‹ Memoires posthumes du feldmarechal comte de Stedingk (volume 2)Chapitre 8 sur 15 · M&MOIRES POSTHUMES · texte numérisé non relu

M&MOIRES POSTHUMES

rêter les progrès du mal , c'est de vous mettre à la tête des Finois , et d'écouter leurs griefs ; dans le fond ils haïssent les Russes , mais le nouveau cadastre les a fortement indisposés contre le gouvernement. La plus grande partie des habitants doit des restes de contributions , quMls espèrent ne jamais acquitter. Je suis presque certain , qu'en leur remettant leurs dettes à la couronne , en leur donnant la fabrique de Teau-de-vie sans imposition , et en les dédommageant des frais que leur ont causés les arpenteurs, Votre Majesté aura tout le peuple pour lui. Les gens de qualité seront obligés de céder. Notre brigade finlandaise serait décampée hier si je n'avais point prévenu ce coup.

Je suis , etc.

CuRT V. Stedingk.

PU COMTE DE STEDINdK. 125

LETTRE DU ROI A M. DE STEDINGK

Kymmenegard , le 2aaoûl 1788.

Je sens vos inquiétudes et j'y compatis , mon cher Stedingk ; mais le mal n'est pas encore général. La déraison est plus grande à Anjala que la trahison , et on y crie tout haut contrç ceux qui veulent accuser ceux-ci d'idées de séparation d'avec la Suède. Ce qui arriva chez vous est l'ouvrage de *** : s'il revient, il faudra l'arrêter. En attendant je reconnais votre fidélité et celle de mes vrais serviteurs. Tâchez de tenir ferme où vous êtes , je vais envoyer un régiment suédois à votre secours. L'idée de séparation révolte les Suédois ,

et a fait un bon effet. Pour moi je suis décidé à soutenir mon caractère jusqu'au bout » et à ne point céder à la fortune. Adieu. Ne doutez pas de mon amitié.

LETTRE DE M. DE STEDINGK AU ROI

Randasalml , le 28 août 1788.

Sire,

Notre retraite de Nyslott s'est faite le 21. M, le baron d'Hastfer a eu Thonneur de détailler à Votre Majesté les raisons qui Tont engagé à l'ordonner. Le major Sandels, qui s'est fort bien montré dans toutes les occasions , pourra rendre compte à Votre Majesté de tout ce qui s'est passé chez nous depuii^que nos affaires ont pris une tournure défavorable ; il pourra lui dire qu'elle a encore parmi nous des serviteurs fidèles, mais le nombre en diminue tous les jours.

Je suis, etc.

CuRT V. Stedingk.

128 MÉMOIRKS POSTHUMES

LRTTRE DE M. DE STEDINGK AU ROI

Randasalml, le f septembre 1788.

SiRB ,

Je ne me console point de notre retraite de Nyslott,. et je m'applaudis de l'avoir constamment combattue presque seul contre tous. Il est certain que ceux qui la voulaient ne manquaient pas de bonnes raisons. Les secours que Votre Majesté nous promettait n'arrivaient point et ne pouvaient point arriver, puisque les troupes avaient pris la résolution de ne point passer la frontière. L'argent nous manquait , et les provisions devenaient rares;

mais je comptais sur la bonté de notre position , et sur la fortune ; j'étais attaché à mon ouvrage , et j'étais au désespoir de l'abandonner presque achevé. Le poste que nous occupons à présent est faible éonmie tous ceux qu'on peut prendre de ce côté - ci. Nous avons contre nous un généralmajor baron Schultz , avec quatre régiments et la séquelle ordinaire de Cosaques. Il nous faudrait une campagne entière , avec plus de force que nous n'en avons, pour reprendre nos avantages.

