ARTHUS-BERTRAND, ÉDITEUR
LIBRAIBK BE LA SOCIÉTÉ DR uéOGAAPHIE ET DE LA «OCIÉTÉ ROYALt DES AHTIftOAlRES nu tfORD,
ROE HAUTEPEDILLE , 23.
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Les mémoires que nous publions contiennent la relation des principaux événements militaires et politiques auxquels le feld-maréchai comte de Stedingk a pris part pendant sa longue et glorieuse carrière.
Us retracent les premiers événements de sa vie, Tamitié qui se forma déjà alors entre lui et le roi Gustave III. Ils renferment la correspondance de ce roi avec M. de Stedingk , laquelle correspondance se rapporte à Fexpédition aux Antilles et en Amérique, sous les
ordres du comte d'Estaing, à laquelle M. de I. 1
Stedingk prit part comme colonel au service de France ; elle se rapporte à la cour de VersaUles (de 1781 , 17^7) et à Ja guerre entre la Suède et la Russie (1788, 1789 et 1790) , où M. de Stedingk commandait dans le nord de la Finlande.
Ces mémoires contiennent une série de dépêches que M. de Stedingk adressa à sa cour comme ambassadeur de Suède en Russie, pendant les règnes de Timpératrice Catherine et des empereurs Paul et Alexandre , dépêches qui retracent , sous les couleurs vives de Fimpres-sian du tnament, les grands événements de cette époqu^^ménuiralde. Ib doiuientdes renseigne- Q^ntg sur la guerre que la Russie fit à la Suède ep i808 et 1809 , et qui coûta à eelle-d la Finlap^ç , sur la déchéance de Gustave lY, l'avènement au tr^ûe cfô Suède de Charles XIII , et la paix deFredrichsAamn^ négociée et ùgaée par M. de Stedingk. Ils résument les événe-
AYANT-PIOPOS. 3
ments subséquents dans le nord de l'Eurq)e, rélection du prince de Pcfite-Çano (maréchal Bemadotte) comme prince royal de Suède, rinvasion de la Poméranie suédoise par des troupes françaises , et la rupture qui en fut une suite avec Napoléon. Us contiennent la relation des érénements principaux des campagnes de iSlS et de 181& en Allemagne , pendant lesquelles le maréchal commandait le corps d'armée suédois, faisant partie de la grande armée du Nord, sôus les ordres du prince royal Charles -Jean de Suède, la paix de Kiel^ qui unit la Norwège à la Suède , et celle de Paris , dont M. de Stedingk fut un des co-signataires. Ei^n ces mémoires s'étendent jusqu'au commencement du règne de l'empereur Nicolas, troisième empereur que le maréchal a vu couronner à Moscou.
Cette belle et glorieuse carrière , qui s'étend de la guerre d'Amérique jusqu'à celle qui brisa
k AVANT- PROPOS.
le pouvoir de Napoléon , qui prend part aux grands événements politiques de l'Europe pendant plus d'un demi-siècle, et qui brille à la cour de Louis XVI comme à celle de Nicolas, est trop remarquable pour ne pas être consignée dans les annales de la Suède, ce que les propres dépêches et lettres du maréchal que nous reproduisons ici , feront mieux que toute autre chose,
Bevêtu des premiers cordons des trois puissances du Nord , il joignait au Séraphin de Suède , au Saint-André de Russie , et à l'Aigle Noir de Prusse, le Saint-Louis de France et le Cincinaatus , qui lui avait été conféré par Washington. Aux avantages du rang, de la naissance et de la faveur, M. de Stedingk unissait une affabilité extrême et une modestie parfaite. Il joignait aux lumières du siècle une foi vive et pure, et alliait aux qualités de l'homme d'État la douce gaieté de l'homme
An monde. Chez lui, les belles formes de Fàncienne cour de France se mêlaient à une grande simplicité , le tact prudent du diplomate à la franchise du vieux militaire, et Te dévouement du loyal sujet & Tindépendance du bon citoyen. Son éducation classique lui donna la pureté etTélégance de son style; il narrait à merveille, et, ayant tant vu, son entretien était des plus instructifs.
Sa physionomie, pleine de noblesse et de douceur , inspirait la confiance, et ses cheveux, blancs comme la neige, conservés en profusion jusqu'à la fin de ses jours , entouraient sa tête d'une espèce d'auréole que nous n'avons vue qu'à lui; sa taille était bien prise et moyenne , droite et sans roideur.
Honoré et aimé par ses rois, il le fut de même par ses Concitoyens ; l'armée voyait en lui son plus bel ornement. Chéri par une famille nombreuse, regretté de tous, ne laissant aucun^en-^
nemi, il mourut comme il avait vécu, en preux chevalier sans peur et sans reproche.
Le maréchal avait épousé Frédérique Ekstrôm, dont les qualités du cœur et le bon jugement ont adouci sa vie , et lui ont servi de conseil dans des moments difiiciles. M. de Stedingk a laissé après lui un fils, colonel des gardes à cheval , et cinq filles. L*une qui avait épousé le comte d'Ugglas, un des plus grands seigneurs de Suède , mourut jeune il y a quelques années , aimée et regrettée de tous ceux qui Tout connue. La seomde est mariée au général comte de Bjornstjerna, ministre de Suède à Lendres , qui publie ces Mémoires. La troisième est dame d*honneur de la reine , et les deux autres mariées à des gentilshommes suédois.
Cest en 1837 que le maréchal termina sa belle carrière, emportant dans sa tombe une couronne de chêne et de laurier , que le
roi, son souverain et son ami , déposa sur son cercueil comme un dernier hommage rendu à sa mémoire et à ses longs et glorieux travaux.