‹ Mémoires posthumes (volume 2)Chapitre 63 sur 65 · SAVOIR · texte numérisé non relu

SAVOIR

Gardes du corps, compagnie de Crammont 1:4)

— — de Croy |«i7

— — de .NiKiilles 144

-* — do Luxembourg SOO

Artporier mi

riÀCES JUSTIFICATIVES. 595

Report 681

Lanciors 550

l)ragons 560

Cliasseins 600

Hussard? 469

Arlillcri»' (40 piôces do canon) 500

(iendarmeric d'élite 370

— de l*aris

Train des équipages et de l'état-major 400

l*"" Grenadiers à clieval 105

2« (ironadiers 545

1 8* Cliasseurs de la ligne 700

iV 3G.

Sire,

Sur la demande du prince de Polignac, nous nous sommes rendus à sa prison ; il ne nous a fait aucune communication qui soit d'un intérêt général, il ne nous a entretenus que de sa position particulière et de ses moyens de justification. Nous nous sommes assurés qu'aucune rigueur inutih^ n'était employée envers lui, que les mesures prises par l'administration municipale n'étaient exactement que celles nécessitées pour la propre sûreté du prince. Il importe que son séjour à Sainl-LÔ ne se prolonge pas longtemps encore: le choix de cette ville pour le licenciement des quatre compaLrirn'«^ des pardes, le voisinage de l'ancien théâtre de la chuuinnerie où, dit-on, quelques prêtres et quelques individus s'agitent, exigent peut-être que la translation du prison nier s'edectue le plus tôt possible; tel est, au reste, le v(iMi i\ue nous ont exprimé les autorités de la ville et qu'elles nous oui chargé de répéter à Votre Majesté.

Après a\oir arrêté le décompte pour solde à payer aux gardes et délégué au général Gresseau les pouvoirs nécessaires pour faire la répartition à chacun de ce qui lui rêve-

nait ; délivrer les rouilles de route ; rccu«Mllir le matériel et placer les chevaux dans les dépôts de Caen et d'Alenrôn , nous partirons pour Caen où nous allons coucher et de celte ville nous nous dirifrcrons sur Paris; à moins d'incidrnt extraordinaire, ctittcdépôche est la d«^rnière que nous adresserons à Votre Majesté.

Nous sommes avec le plus profond respect, Sire, de Votre Majesté les très-humbles et trùs-tidèles sujets.

Parii, le 38 décembre I S3\

SiBB,

Lorsque Votre Majesté a daigné me confier la préreclun* de la Seine, elle a bien voulu ajouter que cVtait à litre de dévouement que je devais accepter ces fonctions, dont j«sentais l'importance et prévoyais toutes les difûculté»; elle m'a fait espérer que ma mission ne durerait pas plus longtemps que la nécessité qui la motivait ; je crois que le moment de rentrer dans mes travaux habituels est arrive : le gouvernement de Votre Majesté a constaté sa force, il n'a pas besoin à l'Hôtel de ville d'un liomme politique : un bon administrateur lui su Mira. Je remets ma démission entre les mains de Votre Majesté, et je ne lui demande pour pri\ des services que j'ai pu lui rendre, que de voir desrapp<>rt» de confiance et de bienveillance qui m'ont été si cher» sur* \ivre à nos rapports oflîciels. En toute circonstance, Votrv Majesté pt*ul compter sur moi, comme sur le plus dévoue «le ses sujet ?.

Signé : ()dilo5i Bamot.

MM. I.affltte, Odilon Karrot et Arairo, s'étant rendu» xu\ luileries. le 0 juin IbJ'J, furent reçus par le roi et eurval

PIÂCES JUSTIFICATIVES. 607

avec lui une conversation d'une heure et demie dont ce qui suit reproduit fidèlement les principaux traits.

M. Odilon Barrot. Notre démarche auprès de Votre Majesté sera, nous le savons, calomniée; mais forts de nos intentions et assurés que vous nous rendrez justice^ nous venons vous entretenir des déplorables événements qui ensanglantent la capitale. Notre démarche est entièrement ignorée du public : ainsi, ce ne sont ni des conditions, ni des remontrances que nous vous apportons; nous venons seulement déposer dans le cœur de Votre Majesté l'anxiété, la douleur de bons citoyens qui vous sont sincèrement dévoués. Nous devons aussi vous supplier de ne pas prêter l'oreille aux mesures de violence qui vous seront suggérées. Dans cette route, Sire, permeltez-nous de vous le dire avec franchise, il est difficile de s'arrêter quand on y est entré. Vous allez triompher de la rébellion, au nom de la loi; et toutefois ce triomphe sera cruel, car il sera acheté par du sang français.

Le roi, A qui la faute? qui doit répondre de ce sang?... Quelques misérables ont profité des obsèques du général Lamarque pour attaquer à force ouverte mon gouvernement, pour Tusiller la garde nationale et la troupe de ligne!... Mon devoir n'était-il pas tracé? Je ne sais au surplus quels renseignements vous avez pu recueillir. Quant à moi Je crois que la résistance va cesser. Le canon que vous entendez est celui qu'on a fait avancer pour forcer sans perdre trop de monde le Cloître Saint-Merry dans lequel les factieux se sont renfermés.

