans cesse de faire sa paix : il m'a dit, les larmes aux yeux, que le malheur de vous avoir déplu faisait le chagrin de sa vie, qu'il n'aurait point de repos avant d'avoir prouvé par des faits combien il était dévoué à Votre Majesté , et qu'il espérait que les cours seraient assez bien liées, pour qu'il pût un jour exposer sa vie pour elle. Il le pense, Sire, et son crédit auprès de l'Impératrice, la considération dont il jouit, malgré le grand nombre de ses ennemis, sa fierté
3IS nbioniB posTHcm, etc.
%ivà-vis de Soitîkoff. et la cliqoe rosée anli-siédoise , ne laissent aucun doute de ses sentiments. Si pardonner. Sire . est le faible des grands corars. on ne doit jamais, avec vous, désespérer de sagrflce.
Je suis, etc.
CtKT V. StEDINGK.
ri!l DU TOME rilEfllER.
Arant-propos 1
iDtrodaction , contenant Phistoriqne abrégé de la famille des Stedîngk ; le maréchal est né dans la Poméranie suédoise; son éducation; fait officier ; continue ses études à Tuniversité d^psal; est nommé chambellan de la reine de Suède , sœur de Frédéric le Grand ; gagne Pamitié de Gustave III , prince royal alors ; entre au service de France dans le régiment Royal-Suédois; est accueilli à la cour de France , intimement lié avec le comte de Fersen ; est admis dans le cercle de la société intime de la reine Marie-Antoinette 9
Lettre de M. de Stedingk au roi Gustave III , sur le camp de Bayeux, 1778. Objet politique et militaire de ce camp. Ordre mince et ordre profond ; luxe et abus de Tannée française ; le duc de Broglie cherche à les abolir 19
Lettre de M. de Stedingk à Gustave III pour demander . la permission d^accepter le grade de colonel , que lui offre le prince de Montbarey (1778) 25
Sommaire des événements qui amenèrent la guerre en-
Pa(M.
tre la France et rAnglelerrc lors de la révolution des provinces unies d'Amérique ; enthousiasme des jeunes seigneurs de la cour de France en faveur de cette révolution ; ils demandent tous à être employés dans Tarmée expéditionnaire; M. de Stedingk, entraîné par l'exemple , en fait aussi la demande , obtient le commandement d'un régiment devant faire partie de IVxpédition maritime sous les ordres du comte d'Estaing> Sommaire des opérations de cette flotte, va à Rhode Island, débloque New- York, se porte de là vers les Antilles et s'empare de Itle de Saint-Vincent. 27
Lettre de M. de Stedingk au comte de Creutz , ambassadeur de Suède en France , datée de l'île de la Grenade aux Antilles (12 juillet 1779), sur la prise de cette île par le comte d'Estaing; relation de l'assaut du morne de la Grenade. M. de Stedingk commande une colonne d'attaque ; traits de bravoure du soldat français. Bataille navale qui suivit la prise de la Grenade entre les flottes du comte d'Eslaing et celle de l'amiral Byron ; la victoire reste aux Français : belle conduite de l'amiral anglais Barrington. La flotte française se rend de nouveau aux États-Unis d'Amérique , 31
Lettre de M. de Stedingk au roi sur Tétat des choses dans ce pays (1780); combien peu d'efforts les Américains font pour défendre leur cause ; elle est perdue si la France ne les soutient pas. Relation du débarquement des troupes françaises sous les ordres du comte d'Estaing en Géorgie, près de Savannah i cette place défendue par le général anglais Prévost ; assiégée par le corps d'armée français : le comte d'Estaing fait monter à l'assaut ; l'une des colonnes est sous les ordres de M. de Stedingk ; l'attaque est repoussée avec une grande perte d'hommes. Le comte d'Estaing fait rembarquer ses troupes et retourne en Europe • 36
Pages.
