MiMOIRBS FOSTBUHiîS
rai Saint-Cyr, qui a dû abandonner le siège de Gironne.
Ce matin Terapereur, qui a été malade depuis quelques jours d'un érysipèle aux deux jambes , venu à la suite de la chute qu'il avait faite, est sorti pour la première fois , et a passé en revue les prisonniers suédois. Après cela, il les a envoyés tous chez moi avec son premier aide de camp, le comte de Liewen , pour que je les visse. On les a rangés dans ma cour, au nombre de 1,300, divisés en six compagnies, avec lesofficierp et bas-officiers russes qui les pnt surveillés. Ils étaient ha- ^ billes à neuf de pied en cap , très-proprement , avec chacun son manteau , un cordon jaune autour du chapeau , avec des parements et rebords bleus sur leurs jaquettes grises. Ils vont partir au premier jour par compagnie.
Je suis certain que nous ne serons pas en reste de cette galanterie de la part de l'empereur, et que le roi renverra les prisonniers russes de la même manière.
Signé Curt v. Stbdingk.
DO COMTE De SfBDmeK. S3
A S. EXG. M. LE BARON D'ENGESTROM.
Saint-Pétersbourg y le 24 novembre 18(K>'.
Le générai Suchtelen , étant au moment de son départ, m'a demandé une lettre pour Votre Excellence, pour certifier que ses instructions, autant que ses sentiments particuliers à Tégard de notre nation , lui imposaient le devoir de contribuer autant qu'il pourrait au maintien de la bonne harmonie et de l'amitié qui heureusement a été rétablie entre les deux souverains. Si le général a été un de ceux qui nous ont fait le plus de mal pendant la guerre , s'il a prouvé par là son zèle pour son souverain et son exactitude à remplir les ordres qui lui avaient été donnés , il ne sera pas
bk MBMOABS POftTHUUBS
moins empressé à s'acquitter d'une commission plus conforme à son penchant et à ses désirs. Je l*ai assuré qu'il trouvera chez nous la meilleure réception , et je suis bien certain de n'avoir rien avancé en cela qui ne sera justifié par l'événement. Les personnes attachées à sa mission sont'» pour la partie diplomatique , M. de Sievèrs , conseiller de collège, M. de Santi , qui vient de Copenhague , fils du général , deux de ses anciens aides de camp , un Ueutenant-colonel et un major du génie.
J'ai l'honneur d'être , avec le plus sincère attachement et la plus haute considération , etc.
DU COIITB DE StBDlM^K. &5
A S. ËXC. M. LË RARD^f ti'ENl^ËStRÔM.
Saint-PéCersbourg , le 25 novembre 1809-
J'ai eu l'honneur d'écrire à Votre Excellence ''M
hier par M. Suchtelen , qui cependant ne partira ^
que demain, à ce que j'ai appris. Nous sommes en ^ J
plein hiver ici depuis une quinzaine de jours ; le |
froid a déjà été à 15 degrés au thermomètre de ;J
Réaumur, et comme le passage par les îles d'Aland pourrait devenir impraticable , le général a été obligé de changer d'équipage. Il ira en traîneau jusqu'à Àbo, et s'il ne peut passer par là , il continuera sa route par Tornea.
M. de Forselles part aujourd'hui, et il a été chargé' de remettre à Votre Excellence la boîte qui
îl
56 MteOlRBS POSTHUMBS
me restait des cadeaux du roi pour les employés aux négociations de Fredrikshamn.
J'ai eu Thonneur de dîner chez l'empereur avant-hier en petite société. Sa Majesté était de fort bonne humeur. Le public ne Test pas : les finances, qui sont dans un État ce qu'est le pouls dans le corps humain , indiquent une crise quelconque. Le comte Saint- Julien est arrivé ici avanthier, envoyé par l'empereur d'Autriche peur régler ce qui a rapport à la paix avec ce pays-ci.
DO COMTB PB STBDINCIK. 57
À l'ambassadeur, par M. de ff^eiierstedt , chargé ad intérim du portefeuille des affaires étrangères.
Stockholm, le 8 décembre 1809.
D'après les lettres arrivées aujourd'hui de M. d'Adlerberg à Jonkôping, il y a tout lieu de croire que la paix avec le Danemark sera signée aujourd'hui.
Nous attendons de même, d'un moment à l'autre , la nouvelle de la paix avec l'empereur des Français, et sitôt qu'une de ces choses importantes se vérifiera. Votre Excellence en sera instruite par un courrier extraordinaire.
La dépêche informe Votre Excellence du départ
66 mmowBS Poertnvui&H
du ci-4levant roi et de sa famille de Gripsholm à Carlscrona. Nous avons déjà la nouvelle que Sa Majesté, ainsi que son auguste épouse, ont passé Norrkôping hier au matin.
Une proposition a été adressée aujourd'hui aux états du royaume pour demander leur assentiment à la translation de Tancienne famille royale hors des frontières du royaume, et à sa fixation hors le territoire de la Suède. Les quatre ordres ont déjà unanimement consenti à Tune et Tautre de ces mesures, et ont fixé en même temps une somme de 66,666 r. de banque annuellement , pour Tentretien futur du roi Gustave-Adolphe et de sa famille , y compris les rentes des capitaux qu'ils possèdent déjà, et dont les fonds resteront en permanence dans te pays *.
* Environ 500,000 fr. d'après le cours de change d'alors.