If. Odilon Bairot, Nous n'avons jamais considéré comme vraiment dangereuse, ni pour Votre Majesté, ni pour son gouvernement, l'entreprise criminelle de quelques fana tiques faite au nom de la république et avec le symbole du terrorisme. Nous ne doutons pas que l'ordre matériel ne soit bientôt rétabli: c'est pour cela que je me permettrai d'onpagcr de nouveau Votre Majesté à se déûer des mesures naclionnaires qui lui seront proposées. Sa victoire a élé trop complète pour que la clémence qu'elle montrera puisse prendre aux yeux de personne la couleur de la faiblesse. Tant ({uc la rébellion était flagrante, il fallait la vaincre, ce n'était pas le moment des concessions et nous ne vous en aurions pas proposé; mais lorsque le gouvernement a

Irinniphi', l'instant est favorablt^ pour n-paivr le» faut»»* commises. On a.L'it alors lihnMncnt, avec «ligniU*, et $aiis cnnipi'Mnii.'ltrc sa l'urn'. \i>ilâ ci' qn«' la raison v{ lasa::»»**»cousiillenl; mais il <;st ran; qii'nn oprrf ainsi. Un s* hiisf-^ t'ni\n'r|)ar lavicloirt'; on cnln^ dans dus vuies do nui' lion <|ui, nialhcnrtMisiïinrnt. iMisnito ni^ pcrniotlunl plus de re* cnifi*. CrA là un c'-Mi.'il «pu; hdus si>:naIonâù Votre Majesté. Il ne nianqiii'ra pas de ^'oiis qui r ho relieront à la pousser à dos mesures de violence: qu'elle se défie de leurs conseils, ils nous condtiiraiiMit à une catastrophe.

Le roi. Je ne di'vine pas ce qui )»tut vous faire supposer qu'nn nie conseillera des m«'sures \iolente5. Imraut la pnjmenadi; qm* .j«; viens dir taire dans Paris, j'ai »«.iuvent entendu criiT : Sire, m ne ptvmitte Justine!.,, bn rentrant, j"ai inlonné lîartlie di^ce désinle la population. 11 m'a répundu qn'i'U Taisant des assises exlraonlinain's, les accusés p«iur^ raient Tire devant le jury en moins de quinze jour»: cela suttit, je crois; la justice aura donc son cours régulier, sans \io|i>iicr d'aucune rspree.

M. hiffUtc, Il ne suflit pas de punir les coupables; il faut a\isor a calmer l'irrlLation ^'énérale; ce n'est pas seulenifut par la force matérielle qu'un ^'ou ver ne ment peut marcher: c'est aussi par la force morale, par l'afTection de la nation!

/.«? /-"/. Je ne vois rien dans ma conduite qui ait dû me faire p«Tdre ratlictinu du pavs. Je sais bien que la presse tra\aille chaque jour à me (Umvlir; mais c'est à l'aide da mi-usMn;;e; y at-il jamais eu. je vous le demande, une per» snniH- CiUitri' la'iufjh' nn ait viuni plus de calomnies?

M, .\nitftf. Sire, notre démarche', devant iné\itablemeal nous ann-ner à flt-maiidcr a Votre Majesté uu chaniremenl t\r système, drxii.'udni, comme le disait tout à l'heure M. ItaiTol, rferasinn fb' nouxrlles eabiinnies. J'entende déjà !!<•> cnneinis '^'écrier : Vnus lexoyez, l'opposition n'a qu'un >eiil liiil, qu'uiii- seule )>ensée; elle veut ii tout prii, à toute occ:i<>iuii >'eiiiparer ilu pouvoir; elle est insatiable de placi*s, d'IiMuneurs. de riche><es. Je désire, en ce qui me concerne, èeliapper une ImJn |M)ur tmites a d'aussi i^'uubles soupi:>ias. Je déclare doue «pi il ne m'i.l au pou\oir de Votre !lajt*stê« ni demain, ni dan> un an, ni jamais» de rien faire pour moi ; que jntii'tis, et je donne â co terme le scni le plue étendu, je n'accepterai aucun des emplois grands ou petiti^

PIÂCBS JUSTIFICATIVES. 589

dont le gouvernement dispose; qu'aussitôt que Tétai da pays me permettra de quitter sans déshonneur les fooctions législatives auxquelles la conGance de mes concitoyens m'a appelé, je me livrerai sans partage aux travaux scientifiques que j'eusse dû peut-être ne pa^ abandonner et dans lesquels je n'ai rien à attendre que de mes propres ellorts. 'Après une déclaration aussi positive, Votre Majesté ne 'pourra voir dans mon langage que l'expression sincère et ^désintéressée des sentiments d'un citoyen qui voit avec la plus profonde douleur la patrie déchirée paria main de ses enfants.

Sire, dans le moisd*août 1830, la France, sauf une minorité presque imperceptible, avait adopté toutes les consé* quences de la révolution de Juillet Elle croyait qu'un goavernement monarchique, mais franchement constitutionnel, amènerait sans secousses le développement des libertés qu'elle venait de conquérir au prix de son sang. Ceux-là mômes qui sont républicains par principes s'étaient soumis sans arrière-pensée. Ils avaient été forcés de convenir, car c'était alors l'opinion à peu près unanime de la capitale et des départements, que des institutions purement républicaines jetteraient dans le pays d'inépuisables germes de discorde dont les étrangers ne manqueraient pas de profiter pour nous attaquer. De là, cette immense popularité qui, dès l'origine, entoura Votre Majesté, et que tous les bons citoyens caressaient avec bonheur, car elle était à leurs yeux une barrière contre laquelle devaient venir se briser en même temps et les factions de l'intérieur et les machinations de nos ennemis du dehors. La presque totalité des membres de l'opposition n'avait pas d'autres sentiments.

M. Laf/itte. Dites l'opposition tout entière, monsieur Arago; ne laites pas d'exception, car aujourd'hui môme, au moment où la guerre civile est allumée, si quelque désac* cord a percé parmi nous, il n'a pas porté sur la question fondamentale de savoir si la royauté de Juillet doit être défendue et conservée.

Le roi. Je suis vraiment charmé d'apprendre que MM. Cabct et Garnier-Pagès pensent de cette manière.