Nous avons eu ici une nouvelle ambassade d'Anjala , avec une déclaration mal écrite et mal conçue , signée des chefs et des officiers de ce corps. Cette Excellence m'a demandé la permission de demsinder forkbrinyen des officiers des chasseurs et des dragons , comme il l'avait eu du régiment de Savolax. Sûr de mes officiers, du moins du plus grand nombre , je n'ai point hésité de l'accorder. Je ne suis pas content de ma réponse ; il fallait dire à ces messieurs , par écrit , ce que je ne cesse de dire à tout le monde , que je désapprouve leur conduite. Mais Votre Majesté elle-même n'a point encore fait publiquement cette déclaration , qui , je crois, aurait été du meilleur effet. Enfin-, je me

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perds en tout ce que je vois et que j'entends. Le baron de Hastfer reste fidèlement attaché à Votre Majesté.

Je suis , etc.

CuRT V. Stbdingk.

LETTRE DU ROI A M. DE STËDINGK

DroUnlnghoJm (château royal, près de Stockholm), le 7 septembre 1788.

Les armements du Danemark m'ont forcé à revenir en Suède ; j'ai laissé le commandement de la Finlande à mon frère , le duc de Sudermanie, C'est un fort mauvais présent que je lui ai fait, dans la destruction totale de tout ordre, tant civil que militaire, dans le bouleversement de l'État. Je ne puis cependant voir qu'avec plaisir votre zèle et votre fidélité. Je vais faire tous mes efforts pour résister aux malheurs qui menacent l'État ; mais , sans être soutenu , secondé, je n'aurai d'autre consolation que d'avoir fait mon devoir.

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LETTRE DE M. DE STEDINGK AU ROI

Lovisa , ce 4 octobre 1788.

SiRE,

Il y avait si longtemps que nous n'avions pa& reçu des nouvelles de Votre Majesté , que je n'ai pas pu y tenir, et que je suis venu ici pour en apprendre. Les ennemis de l'État avaient semé le& bruits les plus étranges sur le compte de Votre Majesté. Les émissaires des factieux parcourent le pays pour répandre l'alarme et l'effroi de la puissance russe; mais, jusqu'à présent, le ciel soit loué, ils ne gagnent rien sur le peuple; il le& appelle hautement poltrons et traîtres. J'ai en

DU COMTE D£ STEDINOK. 133

Toccasion de m'en convaincre sur toute ma route, depuis notre malheureuse retraite devant Nyslott et la scission dans notre petit corps qui Fa occasionée. On a su que j'étais resté fidèle à mon roi et à mon devoir , j'en ai reçu des louanges et des bénédictions sur mon passage. Les habitants m'ont assuré qu'ils quitteraient un chacun leur demeure pour défendre la personne de Votre Majesté. Il y en a qui m'ont suivi ici pour , au nom de leurs cantons , informer Son Altesse Royale de cette résolution; c'est une ressource bien faible, mais qui doit faire plaisir à Votre Majesté, et ranimer les bons citoyens. Elle en a une plus solide dans les talents et la conduite sage et ferme du duc de Sudermanie. Il a réussi à réunir les esprits en grande partie. Il m'a paru que les factieux commençaient à se repentir et à voir clairement que la Russie n'a voulu que nous amuser et nous tromper. Dieu veuille qu'elle puisse trouver des ressources et de V argent surtout ^ sans avoir recours aux États!

Je pars d'ici demain ou après-demain, et je retourne à mon triste Savolax ; Votre Majesté sait pourquoi. Lovisa m'a paru une Capoue en comparaison de Randasalmi ; mais , ce qui m'en déplaît

surtout» c'est que nous nous sommes mis à la merci des Russes , et que nous y sonmies dans une impossibilité presque entière de nous défendre ou d'attaquer; enfin, il faudra voir. Mais, ce qui est décidé , c'eat que je sacrifierai tout pour prouver à Votre Majesté ma fidélité et le tendre et respectueux attachement que je lui porte depuis de longues années. Si je ne perds point la vie en la servant, j'ai la ferme confiance qu'elle ne m'abandonnera point, et qu'elle prendra soin de mon avenir. Les premiers temps de ma jeunesse furent embellis par la protection et la tendre bienveillance de Votre Majesté. Mais , Sire, le Savolax est une triste demeure pour quelqu'un que vous affectionnez et qui a joui longtemps de la vie de Paris, et il ne vaut point la peine de m'y laisser languir, dès que je ne pourrais plus y être utile à Votre Majesté. Ce sera toujours la première règle de ma conduite; j'y mets mon ambition , mais quand on ne peut point la satisfjaire, il faut vivre pour le repos ; l'état mitoyen me paraît le pire de tous.