Lettre de M. de Stedingk au roi Gustave sur raccueil flatteur que lui fait la cour de France ; obtient la faveur très-appréciée alors « du souper dans les cabinets de Versailles» » 45
Lettre de M. de Stedingk au roi , concernant un mémoire adressé par lui au prince de Monbarey et à M. de Maurepas , sur la guerre d'Amérique ; démontre Turgence d'envoyer des secours aux Américains,
demande à être employé de nouveau 49
M. de Stedingk obtient Tordre du mérite militaire de France (égal à celui de Saint-Louis) avec une pension de 6,000 fr., pour sa belle et vaillante conduite pendant la guerre d'Amérique ; est nommé colonel en second du régiment d'Alsace (infanterie), et simultanément cbef d'un régiment de cavalerie en Finlande , à plus de mille lieues de distance l'un' de l'autre 52
Lettre de M. de Stedingk au roi , sur l'heureuse naissance du dauphin (22 octobre 1781); joie que cet événement répand à la cour de Tersailles (c'était le même enfant qui mourut de misère chez le savetier jacobin de Paris ) ; description des personnes les plus marquantes de cette cour 55
Lettre du roi Gustave III à M. de Stedingk où il l'engage à retourner auprès de lui en Suède 63
Lettre de M. de Stedingk au roi pour se justifier d'avoir accepté l'ordre de Cincinnatus , que le président Washington lui a conféré pour ses services en Amérique. Washington envisage l'établissement d'une noblesse héréditaire en Amérique par l'institution de cet ordre G7
Lettre du roi en réponse à celle de M. de Stedingk , où il montre une perspicacité remarquable sur les suites que la révolution d'Amérique aura pour l'Europe. Le I. 21
roi réitère sa défense de porter Tordre de Cincinnatus 71
Retour de M. de Stedingk en Suède; ce que la reine de France lui dit , lors de son audience de congé. Noble caractère de cette reine. Opinions en France (1787). Position de la Suède alors. Motifs qui font désirer au roi Gnstare III d'aroir une guerre contre la Russie : préparatifs mal faits. M. de Stedingk reçoit le commandement en second du nord de la Finlande (province de Kuopio dans le Sarolaz) , d'où les opérations de la guerre deraient commencer (1788). Topographie de la Finlande. Offensire prise contre la Russie, de cette partie de la Finlande 74
Lettre de M. de Stedingk au roi , sur Tétat des choses en Finlande ; mauvais esprit qui y règne , manque d'organisation et de moyens militaires 81
/d. sur Paffaire de Pumala 84
Lettre de M. de Stedingk au roi , sur une reconnaissance faite par lui à la forteresse russe de Nyslott : ruse de guerre pour y pénétrer 87
Lettre de M. de Stedingk au roi sur le commencement des hostilités 92
Id, sur les opérations du siège de Nyslott 95
Id. contenant des renseignements sur la force de Parmée russe en Finlande ; conseils donnés au roi d*agir sur-le-champ , ou de désavouer les hostilités commises , pour conserver la paix. . 97
Lettre du roi à M. de Stedingk pour l'informer que le duc de Sudermanie (frère du roi, depuis Charles XIII ) , commandant une flotte suédoise de plus de vingt vaisseaux de ligne et dix frégates, avait dans un combat avec la flotte russe , enlevé deux frégates à celle-ci ; engage M. de Stedingk à prendre Nyslott de
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vire force, et à marcher sur Kexholm, sur les derrières de Parmée russe , à moins de vingt lieues de Saint-Pétersbourg 10?
