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on lui a associé ensuite le général Papoff. Les conditions nous sont inconnues, les uns disent que Buonaparte a exigé que toutes les forteresses prussiennes , y compris Memel , lui soient rendues , et que cela avait été accordé. D'autres prétendent, avec plus de probabilité , que le Niémen servira de ligne de démarcation ; mais de tout cela, il n'y a de certain que l'armistice , qui durera au moins deux mois. Le reste est conjecture. On parle aussi, et cela me paraît assez probable , d'ouvertures de paix faites par Buonaparte, et de négociations entamées à ce sujet. On veut savoir que le Roi de Prusse sera rétabli dans ses États ; mais il est im* possible d'espérer que ce soit à des conditions qui lui assurent son indépendance.
Kônigsberg avait été occupée par les Français, la nuit du 2 au â , et des 12,000 blessés qui s'y trouvaient, une grande partie doit nécessairement être tombée entre leurs mains.
D'après les dernières nouvelles de l'Empereur , Sa Majesté était à Schaul , chez le prince de Souboff , où plusieurs généraux qui n'avaient pas été employés, tels que le général deSuchtelen, le prince Gallitzin , ont reçu l'ordre de se rendre promptement. Le général Buxhôfden doit être destiné à
commander l'armée de réserve, et quoique le général de Bennigsen soit toujours fort incommodé de la gravelle, je n'ai pas entendu dire quMl soit question de lui ôter le commandement. Le malheur a voulu qu'une forte attaque de cette incommodité Ta pris le jour de la bataille de Friedland, et il se peut que cette circonstance ait influé sur le sort de cette journée. La perte que les Russes y ont faite a sans doute été exagérée , lorsqu'on l'a portée à &0,000 hommes. Si cela était, il leur resterait toujours une armée considérable , mais pour peu que Buonaparte ne se rende pas trop difficile sur les conditions , je regarde la guerre comme terminée , pour le moment.
324 MÉMOIRES POSTHUMBS
DÉPÊCHE DE M. DE STEDINGK AU ROI
Saint-Pétersbourg , 1« 9 (21) Juillet 1807<
L'Empereur est arrivé jeudi à onze heures du soir. Sa Majesté est allée le lendemain matin avec les deux Impératrices à Téglise de Gazan , et elle a demeuré depuis ce temps-là au palais de Tauride, ou la Cour s'était établie depuis le retour de la belle saison. Dimanche passé , vers le soir, l'Empereur est allé à Oranienbaum et àCronstadt, pour donner ses soins aux blessés, qui y sont arrivés par mer en grande quantité. Le grand^uc Constantin était attendu hier, mais je ne sais pas s'il est arrivé.
La paix avec la Prusse doit être signée en ce
DU COBITB DE STEDINOX.. 325
moment. Ce pays va être rogné et taillé , de manière & ne plus le reconnaître. Au milieu de ces calamités publiques , je ne cesse de faire des vœux pour ma patrie , dont le salut est inséparable de celui de Votre Majesté , et j'ai trop de confiance en la justice et la bonté divines , pour ne pas espérer de les voir exaucés.