M. Arago. Quoi qu'il en soit, les dispositions si favorables que je rappelais se sont malheureusement bien affaiblies depuis quinze mois. Maintenant, trois opinions se partagent le pays. La marche du ministère du 13 mars apporte

cliaque jour de nouvelles forces au parti républicain. Nous ne pourrions pas, je crois^ lui adresser un plus santriaul reproche : car à notre avi5, aiec la dispoittion aetuelle dr* esprits, la, république amènerait l'anarchie, la guerre ci% il**, la guerre étrangère et peut-être pour un certain U:mp^ ranéanti<seinent de la nationalité t'ranraise. Le sort du pa}«. au contraire, ne sera plus incertain, le jour où la nation et le roi cesseront d'être ^divisés. Ce jour n'est pas éloigné, je crois pouvoir l'assurer, si Votre Majesté imprime à son gou- >ernemcnt une marche plus libérale à l'intérieur et muios entachée de faiblesse et de condescendance envers \t* étrangeni. Kn jetant ce coup d'œil sur notre triste position, je n'ai parlé ni des malheurs qui pourraient atteindre le roi personnellement, ni des malheurs qui pourraient frapper sa nombreuse famille. Toutes mes pensées se sont portées sur l'avenir gros d'orages qui menace la patrie, et je crois avoir rendu ainsi hommage aux sentiments de Votre Majesté.

Le roi. Vous venez de dire, Monsieur, que ma popularitc a été ébranl>}e. 11 y a là quelque chose de vrai ; mais ce n'e«t pas aux fautes de mon gouvernement qu'il faut s'en prendre : c'est le résultat des calomnies sans nombre dont je suis continuellement l'objet; c'est la conséquence des man'puvn's haineuses soit du parti républicain, «oit des carlistes, et par lesquelles ils veulent me démolir. Tous les jours la presse m'attaque avec une violence sans exemple. V^luand j'ui vu que j'étais à chaque instant si cruellement outragé. i>i peu on si mal «/(/«-/k/u, j'en ai pris mon parti. Fort da témoignante de ma consci(*nre, je suis persuadé que toutes ces attaques iront se briser contre h rocher du Um êou )mblir, .\'a-t-on pas été jusqu'à prétendre que je sympathisais avt>c le^ carlistes? Ceux qui ont répandu un semblable nien-ion.L'e n'y croient pas ou ignorent complètement l'histoire. HiMiiniitez j(isi]u'à l'origine de la maison d'Orléans, et vous trouverez parmi ses eu ne mis constants les ancêtres de ceux qui, aujourd'hui, sont les meneurs du parti carlis^te; rappelez- voim aver quel acharnement ces mômes individus ont pour?ui\i la personne et la mémoire de mon père, qui était eependatit un honnête homme. Ses intentions furent toujours pures comme les miennes, et il ne se dirigea janiâii que par les sentiments d'un patriotisme ardent et désintéressé. .Mes ennemis me représcnteul à toute occaiioD

PlKCES JUSTIFICATIVB9. 601

comme un ambitieux aspirant à un pouvoir sans limites; comme un homme qui ne saurait se passer d'un entourage nombreux, d'une cour brillante ; comme insatiable de richesses.

J'ai passé, Messieurs, par tous les étages de la vie, et je pourrais m'écrier avec Racine :

Heureux qui, satisfait de ton humble fortune, etc.

Je ne suis devenu roi que parce que moi seul je pouvais sauver la France du despotisme et de l'anarchie. Mais maintenant il y a de la démence à supposer que moi, qui ai toujours été opposé aux Bourbons de la branche atnée; moi, qui suis leur ennemi le plus mortel, j'aie la pensée de transiger avec eux. On a beaucoup parlé d'un programme de l'Hôtel de ville : c'est un infâme mensonge ! ï en. appelle, sur ce point, à M. LafQtte.

(M. Laffitte garde le silence; il ne donne point de signe d'assentiment, parce qu'il n'a aucune connaissance personnelle de ce qui a été dit de part et d'autre sur le programme de l'Hôtel de ville.)

Il est faux que j'aie jamais fait aucune promesse; aussi c'est avec indignation que j'ai vu aujourd'hui, dans un discours prononcé aux funérailles du général Lamarque, par une personne que je ne connais pas, qu'on y a parlé d'engagenients solennellement acceptés, lâchement oubliés depuis. La révolution de 4830 s'est faite aux cris de : Vive la charte! c'est la charte que le peuple demandait, c'est la charte améliorée par la suppression de l'article i4 dont il jouit. En droit, je n'avais donc rien à promettre ; en fait, je n'ai rien promis.

Dès mon arrivée au trône, j'adoptai une marche qui me parut bonne, qui me semble bonne encore aujourd'hui. Prouvez-moi que je me trompe, et je changerai. Jusque-là, je (lois persister; je suis un homme de conscience et de conviction : on me hacherait comme chair à pdté dans un mortitr plutôt que de m'entralner dans une voie dont on ne m'aurait pas démontré la convenance. Ce ne sont pas là les effets de rinfluence de ce prétendu entourage dont on parle taiil. Je vous le dis avec franchise, un eritourage!.,. je ne nCen iionnais point.

Peul-élre est-ce l'eiïet de mon amour-propre; mais je

crois pouvoir ajouter que pi r«onne n'a pris sur moi un asciMulaut «jui, dans les ^T«indes ou munie dans les potitos alTaircs, me soumette à ses \oiontr>. Mon système de ^ouvvrnemunt, je le répète, me parait rxc«*llent; je n'en cliangerai point tant que vous ne m'aurez point })roui-é qu'il est mauvais.