Lettre de M. de Stedingk au roi sur Paffaire de Kernakoskiy continuation des opérations contre Nyslott, conjuration d'jénjala, où les officiers de Tarmée finlandaise avaient traité avec Tennemi 105
Lettre du roi à M. de Stedingk sur la conjuration d'^njala; troubles en France : requête de la noblesse bretonne , ses députés mis à la Bastille 116
Lettre de M. de Stedingk au roi sur les intelligences que Pennemi maintient avec les officiers finlandais ; conseils donnés au roi à ce sujet 118
Lettre du roi à M. de Stedingk qui montre Ténergie de son caractère : « Non , je ne baisserai pas ma tête souslejoug dePimpératrice, etc.,etc., > 121
Lettre de M. de Stedingk au roi , sur les menées du général Sprengtporten , qui veut ériger la Finlande en république sous la protection de la Russie. L'esprit des officiers finlandais est infecté par cette idée. . . 123
Lettre du roi à M. de Stedingk , où il lui déclare qu'il est décidé à soutenir son caractère jusqu'au bout , et à ne point céder à la fortune 125
Lettre de M. de Stedingk au roi , sur Pabandon que le général Hastfer , commandant en chef en Savolax, a fait du siège de Nyslott 127
Lettre du roi à M. de Stedingk, où il lui annonce qu'attaqué par le Danemark du côté de la Norwége , il quitte momentanément la Finlande , pour défendre la Suède vers ce côté 131
Lettre de M. de Stedingk au roi , où il l'informe que le peuple finlandais ne prend aucune part à la trahison des chefs des régiments et des officiers finlandais. . . 1 32
32i TABLE DES MATIÈRES
Lettre du roi à M. de Stedingk ( de Gothembourg 1 788 ), pour rinformer que le corps dano-norwégien , qui était entré en Suède, et s'était porté sur Gothembourg , avait été forcé de se retirer en Norwége. Réflexions sur Pétat de la France et le commencement de sa révolution , qui occupe beaucoup le roi. . . . 135
Lettre du roi à M. de Stedingk , où il lui communique le discours tenu en France lors de Touverture de l'assemblée des notables 138
Lettre du roi à M. de Stedingk , relativement à un manifeste de l'impératrice Elizabeth 139
Lettre du roi à M. de Stedingk , avec ordre de faire arrêter le baron de Hastfer , commandant en chef dans le Savolax , accusé d'entretenir des intelligences avec l'ennemi 141
Lettre de M. de Stedingk au roi , où il tâche d'une manière très-noble et franche à disculper la conduite de M. de Hastfer, qui bien que légère ne portait pas le caractère de trahison 144
Lettre de M. de Stedingk au roi , sur le même sujet, où il dit que M. de Hastfer, avec de la valeur et de l'esprit, est toujours dans le cas du soldat de Philippe , qui avait perdu sa bourse. M. de Stedingk sollicite la grâce du général Hastfer 148
Lettre de M. de Stedingk au roi relativement au coup d'état que celui-ci avait fait à la Diète de Stockholm (1 789) sur l'acte ( dit de sûreté ), que le roi avait fait passer à la Diète , par les ordres du clergé , de la bourgeoisie et des paysans (la noblesse refusa), et qui augmente de beaucoup le pouvoir royal , et dissout le sénat 155
Lettre de M. de Stedingk au roi , sur les afiaires de la Diète à Stockholm. M. de Stedingk lui écrit : «Gustave
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a tout appris, il a toat pardonné : quelle gloire, sire, serait comparable à la y(^tre. » 158
Lettre du roi à BI. de Stedingk , sur les affaires de. la diète de Stockholm , pour l'informer de la paix conclue avec le Danemark , et de son intention de se rendre de nouveau à Parmée de Finlande , chercher Phiver et les Russes 162
Lettre de M. de Stedingk au roi, sur la pénurie du corps d*armée qu'il commande en Finlande , sur les finances de l'État, et sur une aventure au milieu du camp ennemi, où il a failli être fait prisonnier 167
Lettre du roi à M. de Stedingk sur ses plans d'opérations en Finlande ; que le prince Potemkin a fait rebrousser chemin à toutes les troupes destinées à renforcer Tarmée russe en Finlande, pour les diriger contre les Turcs )72