Je suis, etc.

CuRT V. Stedingk.

Gothembourgje k décembre 1788.

J'ai reçu, mon cher Stedingk, votre lettre du 15 novembre, et une autre que le sénateur Sparre m'a envoyée , du 13 du même mois. Je sens , comme je le dois, votre attachement, et encore plus vos sacrifices ; c'en est un bien grand que de rester où vous êtes. Nous sommes délivrés des Danois. Je n'ai pas tiré un seul homme de la Finlande, et si l'armée de ce pays-là avait obéi , les opérations de la {lussie n'auraient été dérangées en rien par l'invasion des Danois. Elle n'a servi qu'à réveiller l'esprit national et à me procurer des

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troupes que le pays m'a fournies. J'écris au baron de Ruuth et au sénateur Sparre , pour vous faire avoir des souliers , des habits et du blé. M. de Toerne , dont vous me parlez , nous a instruit de bien des choses : il en a en horreur des trames formées contre sa patrie. M. de Sparre vous en parlera avec plus de détail. Sur tout ce qui s'est passé , mon avis est qu'il faudra arrêter les chefs, et publier une amnistie générale pour le reste. Il y aura beaucoup de régiments vacants , et je ne vous oublierai pas en les donnant. Mandez-moi seulement lequel vous désirez , à condition cependant de fmir la campagne dans le corps où vous êtes, puisque vous pouvez y rester plus longtemps et acquérir plus de gloire que dans le conmiandement d'un régiment où vous ne seriez que simple colonel. Je crois vos nouvelles de Russie un peu exagérées, n'étant guère possible que l'impératrice ait tant de troupes contre nous , pendant que les embarras de la Pologne et le roi de Prusse doivent l'obliger d'entretenir de grandes forces de ce côtélà. Pour moi , qui , dans les moments les plus critiques , n'ai jamais désespéré un moment , je me crois bientôt au-dessus de mes affaires, et j'y serais déjà sans la maladie funeste et inattendue du roi

d'Angleterre, qui y a causé du retard. Vous savez sans doute que le prince Potemkin revient, à ce qu'on dit, à Pétersbourg , après avoir perdu cinq cents hommes à un assaut infructueux d'Oczakow. On dit aussi que le général Romanzow a quitté l'armée. Je ne vous dis rien de cette pauvre France, qu'on anglise d'une manière si étrange. Pour commencer à la guérir de ses maux, on lui adonné la fièvre des notables, et l'on va lui donner le transport au cerveau par les états généraux. Le tiers état et la noblesse sont aux prises en Bretagne, et c'est encore pis, dit-on, en Guienne. Voilà bien des subversions, mon cher Stedingk, et lorsque nous nous reverrons un jour, vous ne reconnaîtrez plus rien en Europe , que mon amitié , que je vous conserverai toujours.

LETTRE DU ROI A M. DE STEDINGK

Goihembourg , le déGenibre 1788.

Quoique je vous aie écrit , mon cher StecUngk , avec le lieutenant Lang , je ne veux pas laisser passer cette occasion sans vous assurer de mon amitié. Je vous envoie , pour vous désennuyer , les discours tenus à l'ouverture de l'assemblée des notables. Il semble déjà que le crédit de M. Necker baisse. On a voulu faire revenir le cardinal Bernis de Rome , pour le faire présider au clergé , mais il s'en est excusé. Je joins à ces discours toutes sortes de pamphlets et d'écrits qui vous délasseront un moment. Je vous prie de ménager ces écrits républicains , qui ne sont pas de saison chez vous.

LETTRE DU ROI A M. DE STEDINGK

Gothembourg , ce i9 dccembre 1788.