.1/. Arufjo. Les systèmes politiques peuvent être cnvisacrs sous des points de vue Irès-^lillércnts; et s' il avait fallu >*prononcer, il y a un an et demi, entre le syMème que \«>> ministres adoptèrent et celui «auquel nous nous sommes rattachés, je conrois que la discussion aurait pu être Ionguit ft piMi concluante. Mais aujourd'hui nous n'en sommes plus :ï une question de pure théorie. L'expérience a prononcé (M) notre faveur, et malheureusement d'une manière trop évidente. Le carlismc levant audacicuscment la li^le sur tous les points de la France, les haines politiques portri.-s à un dcirn'; de vinliMice sans exemple, la guerre ci\île dans l'Ouest, la guerre civile dans la capitale, ne soni-ee pas là des condamnations péremptoircs du système du i'A mars? tjui oserait soutenir que, depuis un an, notre position n'a pas lirauconp empiré? Les jeunes gens exalléf qui, aujourd'hui, ont essa\é d'imposer leur système au pay^ par la violence, eussent-ils espéré, il y a quinze mois. trfmver le moindre ap))ui dans aucune classe de cette population parisienne qui se précipitait alors sur les pas de Votre Majesté avec tant d'empressement et de joie?

Le roi. Je viens de traverser tout i^iris; vous ne sauriez vous fiL'urer comment j'y ai été re<:u. Jamais je n*ai entendu des cris ))lus unanimes et plus viTs de : Vite le roi! Jamais la garde nationale ne m'a )>aru plus dévouée.

M. Aratj". Lorsque J'appri*-, mardi, à sept heures du soir, h l'Ohservatoire, les sc*-nes dcpluraideâ dont le faubourg Saiiil'.Vnloine était le théâtre, je me rendis surlc-charop à la niiiiiieipalité du douzième arrondissement pour olîrir mes srrvices à M. le maire. Ihiiis cette course, dans colle que je tis avec l'un des adjoints à la place du l'anthèoD, je rencontrai un hon nomhre dr gardes nationaut : tous se montrèrent vivnncnt disposés à combattre à outrance le mnu\emi*iit insum-etiniincl qui venait d'éclater, soit qu'il eiU uni- couleur carli^tf mu républicaine; mais en même ttiiip^, la plupart, je dnj^i le ilirc, me paraissiicnl dc^irer qu'après le succès le gou\ernement essayât ai une marcha

en harmonie avec la révolution de Juillet ne mettrait pas enlin le pays à l'abri de ces perturbations sans cesse renaissantes, qui finiraient par anéantir complètement le commerce. Je ne suis donc pas surpris que des cris à peu près unanimes de : Vite le roi! soient sortis des rangs de la garde nationale. Ces cris, s'il m'est permis de les traduire, exprimaient la ferme volonté de conserver votre dynastie sur le trône, de repousser la république et la restauration; mais on se tromperait, je crois, si on voulait y voir une approbation implicite du système du 13 mars : ce n'est là, au reste, que Popinion d'un simple garde national. Je regrette aujourd'hui, pour la première fois, de ne pouvoir pas donner a mes paroles l'autorité qu'elles auraient eue en sortant d& la bouche d'un colonel.

Le roi. Je comprends, monsieur Arago, le sens de ces dernières paroles, et j'avoue que je n'ai jamais deviné par ({uel caprice i^érier s'opposa obstinément à ce qu'on écoutât le vœu de la i2« légion.

J'ai remarqué. Messieurs, que vous appelez tous mon système de gouvernement le système du 13 mars. Cette dénomination, je dpis vous en avertir, est tout à fait impropre. Le système que nous suivons aujourd'hui est celui que j'adoptai, après de sérieuses réflexions, en montant sur le trône ; c'est aussi, de point en point, celui qui dirigeait le ministère dont M. Laffittc était le président.

AI. Laffitte, Que Votre Majesté me permette de lui dire qu'elle se trompe. Je regarde comme un devoir de repousser toute assimilation entre les vues qui ont guidé M. Périer et les miennes; mais ce ne serait ici ni le lieu ni le moment d'expliquer en détail comment il est arrivé que diverses mesures de ces deux ministères si dissemblables ont eu, contre ma volonté, plus de ressemblance que je ne l'eusse désiré. Pour caractériser la différence, il me sufÛrade rappeler les discours que j'ai prononcés à la tribune au nom du conseil et avec l'approbation du roi.

Le roi. Les vues, je le répète, étaient absolument identi'jin's. Depuis que je suis sur le trône, le gouvernement a toujours marché dans la même ligne, parce que cette ligne avait été adoptée après de mûres réflexions, parce qu'elle <tait la seule convenable. Au reste, vous avez voulu faire le dénunihreinent des fautes qu'a amenées ce prétendu système du 13 mars, vous avez publié un compte rendu : eh bien!

toi MlvMOIRES D'ODILON BARROT.

je vous le dis avec sincérité : j'ai lu attentivement cette pièce et Je n'y ai rien trouvé, absolument rien,.,

M, Arago. En ce cas, Sire, de bien petites causes auraient produit de bien grands effets; car ce sont incontestablement les fautes que nous avons signalées qui ont amené la désafreclion du pays. Mais est- il vrai, par exemple, que le licenciement systématique des gardes nationales les plus patriotes, des gardes nationales des villes frontières, n'ait pas été une faute, que ce n'ait été rien? Je ne parlerai pas de ct^lui de ces actes qui m'est personnellement connu, du licenciement de la garde nationale de Perpignan. Eh bien! je déclare que rien ne le motivait, qu'il n'existait pas même l'ombre d'un prétexte; qu'en saisissant, pour l'efTectuer, le lendemain d'une émeute dirigée contre les droits réunis, qu'en essayant ainsi de faire croire que la milice citovenne n'avait pas désapprouvé ces désordres ou s'était refusée à les réprimer, on a brisé bien des sympathies...

Le roi. Mais il me semble cependant que la garde natio* nalede Perpignan avait... (le roi cherche dans sa mémoire) avait...

M. Arago. Depuis sa réorganisation, celte garde nationale n'avait été convoquée et réunie que pour célébrer l'anniv(Tsairi> de la révolution de Juillet. Elle a été licenciée parce <{ut; tel a été lu bon [ilaisir de M. Maurice DuvaJ : parro f|ut> M. Périer ne contrariait jamais les désirs de tous ceux qui vantaient son système comme une œuvre de génie.