Lettre de M. de Stedingk sur le combat sanglant de Porosalmi, remporté par lui 174
Lettre du roi à M. de Stedingk , pour le féliciter de ses succès à Porosalmi , et lui conférer la grande croix de Tordre de l'Épée : il est le premier qui ait obtenu ce grade distinctif 179
Lettre du roi à M. de Stedingk , où il lui dit : « Tous avez sauvé le Savolax par votre intrépidité et votre belle conduite. » 181
Lettre du roi à M. de Stedingk concernant les opérations ultérieures de la guerre en Finlande ; fait mention du livre scandaleux de madame de la Motte sur l'affaire du collier 187
Lettre du roi à M. de Stedingk pour lui annoncer les combats d'Lddismalm et de Likala^ où le roi a commandé en personne et remporté des avantages ; sur l'état de la France et M. de Necker. Le maréchal Laudon a été battu par les Turcs 192
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Lettre de M. de Stedingk au roi y pour lui annoncer la Tictoire qu'il a remportée à Parkumaeki 195
Lettre du roi à M. de Stedingk pour le féliciter de cette victoire : c Vous êtes le premier , écrit le roi , qui enrichissez mon arsenal de trophées. » 199
Lettre du roi à M. de Stedingk sur de nouveaux succès remportés par lui. Détails qu^elle contient sur les affaires de France et les malheureuses vacillations de la cour de Tersailles 202
Lettre du roi à M. de Stedingk , sur le même sujet , M. de Necker exilé , M. de Bretenil nommé ministre des finances : émeute de Paris , la populace marche sur Versailles 205
Lettre du roi à H. de Stedingk , où il l'instruit de la victoire navale que le duc de Sudermanie a remportée sur la flotte russe près de l^e d'OEland ; Pinsurrection de Paris , prise de la Bastille 207
Lettre de M. de Stedingk au roi sur une attaque contre le détroit fortifié de Pumala 211
Lettre du roi où il communique à M. de Stedingk Téchec que la flottille suédoise a éprouvé , sous les ordres de Tamiral Ehrensvaerd 213
Lettre du roi à M. de Stedingk , sur ses plans d'opérations par mer 215
Lettre du roi à M. de Stedingk , sur ses plans d'opérations par terre 217
Lettre de M. de Stedingk au roi , pour lui annoncer le combat heureux de Laitasilda 219
Lettre du roi pour féliciter M. de Stedingk de ce combat 222
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Lettre de M. de Stedingk au roi , sur des rapports obtenus de Saint-Pétersbourg 224
Lettre de M. de Stedingk au roi sur le plan de campagne de M. de Jaegerhorn 228
Lettre de H. de Stedingk au roi , sur Tëtat des choses en ' France. « J'étais ûer , dit-il , du titre de Français , que
> j'avais acquis en Punissant à celui de Suédois, faut-
> il donc que ce ne soit plus la même chose ! Vous- » même , sire , n'y a-t-il plus rien dans votre cœur
> qui plaide pour cette belle France , quoiqu'elle ait
1» à présent le transport au cerveau. » 230
Lettre du roi à H. de Stedingk sur les opérations de la campagne prochaine ( celle de 1790), et sur les affaires de France 234
Lettre de M. de Stedingk au roi sur la meilleure manière d'ouvrir cette campagne 239
Lettre du roi à M. de Stedingk , datée de Stockholm , où il l'informe de son retour à Tannée 243
Lettre de M. de Stedingk an roi , sur le combat sanglant de Pertimaeki , où l'ennemi fut victorieusement repoussé 245
Lettre de M. de Stedingk au roi , sur un projet de forcer le détroit de Puma/a 248
Lettre du roi à M. de Stedingk pour demander quelques renseignements sur les opérations de la guerre , il lui annonce un traité conclu entre la Prusse et la Pologne 25?
Lettre de M. de Stedingk au roi , pour montrer la d'iiû culte des opérations dans le Savolaz , qui était couvert de glaces encore le 15 avril 1790 254
Lettre du roi à M. de Stedingk , où il lui annonce que le corps d'armée sous ses ordres avait forcé le détroit de Kernakoski 256
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