DU coMTB H «raotireK. Se
DU MÉW AU IIÊMB.
Stockliolrn, le 15 décembre iSOO.
Nous avons enfin la paix avec le Danemark ; et cette paix est fort insignifiante , si ce n'est Tar"ticle secret dont nous avons réus» ^ par les mots auiant que faire se pourra, à mitiger les stipula^ tions un peu hasardeuses *. Votre Excellence côm^ muniquera naturellement le tout au Ministère im*pénal.
Les dépêches de Paris instruisent Votre Excellence de la tournure que vos affaires y prennent
* Ces mots se rapportent au système continental , dont le Danemark , forcé pur Napoléon , avait fait une condition de la paix.
M MÉMÛIBIS VOdf BOMEi»
Elle n'est pas trop consolante, mais Fespoirnous reste au moins d'obtenir quelque modification jultérieure. Dans une guerre aussi désastreuse que celle dans laquelle le monde se trouve enveloppé, on n'a que le choix des maux, et la Suède ne pouvait pas seule à la longue échapper à la désolation générale. Si nous risquons la rupture de nos négociations avec la France , ce qui certes ne sera pas le cas, nous nous exposerions d'abord à une nouvelle guerre avec nos voisins , et Dieu sait si le gouvernement anglais, qui n'a pas encore reconnu l'ordre actuel des choses en Suède, ne se montrerait pas revêche à un nouveau rapprochement si nous osions le tenter. J'espère seulement que la loyauté de notre conduite préviendra toutes les résolutions brusques. Jusqu'à présent lord Bathurst est très -^ modéré ; mais Brinckmann^ craint son successeur le marquis de Wellesley, qui doit avoir une humeur emportée et despotique.
Ne sera-t-ilpas nécessaire de convenir du grade des ingénieurs qui doivent se rendre à Torneâ , pour régler nos limites ? Je crois que si nous ne
* Ministre de Suède à Londres.
D0 CXmTK DE STBimrQK. M
finissons pas maintenant cette affaire , elle ne sera jamais finie.
Notre éternelle diète dure encore , et ne finira sûrement pas je crois d'un mois. Nos grands orateurs commencent cependant à s'ennuyer un peu. Ah ! s'ils le devenaient autant que nous le sonunes d'eux !
C'est avec les sentiments de la considération la plus respectueuse que j'ai l'honneur d'être.
mbioiiiBs po»rmmEs
D€ MÊMB AU MÊME.
Du 25 décembre 180U.
Le roi désire que Votre Excellence sonde le terrain , pour apprendre si l'empereur de Russie ne voudrait pas de nouveau arborer l'ordre des Séraphins.
Dans ce cas , il ne sera pas question d'une nouvelle nomination. On regardera le passé comme non avenu. On l'ignorera comme eflFectivement la chose est peu connue, pour ne pas dire inconnue. Si l'empereur l'agrée, on vous enverra le cordon bleu à la première occasion.
DU GOMTK DE ftTSDiliaK 63
L6TTRE DE M. DE STEDINGK AU ROI
Saifit-PéterflhQurti, le 11 (2a) jaavier IftfO.
SlBE ! *
Je suis fort aise de pouvoir aoBoncer à Votre Majesté que l'empereur a consenti avec infiniment de grâce k la proposition de reprendre les décorations de l'ordre des Séraphins, et de regarder tout ce» qui a rapport au renvoi de cet ordre comme non avenu. M. le chancelier de FEmpire , auquel j'avais fait part du désir de Votre Majesté à cet
* Roi Charles XIII.
6V «ÉHOniS POSTWHES
égard m'a communiqué la réponse de sa Majesté Impériale dimanche dernier, et ayant eu l'honneur de dîner ce jour-là à la cour, j'ai eu occasion de témoigner à l'empereur la satisfaction que Votre Majesté éprouverait de cette nouvelle marque d'amitié de sa part, M. le comte de Romanzoflf a mis dans cette affaire toute la courtoisie de la bienveillance qu'il manifeste dans tous les rapports que j^ai avec lui. Il a été convenu entre nous que l'intention de l'empereur étant d' effacer tout souvenir du passé, il fallait remettre les choses sur l'ancien pied sans le moindre éclat , et dès que Votre Majesté m'aura envoyé les décorations de l'ordre , je les donnerai au comte de Romanzoflf pour les remettre entre les mains de Sa Majesté Impériale. Il s'ensuit naturellement que le nom de Sa Majesté reprendra dès à présent sa place parmi les chevaliers de l'ordre.
M. de Gorgoli, aide de camp de Sa Majesté l'empereur, est arrivé hier en courrier de Paris. Il m'a apporté une lettre du comte d'Essen du 2 janvier , qui m'annonce que notre paix avec la France est prête à se conclure , quoique malheureusement le 3* article du traité de Fredrikshamn , qui était moins désavantageux que plusieurs au-
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autres * y sera tronqué de manière à nous causer de grands embarras.
J'ai l'honneur de joindre ici la Gazette de Strasbourg qui contient la nomination des membres du Grand Conseil. Le public se promet beaucoup d'avantage de cet établissement et du choix des personnes qui en sont.
Signé , Curt v. Stbdingk.
Se rapporte au système continental.
66 MÉMOIRES pOSTHOMe»
A S, EXC. M. LE BARW D'ENGESTflOM.
SaiotPétersbourg , le 9 (21) février 1810.