Lr m. Au surplus, le licenciement de la garde nationale de Perpii^nan est un événement qui a fait bien peu de bruit.

Af. (hiilnn itarrot. On n'en saurait dire autant des troubles de <trennble. Or, là, les fautes du gouvernement auraieulelles pu étrt: plus nnuibrenses, plus inexcusables?

L' rui. Les évéïictnents de (■ renoble ont été la conséquenrc tles iiian«iMi\res d'un parti. La mascarade républicaine. )ii'rinifiv c.iuse du désordre, avait été préparix* et or;:aiiisfi* {i^ir Itn^ti'ie.

M. n'hhm li'irmt. .\oii< axiiis cru devoir signaler romme une f.uilr gra\e le s\>lrnh' de transactions et de ménagements dont on a usé en\ers le parti carliste. Pendant neof mois, nous avons demandé au gouvernement d'applîqncr ri u'MiirtMi sèment les lois dans les départementi de Itlyieal,

PI JtCBS JUSTIPIOÂTITBt. 9»

de purger radministration de tous les hommes attachés à la royauté déchue. Gomment nous a-tK)n répondu? En donnant des êouf'Conduiiê aux chefs de bande.

Le roi. Il n*a jamais été donné de sauf-conduit.

Jf . OdiUm Barrai. Vos ministres l'ont avoué à la tribune.

Le roi. ils ont dit ce qu'ils ont voulu. Je persiste à soutenir qu'il n'a pas été donné de sauf-conduits. On en a demandé , mais ils ont été refusés.

Jf . Odiion Barrit. Au reste, en m'en tenant aux ménagements dont je parlais et qu'on ne saurait nier, quel en a été le résultat? L'obligation de mettre quatre départements en état de siège et de dépasser, pour répondre aux défiances des patriotes, les mesures de rigueur dans lesquelles, d'abord, avec plus de fermeté, il eût été permis de se renfermer.

Le roi. On parle toujours de la présence des cariistes dans les administrations. Mais me suis-je jamais opposé aux mesures qui m'ont été proposées à ce sujet? Peut-on supposer que M. Dupont (de l'Eure) les ait épargnés pendant la durée de son ministère? Je ne crois pas qu'il y en ait dans l'armée. Il en est resté quelques-uns dans les administrations dépendantes de M. Louis; mais. M. Laffltte pourra vous dire lui-même combien les changements sont dangereux et difficiles dans tout ce qui tient aux finances...

(M. Laffitte se tait et ne donne aucun signe d'assentiment.)

De toutes les accusations dont j'ai été l'objet, aucune ne m'a plus surpris que celle de carlisme. J'espère qu'on n'y reviendra plus, quand on songera que l'émigration ne m'a jamais pardonné de ne m'ètre pas joint à elle, d'avoir refusé de porter les armes contre la France; quand on consentira à réfléchir sur les dispositions rigoureuses adoptées dana les départements de l'Ouest. J'ai vu dans votre compta rendu le reproche relatif au retard apporté dans la sanctloa de la proposition Bricqueville. Eh bien! je conviens que j'avais une vive répugnance à signer un acte de confiscatioa de 600,000 francs de rente appartenant à une famille proscrite. 11 est de l'honneur de la France que cette famille ne soit pas à l'aumône de l'étranger. Cela ne m'a pas empêché de donner les ordres les plus précis pour que la duciMBe de Berry, qui est la nièce de la reine, fût arrêtée. Tadop* tcrai même à cet égard tout ce qui paraîtra convenafala.

pourvu qu'on ne prî'tcnde pas arri>or à un dénoùniKnt sanglant. Jo me suis toujours rappelé le mot de Kersaint : « CiiarU's I^»" eut la \Mi^ Iraiicliée, et l'Angleterre vil son (il* rciiiniitiT sur le tri>nc. Jaripies 11 ne fut que banni, cl ^a rare s'est éteinte sur le rontiiirnl. » Mon père, malgré mr* prières, commit la l'.uito, en Mitant la mort Je Louis WI. (le vouloir (lonniT des gajL'es sauL'lauts à la révolution. Je n'enlonds ))as l'imiter.

3f. .tp'f/o. En rnppriant Tim d«'s griefs consignés dan^ notre rom[)te rendu, jo n'hésiterai pas à diri; que ce qui a le plus inili>posé l;i natiim. rVst h mnnque de dignité du ministère du \'.\ mars dans ses n'Iations avt'C les étrangers; c'est sa pusillanimité, c't'>t h; )>eu de souci qu'iJ a pris de riionnenr de la France, hrpuis la révolution de Juillet, le gouvrinrini'iit lit eMtendn? nnt^ fois les paroles nobles et fermes qui ronvenaitmt à sa position, cl les Prussiens n'i» sèreiit pas franchir les frontières de la Belgique. Les Autrichiens n'auraient certainement pas en\ahi la Romagne si, comme ils 1«' dt-v.'iient. vos ministres leur avaient p«irlé sur le même ti>n. Maintenant, nous aurions en Italie, au lieu d'ennemis, des alliés.

Le roi. Nos menaces produisirent le résultat que tous venez dt' dire, mais ces menaces étaient une véritable gasconnadr, car >avrz-vons cond>iim nous nvions de troupes alors? .Ntius avion»! a1oi»s Ts.oon honimt'-i m comptant l'armce d'Alger: "SjOdO hommes, pas da\antage !...

If. Aratjo, Le gon\ernement irani;ai<, quand il jouit de la confiance g<'néral»', jn'iit |»arlcr, aux étrangers «epan's oa rénnis, avic dignité, a\ee force, avec énergie, sans craindre qu'an lM'Si»in les l'iVets ne n'-ffondi-îsml pas aux pande*. Ge sentiment est comniUii aux citoyens de t>iuti>s les opinions aus.»i \r langaL'e vraiment inqnalilialile de M. de Saint-Aiilaire et l'arntjanti^ réj>onse du cardinal IhTnelti fini ncitê dans Ir pa\s une désapprobation à peu près unanime. Chacun m; sentait hle^sé nn cœur en apprenant qu'un des ambassadeurs du ministère du 13 mars n'a\ait pas cru mao* qutT à Min di'M»ir 'Il 't'in'imiant {ifïrt j^mr ie roi lits Fr^tn^'tvi^ Vlh ! qin-l était cnrore le «ouvcrain devant lequel on s'humiliait ainsi? Ce puissant monaripie, r'tïuif le }^pe!

