MINISTÈRE MOLE
disions alors, en portant au roi un avertissement dont il ne devait pas profiter : cette impasse funeste que je prédisais se réalisait en effet; le jour vint où le roi, acculé à un seul homme, ne pouvait plus le remplacer, et où, sous le coup d'une terrible nécessité, il franchissait Tabime qu*il avait creusé entre nous et lui, et venait, mais trop tardj mais de mauvaise grâce, et avec des arrière-pensées, nous demander notre assistance. Fatale conséquence du jeu qu'il avait joué pendant tout son règne.
La tactique de M. Mole lui réussit néanmoins pour le moment : il obtint le vote de confiance qu'il demandait. Cependant l'orage grossissait dans le sein de la msyorité ; tout le parti doctrinaire, le seul élément vraiment politique, il faut bien le dire, de cette majorité, s*était groupé autour de MM. Guizot et Duchâtel, s'engageant de plus en plus dans une guerre ouverte et résolue contre le nouveau ministère; M. Guizot lui-même, entraîné par ses amis et par ses propres ressentiments, se décida enfin à entrer dans l'action ; il s'y jeta avec cette résolution qui est dans son caractère et qui ne recule pas même devant les movens extrêmes.
Je le vis entrer un jour dans mon cabinet, sans qu'il se fut fait annoncer. Vous êtes étonné de me voir, me dit-il sans autre transition ; je viens m'unir à vota pour combattre ce gouvernement personnel qui déshonore et perd notre ptnfs; il est temps d*en finir avec les ministres favoris, etc.. Je ne pouvais que l'accueillir et l'encourager, bien qu'un peu défiant de la soudaineté de cette conversion. C'est à partir de ce moment que se forma la fameuse coalition qui pouvait sauver notre monarchie de Juillet, en la contraignant à rester dans sa véntal)le sphère, et qui, par son avortement, n'a fait qu'i'n préparer et en accélérer la chute. On verra qui doit porter la responsabilité.