Je reçois à l'instant votre lettre du 28 octobre, dont je vous suis bien obligé, surtout pour le manifeste de rimpératrice Elisabeth. Je connaissais cette pièce de réputation ; mais efle était devenue si rare que je ne l'avais pu trouver. Elle me sera utile dans ces circonstances. L'impératrice a rejeté avec hauteur la médiation des trois alliés. Elle doit récapituler dans sa réponse tous les services rendus à la Prusse par la Russie, et puis la diatribe contre moi , semblable à peu près au manifeste déjà publié. Vous pouvez montrer celle-ci au baron de Hastfer, pour lui dire que je suis con-

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tent s'il donne la croix aux deux officiers dont vous me parlez, au cas qu'ils se soient distingués d'une manière remarquable. Je suis très-chichede croix ; c'est une affaire d'opinion , et par conséquent il faut être extrêmement avare d'une monnaie pareille. Adieu, mon cher Stedingk. Portez-vous bien , et ennuyez-vous aussi peu qu'il sera possible.

BU COMTE DE STEDINGK. Ht

LETTRE DU ROI A M DE STEDINGK

Stockholm , le 29 décembre 1 788.

La lettre que vous m'avez écrite , mon cher Stedingk , m'a sensiblement affligé. Après avoir passé les plus belles années de ma vie dans la paix et la concorde que j'avais cru rétablies , je me vois tout d'un coup au milieu des factions des temps de ma jeunesse , et presque environné de la guerre civile et de trahison que , même dans ces temps malheureux, on ignorait. C'est surtout quand je vois des personnes qui m'avaient bien servi , et qui appartiennent aux plus illustres de mes sujets, oublier à la fois tout ce qu'elles se doivent à ellesmêmes , à leur patrie et à leurs parents , que mou

ik-2 MÉMOIKES POSTHUMRS

cœur est le plus vivement affecté. Mais aussi , plus leurs fautes sont grandes , plus elles relèvent la vertu et la fidélité de ceux qui , comme vous, sont restés inébranlables dans leur devoir. La douleur du comte de Wachtmeister et du comte de Bonde de la conduite de Hastfer est extrême , mais elle est telle qu'elle doit être chez des personnes d'une vertu éprouvée comme la leur. Ce sont eux-mêmes qui, par leurs prières, ont fait décider Tordre que vous porte le major Sandels d'arrêter le baron de Hastfer, et que je vous prie d'exécuter avec toute l'exactitude possible, surtout pour les papiers qui découvriront enfin certainement la trame entière. Je vous envoie en même temps l'ordre de prendre le commandement , et vous n'avez besoin pour cet effet que d'ouvrir le paquet cacheté que je vous remis ce printemps. Je joins à celle-ci un ordre à M. de Hastfer que vous lui remettrez après qu'on l'aura arrêté. Je vous autorise à prendre les lettres de chevaliers , qu'il a entre ses mains et qui sont en blanc , et k les remplir des nots^ de ceux qui se seront distingués , et qui n'ont pas signé l'écrit d' Anjala. J'espère cependant que vous y mettrez- l'économie qu'une pareille distinction exige. C'est au mérite militaire et non à l'âge

que j'ai pour principe de les donner, lorsque je ne fais pas une promotion générale. Sandels, que vous m'avez envoyé , pourra avoir une croix , si vous l'en trouvez digne. Il m'a témoigné beaucoup de zèle ; comme il désire de venir à Stockholm, il pourrait en même temps y conduire Hastfer. Ce prisonnier ne pourrait être confié en de plus sûres mains. M. de Sparre s'occupe à arranger tout ce qu'il faut pour vos troupes. Je suis de retour ici depuis vendredi, et ne puis assez m'étonner de l'honorable réception qu'on m'a faite. Je vous envoie des croix de l'ordre de l'Épée, en cas que vous n'en ayez pas assez. Dès que Hastfer sera arrêté , vous m'enverrez un courrier. Il faut vous dire encore qu'il y a une affreuse émeute à Grenoble. On a levé la hache sur la tête du duc de Clermont-Tonnerre qui y commandait, on l'a forcé de se mettre à genoux , et on a voulu le pendre à son lustre, après avoir saccagé sa maison. En Bretagne, même histoire. Le clergé se déclare pour les parlements , tout est dans la plus grande confusion. Les troupes suisses et allemandes sont en marche. Voilà ce que c'est que de n'avoir pas secouru la Hollande.