.M. .\ragn avait prononcé ces dernit^res paroles avec beancoup de feu; le roi l'interrompit en lui disant: JioMPiiP, n'élcvtzpas tant la toix. Voulait- il par là témoigner Iqa'U

désapprouvait la susceptibilité patriotique dont M. Arago n'avait pu maîtriser rcxpression ; voulait-il seulement empocher que la conversation ne parvînt aux oreilles du nombreux état-major qui remplissait le salon voisin? C'est ce (pril nous serait impossible de décider.)

Le roi. Je conviens qu'il paraissait y avoir quelque chose à critiquer dans le langaf^e que M. de Saint-Aulaire a tenu. On lui en a même fait la remarque. Eh bien ! si on vous montrait sa réponse, vous verriez qu'il a prouvé clairement qu'on ne pouvait arriver d'une autre manière au résultat qu'il a obtenu : le blâme de notre diplomatie, inséré dans votre compte rendu, porte complètement à faux, car on nous a concédé tout ce que nous voulions, car les puissances étrangères ont été amenées à faire ce qu'elles ne voulaient pas. Les affaires de la Belgique vont être complètement terminées d'ici à peu de jours, et il faudra bien que le roi de Hollande, bon gré, mal gré, souscrive à un arrangement. Sur cette <|uestion si délicate, n'avons-nous pas amené l'empereur de Russie à adhérer à la séparation de la Belgique et de la Hollande, qxioiqu*à l'origine il eût déclaré trés-positû veinent qu'il n'y consentirait jamais ?

M. Arago. Mais, Sire, ce consentement a été obtenu à un prix immense

(Le roi continuant à parler de plus en plus haut, M. Arago ne peut achever sa phrase -qu'il avait commencée et dans laquelle il voulait rappeler l'abandon de la Pologne.)

Le roi (continuant et parlant très-haut). Ainsi l'affaire de la Belgique est comme finie. Je ne vois pas aussi clair dans celle d'Italie. Je ne sais môme quel dénoûment elle pourra avoir, car il n'est pas aisé de rendre un pape raisonnable.

M, Odilon Barrot. Le problème de rendre on pape libéral semble en effet entouré de bien des difflcaltés.

Le roi. Ce serait déjà beaucoup qu'il fAt raisonnable. Au reste toutes les nations de l'Europe sont dans une position moins favorable que la nôtre. Chez toutes il existe des éléments de révolution et elles n'ont pas léto/fe d'un duc d'Orlians pour les terminer. La France et l'Angleterre ne peuvent être ^'oiivernèes qu'avec la liberté de la presse. Je sais tou-^ le'ï inconvénients qui en résultent, je sais que Tindulgence du jury fait quelquefois beaucoup de mal; mais il n'y a pas de remède possible. Aussi, me suis-je constamment opposé aux mesures d'exception que Perler me proposait

souvent qaand il était dans ces accès de colère qui nous ont nui plus d*unc fois. Il y a maintcnanlon Allemagne plu j^ieur^ princes qui sont en pleine lutte avec la presse. Ils veulent la censure et les populations la repoussent. Je les attends au dènoùmciit.

M. (uhUtn Bnrrot, Nous craignons d'abuser des momeot« de Voire Majesté.

Lf roi. Non, Messieurs. Il est du devoir d'un roi constitutionnel d'écouter tout le monde. Je reçois tous ceux qui demandent à me parler. Moi qui ai donné audience à MM. Maujfiiin et Cabet, comment ne verrais-je pas avec plaisir trois personnes avec lesquelles j'ai eu anciennement de^^ relations privéeset par la bouche desquelles la vérité m'arrîverait aviT moins d'amertume ?

M. Odilon Barrot. Votre Majesté n'aperçoit aucune faut»* dans le système de pouvernemont suivi jusqu'à ce jour. N'eu? avons une opinion dillérente : notre conversation pourrait donc se prolonijfer lonfjtcmps sans utilité.

Le rot, Klle ne serait utile que si \ous me '/rmonfnV: que la marche adoptée est mauvaise. |N»urmoi, je la crois excellente el j«- ]t' ré[»rte, jusqu'à In j»reuvr du contraire, je n'en rhauL'iTai pas. Mfsintrntions sont pures; je vcu\ le bonheur do la France : jamais je ne me suis armé contre elle. La difliculté de nutre po>ition tient à ce qu'où ne me rend pas assez justice, à cf que la inalveilluiict; cherche kme démolir. Je la vois surgir de tous cùtés. Voyez ee Lviicu que j'ai logé, nourri dans ma maison, voyez combien et quelles calomnies il publie sans cesse contre mui.

Si j'assiste au conseil des ministres, l'Ëtat est perdu, au dire de tous les journalistes ; dès ce moment, il n'y a plus de g(Mi\ernement C(»nstituti(wineK et cependant, dans c^^ con>eil dont on \ent me tenir éloigné, ce n'est certainement pa'i par mon inlluencc qu'on prendra des détermination^ illibérales.

Te matin, par exemple, il y avait des avis pour lamine en étal de sii'L'e et je m'y suis formellement opposé: les loi?» snlli*^«-iit ; je ne \i ii\ régner que par les lois. Un ne me fera jamais i|é\ier de cette règle «le conduite.

L'S trois (UpHtisinsn/tUt, .Nous félicitons Votre Majesté de ces sages dispositions.

