‹ Memoires posthumes du feldmarechal comte de StedingkChapitre 22 sur 38 · MÉMOIRES POSTHUMUrS · texte numérisé non relu

MÉMOIRES POSTHUMUrS

DÉPÊCHE DE M. DE STEDINGK AU ROL

Saint-Pétersbourg r le 16 (28) juillet 1807.

Ce n'est pas le général Lauriston , comme je l'avais mandé à M. le baron d'Ehrenheim , mais le général Savary, qui est arrivé ici vendredi dernier, pour complimenter l'Empereur et la famille Impériale, de la part de Buonaparte, à l'occasion du rétablissement de la paix. Il doit aussi, à ce que l'on dit, préparer la voie à l'ambassa^ deur que l'on attend ; le général de Budberg n'est pas encore de retour, et aucune communication ne m' étant faite par le ministère , ce n'est que des bruits publics que je puis avoir l'honneur d'entretenir Votre Majesté. Aussitôt que j'apprendrai

quelque chose de certain sur les grands événements qui viennent de se passer, j'aurai l'honneur d'en informer Votre Majesté par un courrier extraordinaire.

DÉPÊCHE DE M. DE STEDINGK AU ROI

Saint-Pétersbourg , le 26 Juillet ( 7 août) 1807.

Ce n'est pas sans les plus vives inquiétudes que j'ai appris , par les gazettes , que les hostilités avaient recommencé en Poméranie; le combat est trop inégal , pour pouvoir en espérer une bonne issue. Ne pouvant remédier aux dangers auxquels Votre Majesté se trouve exposée, je voudrais pouvoir les partager: l'éloignement où je me trouve de Votre Majesté en ce moment-ci, est pour moi le plus grand des maux , d'autant plus que mes services ici lui sont de peu d'utilité.

J'ai eu l'honneur de voir l'Empereur à la fête de Peterhoff, lundi dernier. Sa Majesté m'a traité

avec beaucoup de bonté, mais la foule était si grande, qu'il n'y avait pas moyen d'avoir un entretien. Le temps a favorisé les illuminations, qui étaient fort belles.

M. de Budberg était revenu la veille, mais étant indisposé, il n'a pas paru à la fête. L'Empereur lui a donné ce jour-là le cordon bleu, le prince Labanoff a eu le cordon d'Alexandre , et le comte de Liéven a été fait lieutenant-général.

Le général Savary doit avoir reçu un courrier avec la nouvelle d'un combat désavantageux pour nous à une lieue de Stralsund , et du blocus de cette place , qui serait suivi immédiatement d'un siège formel.

Il règne toujours le même silence de la part du ministère de Russie, sur tout ce qui a été conclu et arrangé à Tilsit. La Prusse y a mis moins de mystère , et il faut espérer que depuis l'arrivée de M. de Budberg , nous serons mieux informés.

Page 1