LETTRE DE, M. DE STEDINGK AU GÉNÉRAL DE KLERCKER
Saint-Pétersbourg, le 2 (14) février 1S08.
Mon GiNiîRAL ,
La position est toujours la même ici , et j'attends d'un moment à l'autre une rupture ; mais en attendant nous avons gagné quelques jours, qui , j'en suis sûr, auront été mis à profit par vous, mon général , pour la défense du pays qui vous est confié.
Les forces russes qui passeront la frontière ne se monteront pas à vingt mille hommes , divisés en trois colonnes. La force principale passera la frontière à Keltis et se portera à Tavastehus.
Quand nos forteresses auront été approvision-
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nées , et pourvues des garnisons nécessaires , le plus urgent est, à mon avis, de concentrer Tarmée de manière à pouvoir agir sans cependant l'exposer à être tournée par Tennemi.
La quantité de chemins d^hiver et de traverse, qui se trouvent dans le pays , est gênante , mais je suppose que vous avez fait encombrer de neige tous ceux qui mènent de la frontière dans Tintérieur du pays, en les rendant impraticables par ce moyen.
Je vous prie , mon général , d'expédier la dépêche ci-incluse à Sa Majesté par un courrier actif et intelligent. Si la mer n'est pas praticable il faudra qu'il prenne la route de Torneà.
Ma position est si diî05cile ici que je préférerais cent fois me trouver en face d'une batterie ennemie. En attendant, je fais tous mes efforts pour gagner du temps, s'il est impossible d'empêcher la guerre.
Tout ce que je vous mande , mon général , doit
être tenu aussi secret que possible , afin que je ne
perde pas mon crédit ici.
J'ai l'honneur d'être, etc.
CURT V. SXEDINGK,
DU GOMTB DK STBDINGK. 4i7