Lf roi, .\ propos, je disais tout à l'heure que je n'avais rien trouvé dans \olre compte rendu, je me trompait. Je

FlàCES JUSTIFICATIVES. 609

me rappelle que vous y avez consijîné une des opinions de mes ennemis les plus acharnés : que vous m'accusez d'ôtre insatiable de richesses.

MM, O'iilon Bnirot et Aratjo, ensemble. Sire, cela ne se trouve point dans le compte rendu, nous en sommes certains.

Af. Lnffittc (à voix basse). Messieurs, n'insistez pas, cela s'y trouve; vous l'avez oublié.

Le roi (avec une satisfaction visible). Vous voyez que M. Laffitte s'en souvient, vous voyez donc que vous m'avez accusé de vouloir entasser richesses sur richesses.

M. Anujo. Nous avons dit seulement que les ministres avaient demandé pour Votre Majesté une liste civile trop forte. Telle a été notre intention.

Le roi. Les intentions, je ne les connais pas; je me tiens au fait que M. Laffitte vient de confirmer.

M. Odilon Barrot, Nous avons voulu et nous avons dû signaler les fautes graves que le ministère a commises en présentant la liste civile.

(In aide de camp entre dans le salon et annonce au roi qu'un officier eavoyé par le général Tiburce Sébastiani apporte des nouvelles. Le roi répond : ■ Dites-lui d'attendre. » M. Odilon Barrot. Les moments de Votre Majesté sont précieux et nous ne voudrions pas en abuser. Je me contenterai donc de la supfjlier, en finissant, de chercher avec soin les causes de cette irritation toujours croissante qui se manifeste de mille manières, de la désalFection, du découragement des patriotes, de l'audace des carlistes, et ces causes une fois connues, d'y porter remède. Il est temps encore peut-être ; il y a même opportunité après un acte de force (ju'une agression coupable avait légitimé. Vous \nyoz devant vous, Sire, trois hommes qui ne sont inspirés que par l'attachement qu'ils portent à la France et à Votre Majeslé M. Arafio est un homme de science, il avait trouvé le iMUiheur et la gloire dans l'étude, et il maudit la politique »|ui reinpèche de se livrer à ses occupations favorites. M. Laffitte a assez goùlé du pouvoir pour en être désencliaiih'; et quant à moi, Sire, je suis prêt à signer de mon sang la renonciation absolue à toute place quelconque, trop heureux de |>ouvoir rentrer dans mon cabinet et de me livrer sans distraction à d(»s travaux qui m'ont donné I indépendance et ie bonheur.

610 MKMOIKF.S n'oniLoN li\RROT.

Le mi, on t'rappaiil avec l'nnv sur la misse de M. Odiloii Barrot. Je n'arcepte pas. inoiisii^iir Karrol, la renonciation que vnus ni'otln'z.

A/. Oiihn H'imtt. Sir*», ne voyez tJans notre lançraire que celui iriioniMies d-sinlériîssr-* (fui vous (ra<Juis4*nt l'opinion de pal notes sincères et in«»'lérés, c'esl-a-<iire de la plugrande partie de la p»ptilatii»n éclaiK'C et inMuente. .>'ou- Miez pas que vous êtes ei»ndainnè à pMivrrner ce pay» par la liberté, avec la liberté, et qu'il tant accepter toutes les conséipiences de elle po>ition.

Le roi. Telle esl, en ellel, mon intention, «'l c'est précisément ce queji' lais. Au reste, je vous l'ai déjà répété, je n»chan^^^ jamais dt> système qu'aprè<« qu'on m'a «tcmontrè que celui que j'avais adopté esl mauvais. Je n«- me suis écarter (|u'unc seule fois de cette rè^de de conduite depuis que je suis roi ; r'élait à rocca<^ion de mes armes. Je tenais aiii Heurs de lys, parre quellca iMient mienne^n parce qu'elle» n'étaient pas plultM la propriété de la branche aînée que celle de la branrlie d'Orléans, parce que de temp< immémorial elles ornaient nosécussons de p«>rc en fils. I^h bien! le public a voulu qu'on lessupprim:\t; j'ai ré'^islé longtemps malîrré les sollicitations de M. Lat'titte; mais entiu la violenct^ a été telbt que j'ai cédé à une demamie qui m'a toujours paru unt* \éritabl«' fiilie.

Lt' rui CfMitinuant. Kntin. Messieurs, que me propose riei-

vous ?

J/. Ara in. Ma proposition serafiirmuléc en deux mots: je désir^rai-i »|r»'; voln^ irMiivi'rnfin"iit s»- plaeàt dans un ju«ff mih'u jMilri* le sv»»tiMni' du {'.\ niar* et la républii]ue propf\»nit-nl iljt»', d«»nt la Fraiiei- n»* m-uI pa«».

/.'' r*à. |j> ui'it i\\* jn>te tniiirii c^i ilc uioi v\ vou<« savez qu'il n'a pa> lait t>>rtuiti>.

M. Arajf'. i'.r qui* jf propose v<.{ |i» s^ul moyen de le n'habiliter.

M. U'hhtt h'irrnf, I ne pruelamatiiin dan« laquellt- Vntn* Maj«'<té, (Il tai^iant part a la rraner lir* irravfs evénfmrnl^ lie CCS d«*n\ jmir<, <'\priMi«M'ait di* nouveau et rrauclienienl si'^ >\inpathii> p«iiir l> > pniiiipr's t\r la n'Vtilulion de Juillet iin* seiiibifrait lii-voir piiHliiin' un rxcrllent etiet.

L*rot\[n ri>i roiioiiiritiiiiiiirl nr pi>iii iuallii>urtMi«emi'nt pa^ s'cxpiiiiuer a la tribiiip': ji* iii> puis laire connallri* personiielleiiifiit iiifs M'iitiiin'iiU ipii* quand jr vovain*. et \ou»

aurez remarqué que je ne laisse jamais échapper ces occasions sans en profiter.