Adieu, mon bon ami.

ikk MKMOIRRS POSTHUMKS

LETTRE DE M. DE STEDINGK AU UOI

Saint-Michel , ce 12 Janvier 1789.

Sire,

Les ordres sévères de Votre Majesté sont exécutés, mais jamais il ne m'en a tant coûté de lui obéir. Pourquoi , Sire , ne point suivre les mouvements de votre cœur, plutôt que tous les conseils possibles. Éloigner M. le baron de Hastfer de ce commandement-ci * eût sufB à la justice de Votre Ma-

* Le baron de Haslfer commandait en chef dans le Savolax. Le baron de Stedingl^ eut le commandement après lui , ce qui rend sa conduite, de défendre Haslfer, d'autant plus estimable.

DU COMTE DE STEDiNGK. 1^5

jesté, sans blesser sa bonté. Ce n'est point dans une tête comme celle du baron d'Hastfer qu'entre une trame de trahison, et, j'en suis sûr, son cœur en est également éloigné ; mais si cela était possible, on n'en pourrait rien découvrir par ses papiers , ayant eu un mois de temps pour se préparer à cet événement. J'espère que la rigueur même que Votre Majesté a employée, servira à la justification de M. le baron d'Hastfer. Il m'a prié d'envoyer sa lettre ci-jointe à Votre Majesté, et de la supplier très-humblement de le voir lorsqu'il arrivera à Stockholm, faveur qu'elle ne refusera point à son malheur. L'officier qui aura l'honneur de présenter cette lettre à Votre Majesté, est M. Jaegerhorn, celui qui est devenu célèbre parce qu'il commandait à Pumala, au commencement de cette guerre. C'est un homme d'esprit rusé , adroit et fort entendu dans son métier.- Je l'avais donné au baron d'Hastfer, et il en fit son aide de camp général , place à laquelle il est fort propre. En allant ici, pour arrêter le baron d'Hastfer, je le rencontrai en chemin pour Stockholm, avec la permission du baron d'Hastfer, et une lettre pour Votre Majesté. Je l'ai fait revenir avec moi , et m'étant assuré qu'il n'avait point de papiers suspects, je n'ai

H6 MÉMOIBES POSTHUMES

point hésité de le laisser partir et de lui confier cette lettre, quoiqu'il soit frère de Haestesko, cousin de Jaegerhorn * , et premier aide de camp d'un général arrêté. Il est certainement attaché à la bonne cause, et il a trop d'esprit pour ne point l'être à présent. Sa présence pouvait être nécessaire à Stockhobn pour éclaircir plusieurs faits qui regardent la conduite du baron d'Hastfen II peut être intéressant pour Votre Majesté de causer un moment avec lui sur l'affaire de Pumalaet sur d'autres affaires touchant les menées et les intrigues dans ce pays-ci ; s'il «nnuie Votre Majesté , par son trop parler, ou qu'il ne soit pas nécessaire à Stockholm , elle me le renverra au plus tôt. S'il fallait arrêter quelqu'un des aides de camp du brigadier, la préférence en était due au capitaine N. N. C'était un des fiers conjurés d'Ânjala que nous avions ici, peureux de son naturel , à ce que l'on m'a dit (Dieu veuille que je ne lui fasse point tort ), et qui , pour éviter la guerre et pour rester avec une jolie femme qu*il a, aurait volontiers fait signer leur manifeste à toute la Finlande , au

* Deux colonels membres de la conréilération , ou mieux dit conjuration d'Anjala.

DU COMTE DE STEDINGK. ikl

reste fort innocent et fort insignifiant, je crois. J'aurai l'honneur d'écrire à Votre Majesté avec le major Sandels , et je finis pour ne point arrêter le courrier plus longtemps.

Je suis, etc.

CuRT V. Stedingk.

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