M. Laffitte (d'un ton pénétré). Je me retire pénétré de la plus profonde douleur, parce que je crois à la sincérité des convictions qui rendent de plus grands malheurs inévitables. Je les redoute pour la France et plus encore pour le roi. Le mal vient de la manière différente de juger la révolution de Juillet. Les uns n\v ont vu que la charte de 1814 un peu améliorée et un simple changement de personne; le plus grand nomhre, tout ce ({u'il y a du moins d'hommes énergiques, le triomphe du principe populaire et Tanéantissenient complet de la restauration.

Depuis longtemps la presse a protesté contre le système du 13 mars. Elle a protesté aussi par sa présence, cette foule immense qui s'est portée au convoi du général Lamarque: cette foule composée de tous les rangs, <lc toutes les fortunes: militaires, bourgeois, jrunesst*, peuple, garde nationale; et si le lendemain (|uin/.e à vingt mille de ces soldatSH;itoyens sont venus prêter leur appui au gouvernement, c'est que son existence même était menacée; on a oublié le système du 13 mars pour ne songer qu'à la royauté de Juillet.

Le roi. Monsieur Laftitte, je vous crois de bonne foi ; mais vous vous trompez : le système du \ 3 mars,comme vous persistez à l'appeler, n'a contre lui que les républicains ou les carlistes. (Le roi répète longuement à celte occasion et à peu près dans les mémos termes ce (ju'il nous avait déjà dit sur la presse, sur ses ennemis personnels, sur l'inimitié qui l'avait toujours séparé des Bourbons de la branche atnée, sur la haine que lui portent leurs partisans, et termine en disant de nouveau que le système du 13 mars n'a pour antagonistes que des carlistes et des républicains.)

M. Liffitte. Mais ce système, en nous conduisant à la guerre civile, fait ainsi lui-même sa propre condamnation. Lors même ([ue la minorité seule lui serait opposée, il faudrait tenir compte de l'énergie de cette minorité; ne pas oublier que les forces morales garantissent aujourd'hui les gouvernements mieux que les canons et les baïonnettes dont, au reste, on n'a pas ou bosoin, avant l'adoption du déplorable systèino que, nous combattons. Nous désirerions que le roi, sortant du cercle qui l'entoure et lui cache la vérité, \It par lui-même les plaies de l'État, le deuil et la misère des familles, les collisions qui, chaque jour, éclatent

»ilî MKMniKKS I»'OI»IM»N tAKKOl.

v\ s'rtt'iidrntf et jii.ui-àt oiiiin si, an iniliou <lf tcilfS cirroR. staïK'eîi, !i's l»oii5riljiyi'n> |)fii\rnl >(> ilrrrndn'dfS plus \i\t^ iiiiiiii('(ii<l('s |inrii- uni? i-nvauti- qui leur i-^t (.'ht'*ri-. ot -lue (.niiipriiiurl un s\>trni(' i|ui u'aura jamais la >\iii|iatliif ilii pays.

M. 0*1 iUm lin m 't. Vnus «^aviz, Siri*. «pu* i|«'> l'uiii-in»' i.i lulle s'i'sl (Miffa.LVi- sur ce Irir.iiii: Loui>-Vhifii>itt ••*t-ii un rnj iiwisi-hiittniH' un un m'i !• jithm )Mit h: nru itQlîntfii .* A-l-il été choisi tumnii: Ir.uifnin uu 'fnui>ine liniu f> in/ j*' •!• ^'ircr.iiï i\\w v(»us tii»irz plu^ piM'MUini'l, «piau li*'n *]*• <iii\ri* !'■!( ciTrna'Mts <K: la n >taurali<iri. \tm< Nnulus^if/ inii- lfiu< 1' s cnrps rio l'Klal, Innl' > l> in>liiuti>>u< tMi«>rul la in»''iii' «»ri- \:\iu: ([u«> vmus, i|uo \'>tri- <l>iia>tii' >•: tul iiliMililii-f a\L-r un unlri: (It; cli<>si-s rntii ri-niviil n<>u\<>au ; (:'i->t ciininn- c* la ([u'rllr surail l'ork" «lu t*Milt' la in.To •!«: la l'i-vulutinn a laquijlo, t'U •rhariL'o, <Hl' app^iiirrail pli-iui- ^rrurili- pour l'airnir. Kn un nii>t, il y aurait aliir> iwirôvj> wAtk ta t'ranre v\ la maison irorirans, >an^ <li\iiiri- p<is>ililr t- 1 a\<r comuiunanlc al>>'ilut> ilc iiirn t:t \V\ mal. (/i>l ain*«i ipii-jf* cnninis viilro ^'nuxt'incini'ut. Vnus pi'UM/ autriincnl: *\\ lûrn! continuniis i'ixpi'ii nci'; mai> li-s amis iJu pa\sct de Votre Majfsli' ne pininvul y a>-i>ler qu'a\oc une dijulvu- HMisc anxifté.

Les députés «enliri-nl.

MM. Laffitto, Odilnn narr'"*t cl Ara ir^^» ne sVtaionl p.i« dissimulé la ^M'aNitéde la démarrlu' <[u'it« \iriiaii>nl ilc faire : ii« avaient pré\u que la maivi'iiianci- iif mampuTait pa> de la dmaturt'r. j'nursi" mitlnà l'al-ri il» I.iu-m > inlrrpn-lalinii*, ii> se >nnt di i'idi'< â si.'ui'r i*n triple i-xpcilitinn le pr'ic*-'* Milial qui pi'-crdr. lU itiil aiirti'. au >urplus, que ce pn»ci« \ertial iif >ei'a nndn puMir qui- ilan> le cas mù les înd^ si::nataiivs le Ju^'eraimt indi>pen>ahlf.

Sitjnt: V . AhaciO.

OniLi» Harrot.

J. I.IMITTK.

M.N M l'i.MK lit FMI KH

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